LE FIL

Fraude

Six mois fermes pour un négociant en vin bordelais

Jeudi 06 juin 2019 par AFP
Article mis à jour le 07/06/2019 12:37:35

Le tribunal de Bordeaux a condamné le négociant à 30.000 euros d'amende, dont 20.000 euros avec sursis. Sa société de négoce à Cadillac (Gironde) a été condamnée a une amende de 150.000 euros, dont 100.000 avec sursis.
Le tribunal de Bordeaux a condamné le négociant à 30.000 euros d'amende, dont 20.000 euros avec sursis. Sa société de négoce à Cadillac (Gironde) a été condamnée a une amende de 150.000 euros, dont 100.000 avec sursis. - crédit photo : Mairie de Bordeaux
Un négociant de la région bordelaise a été condamné ce 6 juin à six mois de prison ferme pour "tromperie", "falsification" et "utilisation frauduleuse (...) d'une appellation d'origine" portant sur 900 hectolitres de vin.

Le tribunal correctionnel de Bordeaux, qui a qualifié les faits de "graves", a précisé que cette peine était aménageable. Il doit également payer 30.000 euros d'amende, dont 20.000 euros avec sursis. Sa société de négoce à Cadillac (Gironde) a été condamnée a une amende de 150.000 euros, dont 100.000 avec sursis.

Le parquet avait requis un an de prison contre le négociant Vincent Lataste, déjà condamné en 2016 à 18 mois de prison avec sursis dans une autre affaire, et le même montant d'amendes.

La fraude, qui a eu lieu entre 2014 et 2016, concerne du vin, qui était stocké à Cadillac sous des appellations ou des millésimes qui n'ont pu être justifiés. Des ajouts d'eau ont également été constatés.

Appel de la décision probable

"Cette décision me semble excessivement étonnante et assez incompréhensible", a indiqué à la presse son avocat Me Eric Grosselle, qui va conseiller à son client de faire appel. Ce dernier, vivant aux Etats-Unis, était absent à l'audience.

Vincent Lataste "ne se considère pas en infraction. C'était tout simplement un problème d'étiquetage (...) On n'a aucune preuve pour considérer qu'on a vendu du vin sous une appellation qui n'est pas la bonne ou s'il y a eu des mélanges, ce qui est insinué", a-t-il poursuivi.

Quant à l'eau retrouvée dans des bouteilles, "il y en avait très peu et c'était les premières (...) C'était un problème de rinçage" lors de l'embouteillage, a expliqué Me Grosselle, précisant que cette entreprise, en difficulté financière, "arrivait tout juste à l'équilibre".

M. Lataste et sa société ont également été condamnés à verser aux parties civiles de 1.000 à 8.000 euros de dommages et intérêts. Pour l'avocat de la Confédération paysanne de Gironde, Frédéric Georges "c'est une décision logique qui montre que la tolérance, qui a existé, est terminée avec ce type de pratiques frauduleuses qui consiste à dénaturer des vins".

Déjà condamné

En novembre 2016, M. Lataste avait déjà été condamné à 18 mois de prison avec sursis et 5.000 euros d'amende pour avoir servi d'intermédiaire dans une vaste fraude au "vin de lune", un mélange illégal de vins transporté habituellement de nuit.

 

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