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En Costières de Nîmes, un joli millésime malgré tout

Jeudi 26 septembre 2019 par Michèle Trévoux

Fanny Molinié-Boyer, vice-présidente des Costières de Nîmes et Bruno Manzone, président de l'appellation.
Fanny Molinié-Boyer, vice-présidente des Costières de Nîmes et Bruno Manzone, président de l'appellation. - crédit photo : Michèle Trévoux
Les aléas climatiques (canicule, sécheresse, incendie) qui se sont succédés tout l’été dans le vignoble des Costières de Nîmes n’ont finalement qu’un impact limité sur le volume de la récolte. Et la qualité s’annonce au rendez-vous pour ce millésime 2019.

Plus de peur que de mal pour les Costières de Nîmes. Après les épisodes caniculaires de juin, juillet et août, la sévère sécheresse estivale (seulement 220 mm d’eau entre janvier et septembre) et les deux incendies de début août, la récolte s’annonce plutôt jolie en AOC Costières de Nîmes. « La vigne s’est finalement bien adaptée à la chaleur comme à la sécheresse. On a constaté des défoliations sur certaines parcelles, mais l’impact a été moindre qu’en 2017. Il y a eu des repousses dans les vignes qui ont été échaudées », annonce Bruno Manzone, président de l’ODG, lors d’une conférence de presse ce mardi 24 septembre à Nîmes. Conséquence positive de cet été très sec, l’état sanitaire est parfait. Les baies sont petites et concentrées en couleur et en tannins, les acidités sont plutôt élevées avec des pH entre 3,5 et 3,6, ce qui donnera des blancs et rosés sur la fraîcheur et des rouges avec un bon potentiel de garde, assure-t-il. Tous ces aléas climatiques n’auront finalement qu’un impact modéré sur le volume de la récolte, qui s’annonce en retrait de 10% par rapport à l’an dernier. 

Reconstruire les paysages

L’incidence des incendies sur le volume de la récolte sera lui aussi limité. Si 175 ha de vigne ont été touchés, seuls 56 ha ont été directement impactés par le feu, 112 ha ont été imprégnés par la fumée et ne pourront être déclarés en AOC, et 6 ha, détériorés par les produits retardants déversés par les pompiers pour maîtriser l’incendie, ne seront pas récoltés. Au final, c’est 3,8% des surfaces du vignoble des Costières de Nîmes qui a été touché. L’impact est donc limité collectivement mais individuellement, certains vignerons ont de gros sinistres. « Une cellule de crise a été mise en place pour leur venir en aide » a indiqué le vigneron gardois. L’ODG a, par ailleurs, repoussé au début des vendanges la date de renonciation à produire en AOC pour laisser le temps aux vignerons sinistrés de bien apprécier la situation. Des aides à la replantation vont être mises en place pour les vignerons dont les vignes ont brûlé. « Le plus grave pour notre appellation, c’est l’impact de ces incendies sur nos paysages », a déploré Bruno Manzone. L’ODG s’est engagé à mobiliser des fonds pour soutenir le reboisement et la biodiversité, mise à mal par le feu. 1€ sera prélevé sur tous les tickets vendus sur chacun des événements organisés par l’AOC Costières de Nîmes (Nîmes Toquée et Vignes Toquées). De même, le bénéfice des ventes de la cuvée caritative, élaborée à partir des vignes de la Fontaine plantées au cœur de Nîmes, seront également affectés à la réhabilitation des paysages.

 

Comme partout, les rouges dévissent

Sur les onze premiers de la campagne, les sorties de chai sont en recul de 1% par rapport à la même période de l’an dernier. « Ce n’est pas si mal car d’autres AOC comme le Ventoux ou les Côtes du Rhône sont en recul respectivement de 9 et 7% », commente Fanny Molinié-Boyer, vice-présidente de l’ODG. L’AOC Costières de Nîmes a produit 212 000 hl l’an dernier, dont 55% en rouge, 39 % en rosé et 6% en blanc.  Comme partout en France, la tendance est mal orientée pour les vins rouges : les sorties de chai sont en recul de 20% sur les onze premiers mois de la campagne. Pour le moment, les cours sont restés stables à 128 €/hl, les rosés se maintiennent à 127 € et les blancs à 129 €. « Nous avons un vignoble en blanc qui nous permettrait d’accroître nos volumes car le marché est demandeur. C’est sans doute le marché des vins en bouteilles qui va relancer le blanc car pour l’instant, le négoce n’est pas demandeur », souligne la vigneronne. Les stocks en fin de campagne, toutes couleurs confondues, sont en baisse de 5%.

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