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Vins de France
La réussite d'un vignoble hyper-productif repose sur les investissements à la plantation

La filière française des Vins Sans Indication Géographique (VSIG) peaufine ses protocoles de production mécanisée en prônant des investissements conséquents dès l'implantation.
Par Alexandre Abellan Le 03 décembre 2019
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La réussite d'un vignoble hyper-productif repose sur les investissements à la plantation
Dense, la conférence économico-technique du 27 novembre réunissait les experts de l’IFV et les producteurs de l’Anivin de France. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
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 Sur une parcelle de vin de France, il faut être encore plus pointu que sur de l’AOC ou de l’IGP pour être au maximum de la capacité de production… Il ne faut pas se manquer sur la taille, sur les traitements, sur l’implantation du vignoble… » estime Mathieu Bernies, le vice-président des Vignobles de Vendéole (nés de la récente fusion des caves de Malepère et de Razès) ce 27 novembre lors d’une conférence du salon Sitevi (Montpellier).

Au-delà de son expérience personnelle, son constat s’appuie sur l’expérience de deux vignobles expérimentaux (dans l’Aude, à Bram et Ouveillan), réunissant l’expertise technique de l’Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV) et les objectifs de production de l’Association Nationale Interprofessionnelle des Vins de France (Anivin de France). En cours de plantation depuis 2018, ces deux vitrines techniques doivent permettre de valider les protocoles de pilotage de l’Anivin de France pour obtenir une régularité de rendement (15-20 tonnes/hectare) et une qualité constante (sucre, acide, polyphénols et arômes).

Pas d’économie au moment de la plantation

D’après les premiers résultats de ces Vignobles Innovants Eco-responsables (VIE), il apparaît que l’installation du vignoble est le point clé. En VSIG, « il n’y a pas d’économie au moment de l’implantation du vignoble. Les gains se font après, grâce à la robustesse de ce qui a été planté » résume Christophe Gaviglio, ingénieur de l’IFV Occitanie. Pour l’expert, « il y beaucoup à penser dès l’implantation pour [y déployer] un système ultra mécanisé, avec une charge en bourgeons élevée (40 à 50 bourgeons par mètre de rang taillé mécaniquement, deux fois plus qu’en taille manuelle), des longueur rangs importante (jusqu’à 400 mètres)… »

Pour que ces rangs de vignes tiennent le coup, sans torsions ni inclinaisons, le vigneron ne doit pas regarder à la dépense en matière d’amarres, de piquets de tête, de tuteurs, de fil porteur… Tous ces investissements permettant de mécaniser au maximum les nombreuses interventions sur le VIE. Comme le rognage, qui est un élément clé : « il faut faire attention au timing du rognage : mieux vaut rogner un peu tôt que trop tard » conseille le viticulteur audois Bastien Campoy, qui rogne plus de cinq fois par an.

Marges à l’hectare

« L’implantation du vignoble coûte cher : 25 000 euros/ha avec l’irrigation enterrée » rapporte Mathieu Grassin, le directeur des opérations viticoles des Grands Chais de France (GCF). D’après les estimations du négociant, confirmées par l’outil de calcul en ligne des marges mis en place par l’Anivin de France, un VIE afficherait un coût d’exploitation annuel de 4 000 euros/hectares, en incluant la main d’œuvre et l’assurance. « Avec un remboursement sur 15 ans de la plantation (2 000 euros/ha), on préserve une marge de 2 000 euros/ha » souligne Mathieu Grassin, qui soutient le projet de VIE pour espérer construire un vignoble français productif pouvant rentrer en compétition avec celui espagnol. « Nous avons besoin de viticulteurs en France, sinon nous devrons acheter à l’étranger » prévient le négociant, militant pour une production française d’entrée de gamme permettant de reprendre des surfaces de linéaires dans les rayons de vins à l’export.

Les VSIG forment « une catégorie où tout peut s’imaginer. La labellisation se fait par le client. Le but est de proposer un produit adapté à un marché » conclut le viticulteur gersois Serge Tintané, le président Anivin de France.

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