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Bordeaux

Lafon Rochet abandonne le bio

Jeudi 08 novembre 2018 par Colette Goinere

Lafon Rochet, pionnier de la bio en Gironde, renonce à la certification. Lafon Rochet, pionnier de la bio en Gironde, renonce à la certification. - crédit photo : Lafon Rochet
Changement de cap pour le château Lafon-Rochet. Ce grand cru classé de Saint-Estèphe renonce au bio. Et ce choix fait le buzz sur les réseaux sociaux.

Basile Tesseron, gérant du château Lafon-Rochet, ne fait pas dans la demi-mesure. En 2010, il avait converti sa propriété au bio sans jamais la faire certifier. En février dernier, il a tout stoppé net. Les raisons ? « Le cuivre n’est pas exempt de problèmes. Il laisse des résidus dans le sol qui ne s’en vont pas. Quant à la multiplication des passages, elle entraine une surconsommation de carburant. Et au bout du compte, il faut accepter des pertes de vendanges. »

Un viticulteur sous anonymat, avance une autre explication : « Avec le bio, les rendements et la rentabilité sont moindres. On peut comprendre qu’il jette l’éponge ».

"J’avais associé les produits bios à l’écologie. C’est faux, car ils sont polluants"

Un revirement à 180 degrés qu’il explique par une prise de conscience. « J’avais associé les produits bios à l’écologie. C’est faux, car ils sont polluants ». Autant dire que son revirement a provoqué le buzz. « Sur Facebook, j’ai dû faire face à des réactions haineuses. Mais des œnologues de renoms, des courtiers et des négociants sont en accord avec nous. Nos clients -des négociants et des importateurs- aussi », confie-t-il.

Cette année, Basile Tesseron a traité les 41 ha de son grand cru classé de Saint-Estèphe avec des fongicides conventionnels. Reste qu’il prône une voie « naturelle, ou à défaut qui utilise des molécules chimiques de synthèse non toxiques et non polluantes ». Pour ce faire, il engage les viticulteurs à financer la recherche. « Il ne faut pas laisser ce champ aux multinationales des produits phyto. Mais je sais que c’est difficile ».

Du côté du syndicat des vins Bio de Nouvelle Aquitaine, la directrice Gwénaëlle Le Guillou, est formelle : « cette propriété n’a pas fait l’effort de se faire certifier bio. Donc elle n’a pas à se prononcer sur le sujet ».

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Ben Le 03 décembre 2018 à 21:53:14
Il utilise des molécules chimiques de synthèse non toxiques et non polluantes ! Eh oui il y a des surdoués ! C'est vrai que le cuivre est la bête noir dans le bio; mai quand un conventionnel met autant de cuivre avec 2 traitements qu'un bio avec 6, ça s’appelle du raisonné! Donc il a raison?
Jacques357 Le 03 décembre 2018 à 18:38:12
On le sait, tout n'est jamais tout blanc ou tout noir. Dans chaque méthode, il y a du pour et du contre. Le principal, pour nous vignerons, est de produire durablement dans le respect de nos consommateurs et surtout des générations futures afin qu'elles puissent continuer à exploiter nos terres. Les conventionnels, dont je fais partie, vont devoir faire un pas vers une viticulture durable, raisonnée, hve... Appelez la comme vous voulez. Les bios, eux, devront peut-être aussi revoir leur copie afin de prendre en compte certaines dérives. Mais surtout, il va falloir arrêter d'opposer les bios et les pas-bios. On fait le même métier, on aime tous notre terre, on aime tous le vin et on aime également faire partager notre passion. Alors, arrêtons de nous taper dessus et marchons ensemble dans la même direction.
Etienne Le 15 novembre 2018 à 11:50:18
Quand on utilise sérieusement le cuivre et qu'on fait des efforts pour traiter dans des conditions optimales, qu'on n'hésite pas à faire un ou deux traitement(s) supplémentaire(s), on arrive à des doses de cuivre minimale. En règle générale, je fais un traitement de plus que mes confrères en conventionnel ! Je suis vigneron en Alsace, même en 2016, année d'attaque conséquente de mildiou, ma dose a été de 3.5 kg/ha. Sinon, je suis autour du kilo de cuivre. Et je pense qu'en accentuant encore la précision des traitements et en employant des tisanes, je peux descendre encore notamment sur les cépages les moins sensibles (Riesling) - objectif 500mg de cuivre. Le pulvérisateur est aussi très important, j'ai un atomisateur avec peu de dérive et je me limite au feuillage. j'alterne les rangées à chaque traitement. Cet article démontre le manque de sérieux de Monsieur Basile Tesseron ! et sans doute les limites de ses compétences ! c'est regrettable de donner la parole à des gens qui n'ont pas le niveau. Pou arrêter le bio, il aurait déjà du commencer !!
rol Le 14 novembre 2018 à 10:36:20
2 grands" BRAVO "à Lafon Rocher ; le 1er pour avoir testé une exploitation bio sans publicité, sans revendiquer de façon à justifier une augmentation de ses prix bouteilles de 200 à 300%.....le 2eme BRAVO pour avoir tiré les conclusions de son test en constatant un bilan négatif tant sur le plan écologique qu'économique et que c'était UNE Impasse....et enfin un énorme HOURRAH pour avoir osé le publier en sachant pertinemment que la meute hurlante des bla blateurs des réseaux sociaux sans aucune expérience professionnelle allait le lapider , puis l'éventrer et enfin le démembrer......Encore bravo pour le courage..!!
Pouizin François Le 11 novembre 2018 à 07:24:53
Le Bio c'est comme le vélo: quand ça descend tout le monde y arrive. Jamais certifié ? et motivé ? Pionnier ? Vous avez bien fait de rester en conventionnel, la viticulture bio n'a besoin de gens comme vous.
craoux Le 10 novembre 2018 à 13:14:56
Pas question de débattre ici sur le Bio. En revanche, je ne vois pas quelle légitimité - par rapport aux autres, par rapport à moi - devrait être accordée à la parole de ce "môssieur " Basile Tesseron dont il est confirmé qu'il n'a jamais finalisé sa démarche en Bio (pas de demande de certification) ! En revanche, la presse lui fait un beau coup de pub ! Quant au commentaire de "Le chasseur de terroir ", je trouve dommage que Vitisphère n'ait pas de filtrage genre "modération" avant la mise en ligne ... Consternant ce commentaire.
MG Le 10 novembre 2018 à 12:09:21
"la directrice Gwénaëlle Le Guillou, est formelle : « cette propriété n’a pas fait l’effort de se faire certifier bio. Donc elle n’a pas à se prononcer sur le sujet »." Ca, c'est de la vrai liberté de parole digne des grands démocrate.
Ipi Le 09 novembre 2018 à 23:26:11
Le vigneron aime son métier mais aussi la liberté. Celle de se rattacher à un label bio ou non et celle de s'exprimer librement sur les faiblesse de la culture biologique si il le souhaite. A la lecture du dernier paragraphe de l'article, on peut comprendre que ce domaine ait préféré conserver sa liberté de pratiquer une culture biologique non-certifiée.....Culture conventionnelle ou biologique peu importe: le vigneron accepte la critique.
MT34 Le 09 novembre 2018 à 18:49:40
Oui, je comprends très bien cette réaction. On NOUS fait croire que le bio est l'avenir pour sauver la planète de tout ces maux. Alors, que l'on peut constater qu'il subsiste toujours de nombreux résidus de cuivre dans les sols et les mouts récoltés en bio, qui engendrent ainsi des difficultés de fermentation et affaiblissent ces vins aromatiquement. Ainsi, il y a quelques années, une étude sur la biomasse (les vers de terre) a été réalisée et a démontrée que le bio était moins favorable pour le développement de la vie microbienne mais surtout des vers de terre. Cet article était intitulé "N'est pas le plus bio celui qui croyait l'être!", comme vous pourrez le constater le titre de l'article parlait de lui même. Ainsi, je pense que tout les modes de culture ont des avantages et des inconvénients et qu'il serait important de dire la vérité au consommateur. Peut-être serait-il important de se pencher sur le HVE, qui, me semble-t-il a un plus grand avenir, puisqu'il est plus en adéquation avec la réalité du métier d'agriculteur et du respect de notre planète.
Daniel NOEL Le 09 novembre 2018 à 18:38:01
Depuis quand des gens dont la certification n'a jamais été demandé peuvent-ils se laisser présentés comme "Pionniers de la Bio".En Gironde ,il y a des domaines viticoles gérés par des vignerons,dont les grands parents étaient en bio et qui a ma connaissance ont toujours assurés de belles récoltes.La démarche bio est réalisée correctement,y compris cette année,par des centaines de vignerons en France et ce ,avec succés.Ce qui est certain,c'est que la bio n'est pas comprise par les investisseurs,pour lesquels la vigne n'est qu'un outil a faire cracher les profits au maximum Daniel NOEL-FOURNIER Fondateur de VINI VITIS BIO
cassy Le 09 novembre 2018 à 18:30:37
Guignol !!! ha ha ha ...
Le chasseur de terroir Le 09 novembre 2018 à 18:21:37
Je soutiens la décision d'avenir du château La font Rochet pour arrêter cette connerie du Bio...
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