LE FIL

Hallucinant printemps

Peu de gel, mais de la neige sur le vignoble bordelais

Lundi 30 mars 2020 par Alexandre Abellan

Aperçu des chutes de neige à Pauillac ce 30 mars.
Aperçu des chutes de neige à Pauillac ce 30 mars. - crédit photo : Émeline Borie (château Grand-Puy-Lacoste)
Soupir de soulagement, le coup de froid est pour l’instant passé sans trop de dégâts gélifs dans les vignes de Bordeaux. C’est avec de la neige que commence la semaine.

Ce millésime 2020 coche toutes les cases de l’inhabituel à Bordeaux : après le confinement contre le coronavirus et le débourrement précoce, voici venue la neige ce 30 mars. Un spectacle qui n’est pas des plus communs dans le vignoble girondin : « la neige tombe à gros flocons alors que l’on devrait être en semaine des primeurs. Cette année est surprenante de bout en bout sur son commencement » témoigne Émeline Borie, la responsable marketing du château Grand-Puy-Lacoste (Pauillac). Au-delà de l’insolite, ces flocons rassurent après des nuits de mobilisation contre le risque accru de gelées printanières« Nous sommes plutôt content que le ciel soit couvert, nous sommes passé à côté de dégâts de gel en fin de semaine dernière. Il neigeotte depuis 10 heures ce matin, mais ça ne tient pas, les sols ne semblent pas assez froids » rapporte Benjamin Vimal, le directeur adjoint du château Lagrange (Saint-Julien).

« Tant qu’il neige ce n’est pas grave, c’est l’humidité au sol demain qui pourrait être à craindre » souligne Philippe Carrille, le propriétaire du château Poupille (en AOC Castillon et Saint-Émilion). Epargné par cet épisode neigeux, le vigneron souligne que quelques zones gélives ont subi des dégâts sur la rive droite. « Il y a eu peu de gel sur le bas de Saint-Laurent [des Combes]. Cette nuit pas de gel, étonnant... » raporte Marie-Anne Reynier, du château Haute-Nauve (Saint-Émilion).

"Pas de graves dégâts"

D’après les premiers constats des conseillers viticoles sur le terrain, « les dégâts sont minimes. Il y a quelques bouts et fonds de parcelles touchés, mais le temps était très sec et les températures ne sont pas descendues si bas » indique Philippe Abadie, le directeur du service entreprises de la Chambre d’Agriculture de Gironde. Couplées à des avancements végétatifs disparates et un déploiement important de systèmes antigel dans le vignoble (bougies, chauferettes, éoliennes...), l'impact de ces faibles températures reste limité. « On rapporte des dégâts sur les jeunes plants, qui démarrent de suite et sont plus exposés en étant au ras de la terre » précise Philippe Abadie, qui souligne une bonne nouvelle : ces chutes de neige et de température vont ralentir le développement des vignes.

Période gélive, le mois d'avril va désormais sembler bien long aux vignerons bordelais placés précocément sur le qui-vive.

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