LE FIL

Qui va perdre des millions ?

2017, la plus petite vendange mondiale depuis 56 ans

Mardi 24 octobre 2017 par Alexandre Abellan

« Il y a toujours eu des années exceptionnelles. Dans un sens ou dans un autre. En 1956, toutes les vignes françaises avaient gelé. En 2013, la production mondiale atteignaient des records » pondère Jean-Marie Aurand, ce 24 octobre à Paris (VIIIème).« Il y a toujours eu des années exceptionnelles. Dans un sens ou dans un autre. En 1956, toutes les vignes françaises avaient gelé. En 2013, la production mondiale atteignaient des records » pondère Jean-Marie Aurand, ce 24 octobre à Paris (VIIIème). - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Enregistrant la plus petite récolte mondiale depuis 1961 à cause du gel printanier et de la sécheresse estivale, l’OIV tempère l’impact macroéconomique de ce bas niveau historique en s’appuyant sur les stocks.

Mondialement, « c’est une récolte historiquement faible. Il faut remonter en 1961 pour avoir un niveau plus bas » résume Jean-Marie Aurand, le directeur général de l’Organisation Internationale de la Vigne et du Vin (OIV). Ce 24 octobre, lors de sa conférence de presse il a en effet annoncé que la production viticole mondiale tomberait à 246,7 millions d’hectolitres en 2017. Soit une baisse de 8 % par rapport à l’an passé, chutant de 22,1 millions d’hectolitres en un an, la production mondiale arrive à un niveau plancher.

Ce qui s’explique évidemment par « les évènements climatiques qui ont affecté les vendanges, principalement dans l’Europe de l’Ouest. Les gelées de printemps auxquelles s’est ajoutée la sécheresse, avec de petits raisins et peu de jus à presser » rapporte Jean-Marie Aurand. La France perdrait ainsi 8,5 millions hl en 2017, tombant à 36,7 millions hl (-19 %). Récoltant 11,6 millions hl en moins, l’Italie garderait la position de premier pays producteur au monde (-23 %). L’Espagne encaisse une chute de 5,8 millions hl, pour une récolte estimée à 33,5 millions hl (-15 %).

"On ne va pas manquer de vin !"

Se voulant rassurant, Jean-Marie Aurand écarte tout risque de pénurie dans l’approvisionnement des marchés à court terme. S’appuyant sur les dernières données sur les stocks français (31,5 millions hl pour la production et 22,4 millions hl pour le négoce, soit +7 et +5 % en un an selon les douanes à la fin juillet). « Il n’y a pas de raisons qu’il n’y ait pas les mêmes tendances en Italie et en Espagne après les bonnes récoltes 2016. Avec une seule petite récolte, on peut lisser l’impact de manière interannuelle. Je ne dis pas qu’il n’y aura pas de tensions à l’échelle de certaines régions, mais globalement, on ne va pas manquer de vin » précise le secrétaire de l’OIV.

Son analyse macroéconomique se base également sur des tendances de récolte pour le moins contrastées dans le reste du monde. En Amérique du Sud, les productions s’annoncent ainsi très disparates entre la forte récupération du Brésil, cette année épargné par El Niño (+169 % à 3,4 millions hl), et une nouvelle année faible pour le Chili (9,5 millions hl, -6 %). A priori peu affectés par les incendies californiens, les États-Unis auraient une production stable (23,3 millions hl, stable), comme l’Afrique du Sud (10,8 millions hl), l’Australie (14 millions hl) ou la Nouvelle-Zélande (2,9 millions hl). Pays dont les vins devraient être particulièrement présents sur les marchés mondiaux dans les prochains mois. Ce qui n’était pas le cas en 1961, et rebat les équilibres de cette production historiquement faible.

Cliquer ici pour accéder à l'ensemble des statistiques présentées par l'OIV.

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