LE FIL

Au salon de l'agriculture

« Pas une ombre de désaccord avec Macron »

Samedi 24 février 2018 par Bertrand Collard
Article mis à jour le 27/02/2018 11:05:28

Emmanuel Macron avec Maxime Michel du domaine Mas de Valeriole à Arles dont il a goûté le vin sur le Pavillon des vins au salon de l’agriculture à Paris. À droite Coline Branger, œnologue.
Emmanuel Macron avec Maxime Michel du domaine Mas de Valeriole à Arles dont il a goûté le vin sur le Pavillon des vins au salon de l’agriculture à Paris. À droite Coline Branger, œnologue. - crédit photo : Bertrand Collard
Plaisir du vin, prévention des dangers de l'alcool, transition écologique : le courant est bien passé entre les responsables de la filière et Emmanuel Macron au salon de l'agriculture ce 24 février.

« Il a une pointe salée qui reste, un nez superbe d'agrumes. Je l'apprécie beaucoup. C'est un très beau vin ». Emmanuel Macron a savouré la « pépite » que le sommelier Etienne Laporte lui a fait goûter : la cuvée Cham-Cham du Mas de Valériole, un assemblage de vermentino et de chardonnay issu des meilleures parcelles de cette propriété basée à Arles.

Le président de la République a également apprécié que ce vin lui soit présenté par le fils du producteur, Maxime Michel, qui vient tout juste de rejoindre son père et son oncle sur l'exploitation. Le jeune œnologue de 27 ans lui a expliqué la particularité de son terroir camarguais, salé car situé seulement à deux ou trois mètres au dessus du niveau de la mer. Il lui a décrit l'élevage des vins. Mais il n'a pas abordé de questions syndicales ou politiques. « Je laisse ça à d'autres, mieux qualifiés que moi », nous a-t-il expliqué.

En harmonie

Ces questions politiques et syndicales, Emmanuel Macron venait tout juste de les aborder avec Jean-Marie Barillère, président du Cniv et Jérôme Despey, président du conseil des vins de FranceAgriMer. Mais à l'abri du regard de la presse, à l'intérieur de l'espace privatif du Pavillon des vins du salon de l'agriculture. Le président de la République y est resté entre 16 h 45 et 17 h 05 ce samedi 24 février. Il était accompagné du ministre de l'Agriculture et de sa conseillère agricole.

Les deux responsables professionnels sont sortis ravis de ces 20 minutes de discussion. « Nous n'avons pas perçu une ombre de désaccord entre ce que nous avons mis dans notre plan de filière et ce que le président a dit. »

Lutter contre la consommation excessive

S'agissant de la politique de santé publique : « il nous a redit qu'il n'était pas question de stigmatiser le secteur viticole, affirme Jérôme Despey. Il veut lutter contre la consommation excessive qui cause des ravages au sein de la jeunesse. Il souhaite que la filière viticole soit une force de proposition sur la prévention. »

Autre sujet au menu des discussions : la transition écologique. « Nous lui avons dit que cela entraînerait un coût supplémentaire, que nous ne pouvons pas nous passer de fongicides à l'heure actuelle, indique Jean-Marie Barillère. Nous avons expliqué qu'il fallait avancer sur les cépages résistants. Il nous a répondu qu'il comptait sur nous pour aller vite. Il nous a assuré qu'il serait pragmatique sur les impasses techniques ou économiques et qu'il avait conscience de l'effort qui nous est demandé. »

Le glyphosate : un sujet pas abordé

Mais aucun point précis n'a été abordé : pas question de parler du glyphosate, par exemple. « Nous verrons cela avec le ministre de l'Agriculture. Avec le président de la République, il s'agissait de faire le point sur les grandes orientations », détaille Jean-Marie Barillère. Emmanuel Macron a encore confirmé que le plan d'investissement dans l'agriculture servirait à financer la transition écologique. Il a admis que l'accès aux marchés étrangers était vital pour le développement de la filière viticole.

Des échanges autour d'un verre de champagne Roederer brut premier, choisi par Etienne Laporte pour illustrer l'esprit et la noblesse de la viticulture. « Je lui ai expliqué que c'est un champagne d'équilibre, mais que l'équilibre pour nous ne résulte pas de deux forces qui s'annulent, mais de deux forces qui se complètent. Ce champagne vineux et élégant, complexe et subtil ». Une variante du fameux « en même temps » cher à Emmanuel Macron.

C'est donc l'air ravi qu'il est sorti de l'espace privatif du Pavillon des vins pour se rendre, à sa demande, derrière le bar du stand du pavillon où le public vient apprendre à déguster. De là, les photographes ont pu le mitrailler savourant la cuvée Cham-Cham, puis le Moulin à Vent du domaine des Jacques. Pendant que Stépane Travert décodait la mise en scène : « nous sommes là pour valoriser une production qui fait la richesse de notre balance commerciale ».

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