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La viticulture fortement touchée par la fin des exonérations de charges

Mardi 04 septembre 2018 par Juliette Cassagnes

Jérôme Volle, viticulteur en Ardèche, est vice-président de la FNSEA depuis avril 2017Jérôme Volle, viticulteur en Ardèche, est vice-président de la FNSEA depuis avril 2017 - crédit photo : FNSEA
Selon le vice-président de la FNSEA, la fin des exonérations de charges patronales en viticulture pourrait coûter au secteur 85 millions d'euros.

Comme annoncé mardi 29 août dernier sur Vitisphere, le gouvernement Macron prévoit, dans le cadre de son projet de loi de finances pour la sécurité sociale, de mettre un terme, tout au moins en grande partie, aux exonérations de charges patronales auxquelles ont droit les vignerons lors de l'embauche de travailleurs occasionnels. La mesure entrerait en vigueur à partir du 1er janvier 2019. La FNSEA, via son vice-président et viticulteur Jérôme Volle, en dénonce depuis plusieurs semaines les conséquences désastreuses, notamment pour la viticulture : « Elle sera le secteur le plus fortement impacté, avec 452000 contrats de ce type par an et un coût total de 85 millions d'euros », précise celui-ci. En tenant compte des congés payés, le coût horaire brut d'embauche d'un saisonnier pour un domaine viticole passerait ainsi, selon ses calculs, de 11,70€ à 14€.

"Que les élus fassent reculer le gouvernement"

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Le syndicat agricole craint donc une perte importante de compétitivité des filières agricoles concernées – viticulture, arboriculture, maraîchage, ou encore pépiniéristes - vis-à-vis de leurs concurrents, allemands et espagnols notamment, voire même la disparition de certaines filières, qui souffrent déjà alors même que cette aide existe. « C'est inadmissible, on va accentuer les pertes des productions françaises et signer l'arrêt de certaines filières », prévient l'élu.

Pour faire reculer le gouvernement, le syndicat a décidé, pour les jours à venir, de mobiliser et sensibiliser les élus - députés et sénateurs – sur les impacts que pourrait avoir une telle mesure. L'objectif : « qu'ils fassent pression, dès la rentrée parlementaire qui aura lieu le 12 septembre, sur le gouvernement ». Une seconde rencontre avec le 1er ministre a aussi eu lieu ce jeudi 31 août, pendant laquelle le sujet a été abordé. Enfin, une Commission syndicale aura lieu le 5 septembre prochain, pendant laquelle il sera décidé « des suites à donner ». Il n'y a donc pas, en tous cas dans l'immédiat, d'appel à manifester de la part de la FNSEA (contrairement à ce qui est indiqué dans l'article AFP paru le 28/8/18).

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