LE FIL

Millésime 2019

Gelé, Cahors perd 60 à 70 % de sa production de vin

Vendredi 10 mai 2019 par Alexandre Abellan

« Les grappes ne sont pas belles dans la vigne, il est difficile de savoir ce que cela donnera » constate Philippe Bernéde.« Les grappes ne sont pas belles dans la vigne, il est difficile de savoir ce que cela donnera » constate Philippe Bernéde. - crédit photo : La Bérangeraie
Le dernier coup de froid est un nouveau coup dur pour le vignoble cadurcien, qui n’est pas loin de revivre le drame de 2017 avec un nouveau gel printanier tardif.

Ces 5 et 6 mai, les températures sont tombées jusqu’à -4°C dans le vignoble de Cahors, causant une gelée blanche dont l’ampleur apparaît de plus en plus significative. D’après les dernières estimations, 3 500 hectares ont été touchés, des bords de rivière au plateau, causant 60 à 70 % de pertes de récolte. « C’est un poil moins que le gel de 2017 (causant -80 %), mais c’est catastrophique. Après la coulure de 2013 et gel de 2017, cela fait trois petites récoltes en six ans. Un an sur deux ! » chiffre, atterré, Pascal Verhaeghe, le président de Union Interprofessionnelle des Vins de Cahors (UIVC). Qui souligne que « tous les jours, on voit plus de dégâts que la veille ».

Mauvaises surprises

« On pensait s’en être bien sortis. Mais il a fallu trois jours pour voir brunir les grappes que l’on pensait être indemnes… elles deviennent marron et ne vont pas tarder à tomber » témoigne, abattu, le vigneron Philippe Bernéde, du clos la Coutale. Au plus bas, le moral du vignoble cadurcien s’inquiète de pertes de récolte qui pourraient encore s’alourdir. « On n’est pas très optimistes » soupire Maurin Bérenger, le président du Syndicat de Défense de l'AOC Cahors. Précisant que « les vignes étaient avancées, il est peu envisageable qu’il y ait des remontées de contre-bourgeons. Et le malbec étant très sensible, il y a de forts risques de coulure… La priorité est de préserver du bois pour réussir à tailler la vigne et arriver à la mise en culture de 2020. » Sachant que 300 ha ont déjà été touchés par la grêle le 25 avril dernier, la situation s'annonce critique pour de nombreux domaines.

"Même conséquences que 2017"

Peu assuré (de l’ordre de 10 à 15 %), le vignoble de Cahors fait désormais appel à tous les soutiens : administratifs, bancaires, institutionnels… « Ce que l’on craint surtout, c’est que cela recommence l’an prochain » soupire Philippe Bernéde, qui n’est lui-même pas assuré : « ce qu’il nous faut, c’est du vin à vendre ! » Pansant ses plaies, le vignoble se projette déjà sur les conséquences commerciales de cette gelée. « Cette gelée aura les mêmes conséquences que 2017… Heureusement, il y a du stock dans l’AOC. Il va falloir gérer avec le négoce les disponibilités pour préserver les marchés » conclut Maurin Bérenger.

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