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Comment hard rock et grand cru classé font un bon album-concept

Mercredi 26 février 2020 par Alexandre Abellan

« On ne voulait pas faire une étiquette rock pour faire une étiquette rock. Nous voulions l’accompagner de tout un univers » explique Caroline Decoster.
« On ne voulait pas faire une étiquette rock pour faire une étiquette rock. Nous voulions l’accompagner de tout un univers » explique Caroline Decoster. - crédit photo : Château Fleur Cardinale
En tout cohérence, un château de Saint-Emilion joue sur les codes de son étiquette pour créer une édition limitée rencontrant l’intérêt du marché.

De loin, on croirait voir une étiquette classique, jaunie et attendue pour un grand cru classé de Saint-Emilion : blason familial et chevalier en armure surplombant un nom de château à la graphie aussi léchée que prestigieuse. Mais le diable est dans le détail. Avec son blason nimbé de flammes, transpercé d’épées, entouré de crânes et agrémenté de baguettes de batterie et d’un manche de guitare, avec son chevalier arborant un bandana, des bracelets cloutés et le signe des cornes, avec son éclair inséré dans son nom, l’étiquette de la première édition limitée du château Fleur Cardinale est tout sauf traditionnelle. Elle se veut aussi ludique que populaire, sans être totalement iconoclaste.

« Nous ne cassons pas les codes, nous nous assurons du socle de la tradition pour amener de la modernité et un peu de folie » explique Caroline Decoster, la responsable marketing du château Fleur Cardinale (21,5 hectares). Souhaitant rendre plus accessibles les grands crus classés, la propriété lance une série de magnums en édition limitée qui affichera chaque année un univers aussi inattendu que différent. Pour le millésime 2018, il s’agit donc du hard-rock des groupes AC/DC, Deep Purple, Guns N’ Roses, Led Zeppelin… Un aéropage musical inspirant le coffret sérigraphié et réuni dans une playlist dédiée. « Par leurs terroirs et cépages, nos vins sont puissants et élégants. Ils sont contrastés et ne sont pas inaccessibles. Comme nous qui travaillons sérieusement et avons d’autres passions en dehors du travail » détaille Caroline Decoster, également bassiste.

Retours positifs du négoce

Née du poisson d’avril de la propriété en 2019, l’idée d’une cuvée hard-rock est accueillie très positivement par la place de Bordeaux. Partant sur 1 000 magnums, la propriété a monté les volumes de sa première édition collector à 1 500 caisses pour répondre à la demande (et pouvoir conserver un stock). Avec un prix de vente aux consommateurs dépassant 100 euros, cette cuvée collector donne surtout au négoce l’occasion de parler différemment des vins bordelais. « Nous apportons de la gaîté et de l’innovation aux acheteurs dans un contexte très morose » conclut Caroline Decoster, qui réfléchit à la prochaine identité que prendra sa deuxième étiquette limitée.

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