LE FIL

Classement de Saint-Émilion

Non-lieu requis pour Hubert de Boüard et Philippe Castéja

Jeudi 17 janvier 2019 par Alexandre Abellan
Article mis à jour le 18/01/2019 12:14:52

Hubert de Boüard avait été mis en examen le 18 septembre 2018 et Philippe Castéja le 19 septembre, après avoir été placés en garde à vue le 28 février avait dévoilé Médiapart en octobre dernier.Hubert de Boüard avait été mis en examen le 18 septembre 2018 et Philippe Castéja le 19 septembre, après avoir été placés en garde à vue le 28 février avait dévoilé Médiapart en octobre dernier. - crédit photo : Alexandre Abellan (archives 2016/2017)
Les deux figures bordelaises voient la procédure de mise en examen pour prise illégale d’intérêt prendre un tour conforme à leurs dénégations. Le tribunal doit trancher courant février.

Mis en examen la fin d’année dernière pour prise illégale d’intérêt dans l’établissement du classement des vins de Saint-Émilion de 2012 par le tribunal de grande instance de Bordeaux, l’œnologue Hubert de Boüard de la Forest (co-propriétaire du château Angélus) et le négociant Philippe Castéja (à la tête de la maison Borie Manoux) voient la procédure se conclure par la requête d’un non lieu par le procureur de la République. « Ce n’est pas définitif, mais c’est un soulagement. Qui va dans le sens de ce que je déclare depuis le début » confie Hubet de Boüard. Tandis que Philippe Castéja ne souhaite pas commenter un dossier personnel.

Révélée par le Sud-Ouest, la requête du parquet confirme les dénégations des deux figures bordelaises, qui rejettent les accusations d’avoir été juges et parties pendant les débats établissant le nouveau classement de Saint-Émilion. Les deux hommes ayant siégé au comité national des vins d’appellation de l'Institut National de l'Origine et de la Qualité (INAO), alors qu’ils sont chacun copropriétaires d’un cru classé (pour Hubert de Boüard le château Angélus, passé en 2012 au rang de premier cru classé A, pour Philippe Castéja, le château Trottevieille, maintenu premier cru classé B). Tous deux maintiennent ne pas avoir participé aux échanges et délibérations sur le dossier, et avoir quitté la pièce à chaque fois que le sujet était évoqué (ce qui est confirmé par d’autres membres du comité, mais n’a pas été noté faute de cahier d’entrées et de sortie).

Dossiers loin d'être classés

Ouverte en 2013, suite à une plainte contre X pour prise illégale d’intérêts déposée par trois propriétés déclassés de Saint-Émilion (les châteaux Croque-Michotte, Corbin Michotte et La Tour du Pin Figeac). Avocat des trois châteaux déclassés à l’origine de l’affaire, maître Éric Morain estime que la réquisition du procureur témoigne d'une volonté de classer le dossier sans faire de vagues. « Nous avons des charges accablantes sur ces deux personnes » estime l'avocat. Le juge du TGI a désormais un mois pour prendre connaissance des dernières observations des parties, avant de trancher, probablement fin février.

En attendant l’issue de ce dossier (soit un non-lieu, soit un renvoi au tribunal correctionnel), le devenir du classement de Saint-Émilion devant la justice administrative reste inconnu, aucune date de convocation n'ayant été communiquée pour le recours devant la Cour Administrative de Bordeaux (cliquer ici pour en savoir plus).
 

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