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Après 6 ans de débats

Reconstruction de la pyramide médocaine des crus bourgeois en 2020

Vendredi 27 octobre 2017 par Alexandre Abellan

 Suite à des dégustations à l’aveugle, « chaque propriété candidate sera notée avec une lettre : A pour le niveau cru bourgeois exceptionnel, B pour cru bourgeois supérieur, C pour cru bourgeois et D pour les vins insuffisants » explique Olivier Cuvelier.
Suite à des dégustations à l’aveugle, « chaque propriété candidate sera notée avec une lettre : A pour le niveau cru bourgeois exceptionnel, B pour cru bourgeois supérieur, C pour cru bourgeois et D pour les vins insuffisants » explique Olivier Cuvelier. - crédit photo : Alliance des Crus Bourgeois du Médoc
Le plan de contrôle du nouveau classement des crus bourgeois vient d’être adopté en assemblée générale. Reste à convaincre l’administration, pour espérer voir revenir les grands noms ayant déserté le classement.

« Aujourd’hui, nous parlons d’une seule voix. La porte d’une nouvelle procédure de classement a été ouverte par les adhérents » peut souffler Olivier Cuvelier, ce 26 octobre après l’assemblée générale de l’Alliance des Crus Bourgeois du Médoc qu’il préside. 79 % des suffrages exprimés ont adopté le plan de contrôle d’un classement 2020 devenant quinquennal (pour les millésimes 2018 à 2022) et passant à trois niveaux (cru bourgeois, cru bourgeois supérieur et cru bourgeois exceptionnel). Mettant un terme à la reconnaissance annuelle qui existe depuis 2010 (pour le millésime 2008), ce vote permet à Olivier Cuvelier d’achever le chantier lancé en 2011 par son regretté prédécesseur, Frédéric de Luze. Adopté l’an dernier, le projet de classement quinquennal est désormais complété, et précisé, par un plan de contrôle (suivi par Qualibordeaux Certification).

"Ce classement aura toutes les chances d’être attaqué"

« Il ne reste plus qu’à convaincre nos ministères de tutelle » lance Olivier Cuvelier, qui espère qu’un décret sera finalisé pour la fin d’année. Pour s’assurer de la réussite du projet, il a fait étudier le cahier des charges et son plan de contrôle par des experts juridiques pour le renforcer. Ce qui a conduit à une évolution des modalités de la période de transition (voir encadré), mais ne devrait pas empêcher le futur classement d’éviter des poursuites juridiques. « Il faut partir du principe que toute construction humaine est attaquable. Il y a toutes les chances d’être attaqué par des châteaux mécontents » pose, non sans fatalisme, Olivier Cuvelier. Témoignant du souvenir, cuisant, de l’annulation du classement de 2003.

Pyramide

Mais au-delà des aléas juridiques, le nouveau classement quinquennal a l’ambition de faire gagner en lisibilité et attractivité la catégorie. « Le passage au rythme annuel et à une seule catégorie a conduit à un affaissement du prix moyen des crus bourgeois » souligne Olivier Cuvelier. « Il faut refonder une pyramide de crus bourgeois, avec des prix positionnés juste en dessous des grands crus classés en 1855 » annonce le négociant, qui ne cache pas son désir de voir revenir les prestigieuses propriétés médocaines ayant quitté l’Alliance après l’annulation du classement de 2003. « Nous sommes ouverts à tous. Si l’on pouvait revoir les crus bourgeois exceptionnels de l’époque, ce serait un plus pour tous » conclut-il.

Cahier des charges

Si les millésimes 2016 et 2017 seront encore soumis à la méthode de sélection annuelle (via une dégustation), les crus bourgeois passeront au classement quinquennal à partir du millésime 2018 (à partir de dégustations sur cinq millésimes commercialisés). Dans la pratique, une mesure transitoire sera mise en place pour le premier classement de 2020 : les propriétés ayant obtenu la mention cru bourgeois sur un minimum de cinq millésimes durant les huit sélections précédentes pourront d’office revendiquer le niveau de base cru bourgeois. Pour revendiquer les mentions supérieures (cru bourgeois supérieur et cru bourgeois exceptionnel), il sera cependant obligatoire de passer par une dégustation et de déposer un dossier, qui conduira à des visites contrôles.

Répondant à une philosophie moins normaliste que le projet retoqué il y a deux ans par les adhérents, le système s’articule principalement sur la note donnée à cinq millésimes dégustés à l’aveugle. « La seule porte d’entrée, c’est la dégustation. C’est ce qui donne une idée de la qualité réelle d’une propriété » pose Olivier Cuvelier, qui ajoute que « ce n’est pas important d’avoir tel pourcentage de barriques neuves ou tel accueil œnotouristique. Les dossiers seront étudiés par des experts dans la logique qualitative de production de chacun. »

Et dans tous cas, deux contrôles inopinés seront réalisés pendant les cinq ans que dure le classement.

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