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Gardien du temple ou arrière garde ?

Xavier Planty, voix de l’opposition aux cépages résistants en appellation

Mercredi 27 février 2019 par Alexandre Abellan
Article mis à jour le 01/03/2019 12:28:47

« L’AOC n’est pas intangible, mais cela se fait dans le temps »
« L’AOC n’est pas intangible, mais cela se fait dans le temps » - crédit photo : Château Guiraud
Se positionnant avant le prochain CRINAO bordelais, le vigneron de Sauternes estime que l’entrée de nouvelles variétés hybrides dans les appellations signerait leur fin.

Jusqu’à présent, les seuls débats français concernant les cépages résistants à l’oïdium et au mildiou se cantonnaient à une impatience consensuelle quant aux freins à leur déploiement. Que ce soit en matière en réglementation ou de disponibilité du matériel végétal. Mais ça, c’était avant que Xavier Planty ne signe une tribune au vitriol, reprise par le Monde, « des cépages résistants au mildiou ? La fausse bonne idée qui met en péril notre patrimoine viticole ».

Copropriétaire du château Guiraud (premier grand cru classé de Sauternes certifié bio), le président de l’appellation Sauternes explique à Vitisphere que « le fondement des appellations d’origine contrôlées, c’est l’adéquation entre un lieu et un cépage autochtone, sélectionné localement à travers les âges*. À Bordeaux, nos cépages viennent du piémont pyrénéen, de Loire… Mais c’est la continuité à travers les âges qui fonde l’AOC. C'est notre promesse aux consommateurs. Les cépages résistants viennent de nulle part. Avec leurs fécondations forcées, ils cassent la filiation. Si l’on bascule vers ces cépages, la marque est morte. »

PAC et CRINAO

À ce titre, Xavier Planty s’oppose à l’ouverture des appellations aux cépages non-Vitis vinifera (comme les hybrides résistants), ce qui est notamment demandé par la Confédération Nationale des producteurs de vins AOC (CNAOC), dans le cadre de la prochaine réforme de la Politique Agricole Commune (PAC). Lâchant les coups, le président de Sauternes ouvre le débat en amont du prochain Comité Régional de l’Institut National de l’Origine et de la Qualité (CRINAO), qui doit notamment évoquer le 11 mars prochain les évolutions de l’encépagement bordelais. Comptant sur le soutien d’autres présidents de syndicats viticoles bordelais, Xavier Planty se pose en garant des appellations, mais aussi en garde-fou contre les désillusions viticoles.

Marqué par des échanges avec des chercheurs de l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA), Xavier Planty en a retenu qu’il ne sera jamais possible de répliquer un cépage traditionnel avec une résistance aux maladies cryptogamiques. « Dire adieu à Bordeaux au cabernet sauvignon ou au merlot, cela n’a jamais été posé en ces termes. Il n’y a pas eu de débat en profondeur » estime-t-il. Posant ainsi la question du respect de la philosophie des AOC en préalable à la recherche et au développement d'alternatives, et non à son terme. Le vigneron s’alarme également des risques de contournement de la résistance par le mildiou et l’oïdium, tandis que le déploiement de cépages résistants pourrait augmenter la virulence des souches sur les cépages traditionnels. « Et ces cépages résistants ne sont pas adaptés au changement climatique » s'emporte le vigneron.

"Réduire les intrants"

Mais face aux exigences environnementales que le vignoble doit relever, cette position conservatrice est-elle d'actualité ? « Je ne suis pas le passé, je suis la modernité » tacle Xavier Planty, qui estime que les programmes de recherche devraient se positionner sur « un retour à l’équilibre général de la vigne, avec une vision globale de l’agriculture. La première chose pour réduire les intrants, c’est de travailler sur la question du sol. Que sait-on de la mycorhization ? »

 

* : Chantre de la sélection massale, Xavier Planty précise que « le clonage a perturbé la continuité. Mais on restait en Vitis vinifera. »

Soutien ligérien

Réagissant sur Twitter à cet article, Pierre-Antoine Giovannoni, le président de la fédération des vignerons indépendants des Pays de la Loire, se dit en accord avec Xavier Planty : "il ne faut pas fermer la voie de la recherche. Mais pour la protection de nos AOC et de nos domaines viticoles, cette solution n’est qu’une solution partielle et lointaine, qui ne répond qu’aux attentes des grosses maisons."

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