LE FIL

Jean-Marie Barillère

Déçu par l’absence "d’outils de gestion des disponibilités autres que la distillation"

Vendredi 15 mai 2020 par Alexandre Abellan

« Il n’y a rien sur les autres points, alors qu’il n’y a pas que la distillation pour éviter que des volumes pèsent sur les marchés » regrette Jean-Marie Barillère.
« Il n’y a rien sur les autres points, alors qu’il n’y a pas que la distillation pour éviter que des volumes pèsent sur les marchés » regrette Jean-Marie Barillère. - crédit photo : Bertrand Collard (archives 2017)
Alors qu’une satisfaction prudente prévalait au sein des représentants de la filière à l’issue de la présentation gouvernementale du plan de crise du coronavirus, une déception plus que latente semble désormais se cristalliser sur les imprécisions et sous-dimensionnements des dispositifs proposés. D’autant plus que d’autres leviers ont été écartés, comme le regrette Jean-Marie Barillère, le président du Comité National des Interprofessions des Vins à appellation d'origine et à indication géographique (CNIV).

Etudiant le premier jet proposé par le gouvernement pour son plan de crise du coronavirus, la filière vin devient de plus en plus circonspecte.« C’est assez décevant… On sait que ce n’est qu’un premier point, mais on est très loin du compte. Il va falloir monter au créneau » résume Jean-Marie Barillère, le président du Comité National des Interprofessions des Vins à appellation d'origine et à indication géographique (CNIV). Pour le négociant champenois, la principale « déception est qu’il n’y ait pas d’outils de gestion des disponibilités autres que la distillation. En Champagne et dans les régions septentrionales il n’y aura pas de distillation. Il n’y a pas une viticulture française mais une somme de viticultures régionales. Il faut ouvrir les possibilités de gestions des volumes excédentaires. »

Qu’il s’agisse de vendanges en vert, de stockage privé ou d’autres leviers de gestion des volumes à la production, seule la distillation de crise bénéficie pour l’instant d’un financement. Et encore, « deux fois inférieures à nos demandes » souligne Jean-Marie Barillère. Le gouvernement envisage en effet d’ouvrir une distillation de 2 millions d’hectolitres à un prix moyen de 70 €/hl, quand la profession demande 3 millions hl à 65 €/hl pour les VSIG et 80 €/hl pour les AOP et IGP.

"On ne sait pas grand chose"

Suscitant l’intérêt dans la filière, le dispositif des exonération de charges sociales et patronales suscite encore davantage les interrogations. « Pour l’exonération de charge, c’est peu et on ne sait pas grand-chose » résume Jean-Marie Barillère, qui note que « si l’exonération des charges est effective sur trois à quatre mois, comme pour les établissements ayant connu une fermeture administrative, cela ne va pas être suffisant. Il faut une exonération à l’année, mais ce n’est pas pris en considération. »

Alertant sur une baisse de 10 à 30 % au moins du chiffre d’affaires de la filière cette année (« c’est toute la marge qui part en éclat »), le président du CNIV prévient que « la filière va souffrir fortement. Pour l’instant on n’a qu’un petit bout de réponse. » Les échanges dans les prochaines semaines entre l’exécutif et les représentants des vins français s’annoncent cruciales.

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