LE FIL

Malgré mildiou et sécheresse

La vendange française remonte à 46,7 millions hl de vin

Lundi 08 octobre 2018 par Alexandre Abellan

L’Agreste a révisé à la hausse sa dernière prévision (qui tablait sur 46,1 millions hl), restant bien au-dessus de celle avancée par le conseil spécialisé de FranceAgriMer (visant 44,5 millions hl).L’Agreste a révisé à la hausse sa dernière prévision (qui tablait sur 46,1 millions hl), restant bien au-dessus de celle avancée par le conseil spécialisé de FranceAgriMer (visant 44,5 millions hl). - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Éprouvant pour de nombreux vignerons, le millésime 2018 touche à sa fin et marque un retour global à des rendements moyens. Tous les vignobles voient leur production augmenter, grâce aux conditions climatiques exceptionnelles.

En 2018, le vignoble français récolterait 46,7 millions d’hectolitres de vin selon les dernières estimations des services de la statistique du ministère de l’Agriculture (l’Agreste). Soit une hausse de 27 % de la production vinicole nationale par rapport à l’historiquement faible récolte 2017, marquant un retour à des niveaux moyens (+6 % par rapport à la moyenne quinquennale, impactée par la petite vendange 2013). Précoce, la récolte du millésime 2018 touche à sa fin dans la plupart des vignobles, où l’hétérogénéité des situations se mesure dans les rendements.

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Si tous les bassins viticoles affichent une hausse de leur production moyenne, mais tous ne sont pas logés à la même enseigne. Alors que le mildiou a fortement touché le bassin méditerranéen et la façade atlantique, et que la sécheresse a fait des dégâts localement, les « précipitations favorables de la fin du mois d’août » ont donné un coup de fouet aux volumes avance l’Agreste. Ainsi, les rendements ont atteint des niveaux butoirs en Champagne (3,5 millions hl en 2018, +56 % par rapport à 2017) et dans le Jura (117 000 hl, +154 %). Incluant le Beaujolais, la grande Bourgogne a également évité les catastrophes climatiques, sa production montant à 2,7 millions hl (+21 %). Comme le Val de Loire, dont le vignoble récolterait 3 millions hl (+36 %).

"Toutefois en hausse"

Parmi les vignobles affectés par le mildiou, le Languedoc-Roussillon et le Sud-Est présentent un panorama très hétérogène, masqué par une croissance globale de 18 et 10 % (à 12,3 et 4,7 millions hl). Même disparité dans les vignobles du Sud-Ouest en général et du Bordelais particulier, où la sécheresse s’est ajoutée au mildiou (avec des productions respectives de 3,6 et 5,6 millions hl, pour +19 et +52 %). Également impacté par la grêle, le Cognac retourne cependant à des rendements normaux (8,9 millions hl, +30 %). Localement touchée par la sécheresse (« notamment le gewurztraminer »), l’Alsace récolte également 1,2 million hl (+28 %). Si les conditions climatiques des vendanges ont été favorables dans l’ensemble du vignoble, les pluies ont gêné la récolte corse (315 000 hl, +10 %).

Deuxième pays producteur au monde

En l’état des estimations, la récolte 2018 placerait la France à la place de deuxième nation vinicole mondiale. Maintenant son leadership, l’Italie récolterait une vendange plus ou moins abondante selon les sources : de 49 millions hl pour le ministère italien (+15 %) à 55,8 millions hl pour l’association des œnologues transalpins (+21 %). D’après la Semana Vitivinícola, l’Espagne verrait sa production augmenter de 24 %, oscillant entre 43 et 44 millions hl.

Après une récolte européenne faible en 2017, la hausse est généralisée, l’Allemagne affichant ainsi un bond de 43 % de sa récolte, à 10,7 millions hl selon l’Institut des Vins Allemands.

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