LE FIL

Vins du Centre-Loire

(Dé)motivations, démissions et élections à l’interprofession

Lundi 16 septembre 2019 par Alexandre Abellan

Anne Clément et Jean-Dominique Vacheron viennent d'être élus à la co-présidence du BIVC en pleines vendanges
Anne Clément et Jean-Dominique Vacheron viennent d'être élus à la co-présidence du BIVC en pleines vendanges - crédit photo : DR
Changement de têtes à la co-présidence du BIVC, qui vient d’élire deux nouveaux co-présidents à la suite du départ anticipé des précédents élus face à la poussée de nouvelles voix.

Les départs se succèdent en cette rentrée pour le Bureau Interprofessionnel des Vins du Centre-Loire (BIVC). Après son directeur fondateur, Benoît Roumet, ses co-présidents, le vigneron Emmanuel Charrier et la négociante Catherine Corbeau-Mellot, quittent subitement leurs fonctions 12 septembre 2019. Alors que leurs mandats couraient jusqu’en novembre 2020, les deux élus ont démissionné, menant à de nouvelles élections à l’occasion d’une assemblée générale se tenant ce 12 septembre. Ont été élus la négociante Anne Clément (Menetou-Salon) et le vigneron Jean-Dominique Vacheron (47 hectares en appellation Sancerre).

« Nous incarnons une nouvelle équipe dynamique et motivée, pour répondre à de nouveaux enjeux, d'environnement et de mise en place du plan de filière. Suite au départ de Benoît Roumet les coprésidents ont souhaité retourner à leurs domaines » rapporte Jean-Dominique Vacheron. Visant le recrutement d'un nouveau directeur pour la fin de l'année, le co-président de la maison des vins de Sancerre souligne que les réflexions stratégiques commenceront après les vendanges, qui battent actuellement leur plein. « L'histoire reste à écrire » précise le vigneron en biodynamie.

Bénévoles fatigués

« C’est la fin d’un cycle » reconnaît Emmanuel Charrier (domaine de l’Epineau, 8 hectares en Coteaux du Giennois). Elu en novembre 2011, le vigneron témoigne avant tout de lassitude et fait part de son « usure. Je n’ai pas assez d’énergie pour porter un nouveau dossier aussi important que la mise en place régionale du plan de filière [issu de la loi Alimentation]. J’aurais dû arrêter il y a deux ans, mais on m’a poussé à continuer… » Une fatigue confirmée par son binôme : « nous sommes des bénévoles au service d’un collectif. Au bout d’un moment ce bénévolat se fatigue et prend beaucoup de temps, il faut alors se recentrer » complète Catherine Corbeau-Mellot (maison Joseph Mellot, présente sur les huit appellations du bassin). Elue en novembre 2014, la négociante glisse que « jusqu’à maintenant il n’y avait pas grand monde pour s’impliquer. Des personnes se sont senties prêtes à prendre le relais, avec leurs visions et modes de fonctionnement différents. »

"Facile de critiquer"

Si les anciens et nouveaux coprésidents ne souhaitent pas polémiquer, des sources concordantes rapportent que des tensions étaient nées ces derniers mois au sein du bureau représentant la diversité de ses appellations*. Le départ de Benoît Roumet aurait ainsi servi d'occasion de passer le relais. « Beaucoup de choses sont sorties, il est toujours facile de critiquer quand on n’est pas en poste » confie Emmanuel Charrier, qui ne compte pas quitter le syndicalisme viticole, étant impliqué dans le syndicat viticole des Coteaux du Giennois.

 

* : Le BIVC réunit 8 appellations (Sancerre, Pouilly-Fumé et Pouilly sur Loire, Menetou-Salon, Quincy, Reuilly, Coteaux du Giennois et Châteaumeillant), ainsi que deux Indications Géographiques Protégées (Coteaux de Tannay et Côtes de la Charité).

 

Pendant cinq ans, Emmanuel Charrier et Catherine Corbeau-Mellot ont formé un binôme à la tête du BIVC.

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2019 - Tout droit réservé