LE FIL

Rentrée littéraire

Quatre livres arrivés à la rédaction de Vitisphere

Dimanche 16 septembre 2018 par AA et MI

Trois des quatre livres arrivés à la rédaction.Trois des quatre livres arrivés à la rédaction. - crédit photo : Marion Sepeau Ivaldi
En cette rentrée littéraire, quatre livres ont atterri sur la table de la rédaction. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il y en a pour tous les goûts. On vous les présente et on vous donne (un peu) notre point de vue.

Une dose romantico-historico-viticole de Vouvray à la Napa

La Fille du maître de chai, de Kristen Harnisch

Entre saga familiale à l’eau de rose et drame féministe La Fille du maître de chai de Kristen Harnisch suit l’histoire de Sara Thibault à la fin du XIXème siècle. Née à Vouvray, la jeune vigneronne berce le rêve de reprendre le domaine familial de Saint Martin. Mais une succession de drames rocambolesques va la forcer à s’enfuir aux États-Unis, où elle devient une employée viticole modèle en Californie. Et nourrit progressivement l’idée de devenir une pionnière de la viticulture en Napa Valley, aux côtés d'un autre exilé ligérien, Philippe Lemieux. Celui qui pourrait simplement être l’amour de sa vie. Du moins si Sara n’avait tué son frère violent, Bastien Lemieux, qui avait épousé et donné un enfant à sa sœur, Lydie Thibaut, morte en couches.

Au-delà des rebondissements attendus et entrelacs familiaux propres à une saga romantique, la Fille du maître de chai peint en toile de fond le drame du phylloxéra pour le vignoble français, tout en mettant en lumière le développement commercial des vins californiens. Ainsi que la place que les femmes ont progressivement réussi à prendre dans la filière, à la seule force de leur combativité.

Le livre est paru ce 5 septembre aux Éditions de l’Archipel. Aux États-Unis, un deuxième tome, California wife, a déjà été publié en 2016 (le premier tome y étant paru en 2014).

 

Tout sur Liber Pater pour muscler sa réflexion sur l’authenticité d’un vin

Le goût retrouvé du vin de Bordeaux de Jacky Rigaux et Jean Rosen

« Retrouver le goût du vin d’autrefois, d’avant le phylloxéra : voilà la mission bien singulière à laquelle s’accroche avec acharnement Loïc Pasquet » affirme Stéphane Derenoncourt qui préface ce livre entièrement dédié à Liber Pater. Si la quatrième de couverture indique que « le but de ce livre n’est pas de lui faire une publicité dont il n’a nul besoin », la simple parution de l’ouvrage participe à construire le mythe autour du vigneron et de son vin. Son propos est d’archiver et de renseigner la recherche effectuée pour retrouver et restituer le goût des vins de Bordeaux tels qu’ils étaient en 1855. De l’histoire à l’encépagement, du terroir à la vinification d’un goût du lieu, le livre détaille chaque étape pour faire éclore ce projet. Il renferme la « profession de foi de Loïc Pasquet » qui affirme que « renoncer aux cépages autochtones francs de pied, c’est renoncer à une parte de notre culture » ou « qu’être vigneron, c’est être un gardien du temple. C’est protéger notre histoire, notre culture mais aussi transmettre et préparer l’avenir. Pour cela, il faut des libertés. Les actes de résistance sont fondés sur des convictions plus fortes et plus justes que les principes que l’Inao défend et veut imposer ». Le livre est donc tout à la fois un voyage technique au cœur d’une quête agronomique et œnologique historique et un pamphlet en faveur d’une approche différente du vin que celle prônée par les institutions diverses. De quoi en apprendre un peu plus sur la démarche d’un vigneron qui suscite à la fois admirations, convoitises et critiques acerbes.

Le livre est paru aux Actes Sud. Il est disponible en format numérique.

 

Celui qui va faire du bruit

Les raisins de la colère, une enquête sur la face cachée des châteaux bordelais d’Ixchel Delaporte

Jounaliste à l’Humanité Ixchel Delaporte a sillonné durant 18 mois les vignobles bordelais. Elle y a rencontré les travailleurs de la vigne et rédigé cet ouvrage qui dévoile la pauvreté à l’ombre des grands châteaux. Ce quotidien est rapporté précisément, sans atermoiement. Seulement la réalité dans toute sa dureté. Après les couteaux aiguisés d’Elise Lucet sur l’utilisation des produits phytosanitaires, c’est donc sur une critique sociale que Bordeaux est pris à partie. L’ouvrage véhicule également largement l’idée d’un lobby du vin et de sa redoutable efficacité politique sur des sujets qui ne se préoccupent pas de la paupérisation des travailleurs et de certains producteurs. Le questionnement est sans doute juste, l’analyse se résume à une opposition des classes. La réalité est sans doute plus nuancée.

Ce livre est paru aux éditions La brune au rouergue.

 

Entre un ballon de rouge et quelques cacahuètes

La vie en Rouge, Lindingre et Laurent Houssin

On ne présente plus Fluide Glacial et son approche satyrique, son esprit potache et son humour parfois disgracieux. L’éditeur livre un opus, préfacé par Pierre Perret, qui rassemble 200 formules et expressions autour du vin et illustré mot à mot. De quoi se perdre dans des dessins rébus et sourire des associations d’idées. On vous laisse imaginer ce que donne « je m’empourpre le tableau » ou « je me sulfate la flore » sous la plume d’Houssin.

Ce livre est paru aux éditions Fluide Glacial.

 

Tags : Livres

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