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"Pas qu’un vin bleu"
Le vin de l'île de bleuté, tourné vers la mer et le premium

Souhaitant ne pas être mis dans le même sac que Vindigo, la marque corse imaJYne communique sur la cohérence de son processus original de fabrication. Du début à la fin sous le signe marin.
Par Alexandre Abellan Le 12 novembre 2018
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Le vin de l'île de bleuté, tourné vers la mer et le premium
La cuvée imaJYne a d'abord été testée auprès des consommateurs sur l'auberge du domaine, avant d'être diffusée depuis l'an dernier. - crédit photo : Domaine Pozzo di Mastri
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 On ne veut pas surfer sur la mode du vin bleu. Cela ne nous intéresse pas ! Nous produisons un vin de la mer » pose d’emblée Sylvain Milanini, le PDG du domaine corse Pozzo di Mastri (Figari). Commercialisant depuis 2017 la cuvée imaJYne*, une boisson aromatisée à base de vin qui a la caractéristique d’être azur fluo, Sylvain Milanini précise qu’« il n’y a pas de honte à ce que notre vin soit bleu, mais il n’est pas que ça. » Souhaitant se détacher de la médiatisation estivale de Vindigo, et des diverses polémiques sur ce vin bleu espagnol, l’entrepreneur corse mise sur un positionnement avant tout marin.

Disant s’inspirer de méthodes de vinifications antiques (notamment dans l’ajout d’exhausteurs de goût, comme le sel), le domaine corse Pozzo di Mastri suit un processus de fabrication tout sauf classique pour son vin blanc. Vendangées de nuit, les grappes vermentino, le muscat petits grains et un cépage mystère sont en partie rincées à l’eau de mer (« le sel étant un exhausteur de goût »). Séchés deux jours en chambre froide, les raisins sont vinifiés avec des ajout d’algues, notamment de spiruline, d’herbes et même de sels marins. Breveté, le processus d’obtention de cette couleur bleue serait obtenue par des méthodes de clarification et de stabilisation du vin. Pour fermer la parenthèse marine, les bouteilles sont ensuite stockées six mois à 70 mètres de fond, dans une grotte sous la mer Méditerranée.

Vin original

Jouant sur l’inédit, cette création revendique son approvisionnement corse et son positionnement en dehors de toute logique d’indication géographique. « Faire de l’AOC, c’est faire les mêmes vins que tout le monde. Notre but est de faire un vin original » résume Sylvain Milanini. Avec 35 000 cols produits sur le premier millésime, 2017, imaJYne est résolument un vin de niche, réservé à une distribution en hôtel, restauration… et aux évènements autour de la mer.

Incarné par la couleur du vin, ce fort positionnement marin étant amplifié par un packaging haut de gamme. À commencer par une étiquette qui marque (voir ci dessous), étant signée par Enki Bilal, le célèbre dessinateur de bande-dessinées, qui est notamment l’auteur de la trilogie Nikopol, où apparaît une entêtant femme aux cheveux bleus, Jill Bioskop (La Femme Piège, 1986). Cirée, la bouteille est également en relief, pour évoquer les vagues de la mer.

29 €/col

Sans dévoiler de coûts de production, « ce vin coûte cher à faire » reconnaît Sylvain Martinini. Qui préconise un prix de vente de 29 euros TTC la bouteille. L’entrepreneur corse finalise actuellement un autre projet ancré dans les spécificités corses. Une originalité à suivre.

 

* : L’idée de ce produit a été lancée par Jean-Yves Milanini-Auriol, disparu avant de pouvoir apprécier la réalisation de ses fils, Bruno et Sylvain. En hommage à leur père, la cuvée a pris ses initiales (MAJY), couplées à sa passion pour John Lennon en particulier, et les Beatles en général.
 

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Tous les commentaires (2)
ADIRIGNY Le 18 novembre 2018 à 20:03:30
CRAOUX a bien résumé le sentiment d'être pris pour des gogos ; on s'attendait à plus de rigueur avant de relayer de telles élucubrations, toutes droit issues de la plaquette publicitaire de cette société, à commencer par bannir l'utilisation du terme "vin", totalement inappropriée pour ce qui est au mieux une boisson aromatisée à base de vin, comme les rosés-pamplemousse qui ont inondé les linéaires des grandes surfaces et les gosiers des milléniums branchés . Tout ceci mériterait un travail d'enquête journalistique sur le fond : voir les vignes du "domaine Pozzo di Mastri", ses installations de vinification, s'interroger sur l'immersion de l'équivalent de plus d'une semi-remorque de bouteilles dans une grotte à 70 m de fond, et comment obtenir "naturellement" cette couleur bleue. Quant au produit, que j'ai eu l'occasion de goûter en septembre à la boutique de l'Auberge Pozzo di Mastri (car il s'agit d'une auberge avant tout), où il était vendu 21 € la bouteille, il était sans intérêt, un goût vaguement iodé, et ne justifiait pas le prix demandé. A ce prix autant investir dans un Chablis premier cru ...
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craoux Le 12 novembre 2018 à 18:34:02
Qu'on nous prenne pour des gogos en nous vendant une démarche iconoclaste s'inspirant de méthodes de vinifications antiques .. hum, hum ! ... passe encore. Qu'on nous parle de forts coûts de production (tiens donc !) pour tenter de trouver une explication au prix de vente délirant (29€/col) ... admettons. Mais le simple fait de penser qu'en 2018, et bientôt 2019, on puisse faire reposer une démarche d'entreprise sur la captation d'une clientèle à l'affût d'une boisson bleue au positionnement élitiste et "identifiant" (à ce prix là, on peut dire ça OUI !) me laisse baba ! Il y aura donc toujours sur cette terre des sous-groupes de "CONsommateurs" prêts à tout gober ...
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