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Soufre

6 points de vigilance pour éviter les brûlures sur vigne

Vendredi 05 juin 2020 par Marion Coisne
Article mis à jour le 15/06/2020 16:31:09

En 2019, le soufre a utilisé le peu d’hygrométrie disponible dans l’air pour s’oxyder et déshydrater la vigne.
En 2019, le soufre a utilisé le peu d’hygrométrie disponible dans l’air pour s’oxyder et déshydrater la vigne. - crédit photo : Wikipedia
Réduire fortement les doses de soufre l’été, renoncer à traiter à l’annonce de fortes chaleurs, ou éviter certains produits : tels sont les conseils donnés par les experts pour ne pas revoir les graves brûlures de l’an passé.

Les températures extrêmes et le déficit hydrique sont les premiers responsables des brûlures connues par le vignoble en 2019. Mais le soufre les a aggravés. « Il a utilisé le peu d’hygrométrie disponible dans l’air pour s’oxyder, et déshydraté la vigne », explique Thierry Favier, responsable technique vigne à la coopérative CAPL dans le Vaucluse.

Que faire pour éviter que de tels accidents se reproduisent ? Les experts répondent

1° Limiter les doses 

Tous les conseillers sont d’accord sur ce point. Ingénieur conseil chez Sudvindio, Nicolas Constant préconise d’appliquer entre 2 et 4 kg/ha de soufre mouillable à partir de mi-juin dans le Languedoc. « Mais cela nécessite de revoir toute la stratégie oïdium, en débutant tôt pour empêcher la maladie de s’installer, et en tenant les cadences : maximum 10-12 jours ».

Même conseil de la part de Bernard Taïx. Directeur technique chez le distributeur Magne, dans l’Hérault, il préconise 3-4 kg/ha de soufre mouillable ou 15 kg/ha de soufre pour poudrage.

2° Compenser avec du biocontrôle 

Pour compenser la baisse des doses, plusieurs produits peuvent être utiles : Taegro (Bacillus amyloliquefaciens), Roméo (paroi de levures), Armicarb (hydrogénocarbonate de potassium) ou Fytosave (COS-OGA). « En bio notamment, en cas de risque de brûlure, on peut faire un ou deux biocontrôle, seul ou avec 3-4 kg/ha de soufre », recommande Jacques Oustric, conseiller chez Charrière Distribution, négoce d’appros basé à Saint Nazaire (Gard)

3° Privilégier les poudres ?

« Difficile à dire, admet Jacques Oustric. Il y a peut-être un effet cumulatif avec le soufre mouillable. Mais ce qui joue, c’est surtout la proximité entre le traitement et la canicule ». Pour tenter d’en savoir plus, Nicolas Constant, a fait une enquête auprès de 80 viticulteurs bio. « Le pic de la canicule, avec 46°C dans le Gard et l’Hérault, a été enregistré le vendredi 28 juin. Ceux qui ont traité entre le lundi 24 et ce vendredi 28 ont eu des brûlures, que ce soit avec des soufre mouillables ou avec des poudres, ceux qui avaient traité avant le lundi n’ont eu de brûlures qu’avec le soufre mouillable ».

Cette différence tiendrait au fait que le soufre poudre se sublimant plus vite que le mouillable, resterait moins longtemps sur le feuillage. Il provoquerait donc moins de dégâts. Bernard Taïx n’est pas de cet avis. Chez ses clients, les poudres ont causé plus de brûlures que les soufres mouillables appliqués à 4 kg/ha. En revanche, tous sont d'accord pour déconseiller l'Héliosoufre par temps très chaud, ce produit contenant des dérivés terpéniques. Comme de nombreux autres metteurs en marché, Action Pin demande aux viticulteurs de ne pas utiliser ce produit si des températures supérieures à 28°C sont prévues dans les 24 heures. L'entreprise conteste également que son produit soit plus sensible à la chaleur que les autres soufres.

4° Arrêter de traiter 3 jours avant la canicule

Les recommandations des fournisseurs sont souvent enfreintes par les viticulteurs, sans qu'il n'y ait de brûlures. Dès lors, quel est le seuil critique de température ? Pour Nicolas Constant, « impossible à dire : le risque de brûlure dépend de la température, mais aussi de l’hygrométrie, du vent… ». Bernard Taïx préconise lui de renoncer à traiter trois à quatre jours avant un épisode de canicule, soit plus de 32°C annoncés, avec une faible hygrométrie, sauf si des parcelles sont infestées d’oïdium. Guillaume Morvan recommande de s’arrêter deux à trois jours avant un tel épisode.

5° Maximiser l’ombrage

Autre atout à jouer pour Jacques Oustric : les pratiques agronomiques. « Le palissage doit être réfléchi pour maximiser l’ombrage. Et surtout pas de soufre si on vient de palisser à l’approche de fortes températures car le feuillage subit déjà un stress du fait de la réduction de l’ombrage. Attention aussi aux effeuillages tardifs ou excessifs ».

6° Ne pas associer le soufre au Pyrévert

Lors de fortes chaleurs, « c’est explosif », conclut Jacques Oustric.

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