LE FIL

Malgré le gel et la sécheresse

Le salon Sitevi fait le plein de visiteurs en 2017

Jeudi 30 novembre 2017 par Alexandre Abellan
Article mis à jour le 01/12/2017 08:55:11

La nuit et le rideau tombent sur le Sitevi 2017. Si les allées se sont vidées, les axes routiers de sortie  du parc des expositions sont embouteillées.La nuit et le rideau tombent sur le Sitevi 2017. Si les allées se sont vidées, les axes routiers de sortie du parc des expositions sont embouteillées. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Ce n’était pas gagné, mais la quarantième édition du salon technique montpelliérain se conclut sur un record de visiteurs qui a irrigué tous les stands, et satisfait tous les exposants (tant qu’il n’est pas question de prix).

Dès le premier jour d’ouverture, les craintes ont fondu sous le soleil de Montpellier : les vignerons se sont pressés dans les allées du Sitevi malgré la récolte historiquement basse. À la clôture du salon, la satisfaction est aussi globale qu’unanime auprès des exposants, faisant état d’une forte affluence. Les chiffres officiels de l’organisateur, Comexposium, confirment cette progression, avec 57 000 entrées, soit une hausse de 5 % par rapport à l’édition 2015. Soit un record de visiteurs professionnels à la clé. Sans oublier un peu de scolaires et surtout des visiteurs étrangers, particulièrement ciblés cette édition (+ 10 %).

« Le Sitevi est une fenêtre ouverte sur tout le vignoble. On y voit tous nos clients, mais aussi de nombreux prospects étrangers : de Suisse, du Liban, d’Algérie, d’Argentine… Même de Chine » se réjouit Maxime Lemoing, responsable technique du fournisseur de phyto Vivagro. « Le bilan est très satisfaisant. Nos entreprises sont ravies par la fréquentation et très contentes par le climat d’affaires très favorables » renchérit Miguel Angel Sobas, le directeur du cluster Vinseo, qui revendique le titre de premier exposant en surface du Sitevi.

Résilience

Sur toutes les lèvres, la petite récolte 2017 touche logiquement les fournisseurs du Sitevi. Si le souvenir d’une édition 2015 portée par la bonne santé du vignoble méditerranéen éveille encore de la nostalgie, le vignoble a montré sa résilience et sa capacité à se projeter. « On s’attendait à plus de difficultés. Il est presque improbable qu’il y ait eu autant de projets d’investissement » pouvait-on entendre sur le stand d’un constructeur de machine d’embouteillage. « La filière est forte, les visiteurs ont compris que la technologie est un levier important pour améliorer leur rentabilité et la régularité de leur production » salue Martine Dégremont, la directrice du salon Sitevi (Comexposium).

Si l’ambiance du Sitevi n’était pas à la dépression collective, l’ambiance n’était pas pour autant à la pleine confiance. Alors que les effets sur la trésorerie se feront sentir en 2018, les acheteurs se montrent plus frileux. « Le gel, la coulure et la sécheresse n’ont pas d’effet visible sur l’affluence du stand, mais on voit que les projets qui existent ne sont pas prêts à être signés tout de suite. Il y a une attente de 2018, les vignerons font trop confiance à leurs comptables ! » plaisante Loïc Morel, du groupe Sicoit concessionnaire en Drôme et Ardèche pour le constructeur New Holland.

"Trop cher... Par rapport à quoi ?"

Sous le vernis de la satisfaction globale, les critiques persistent, comme pour tout salon, notamment face à la dernière augmentation du prix des stands. En hausse de 4 % par rapport à l’édition 2015, les coûts font tousser. Sur le ton de la plaisanterie, certains exposants comparent déjà les prix du Sitevi 2019 avec ceux du SIMA (avec ces dates plus adaptées au marché du machinisme pour le salon montpelliérain). Tandis que d’autres évoquent clairement la possibilité de boycotter la prochaine édition. « Le salon Vinitech de Bordeaux avait déjà trop augmenté ses prix et nous avait décidés à ne plus y aller. Si le Sitevi continue sur cette lancée, nous ne viendrons plus » avertit Laurent Naudet, le chef de produit Phyteurop. « Trop cher… Mais par rapport à quoi ? Nous avons accueilli 100 nouveaux exposants et affichons complet » tacle Martine Dégremont.

Incontournable

« Tous les deux ans, on sait qu’il va y avoir une hausse de 3 à 5 % des prix des stands. C’est une inflation annuelle que l’on retrouve aussi chez les fournisseurs viticoles » relativise pour sa part Pauline Terrisse, la responsable des achats du fabricant de machines Gard Potelières. Le salon Sitevi se positionnant pour elle en rendez-vous stratégiquement incontournable : « sinon, on ne viendrait pas ! » conclut l’exposante, déjà prête à envisager un retour en 2019.

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