LE FIL

Primeurs 2015

Fortes hausses des cours, pas des cotes

Jeudi 30 juin 2016 par Alexandre Abellan

e marché a été soufflé par la hausse du château Mission Haut-Brion : +107 %, pour atteindre 300 €/col ce 15 juin.e marché a été soufflé par la hausse du château Mission Haut-Brion : +107 %, pour atteindre 300 €/col ce 15 juin. - crédit photo : Domaine Clarence Dillon
Avec des hausses de prix et des sorties de grands crus montant crescendo, la conclusion de cette campagne laisse cependant un bilan mitigé.

Ayant pris le temps d'arriver progressivement aux étiquettes les plus prestigieuses, la campagne des primeurs 2015 s’est emballée lors de sa conclusion, cette mi-juin. Après des semaines d’attente fébrile, les premiers grands crus classés du Médoc se sont soudainement bousculés, avec une stratégie de prix tenant résolument du copier/coller. Les similitudes sont en effet criantes entre les châteaux Margaux (sortis ce 13 juin à 384 €/col départ négociant, soit +60 % par rapport au millésime 2014), Haut-Brion (ce 15 juin à 385 €, +60 %) et Mouton Rothschild (ce 16 juin à 384 €, +60 %). Le château Lafite Rothschild jouant quant à lui sa propre partition (ce 20 juin à 420 €, +46 %).

Sur la rive droite, les premiers grands crus classés de Saint-Emilion semblent également s'être calés selon leurs affinités. Les châteaux Angélus et Pavie sont sortis le 14 juin à 252 € (+40 %), tandis que les deux crus classés A d’avant 2012, Ausone et Cheval Blanc, sont sortis ce 21 juin à 540 € (+50 %).

Metteurs en marché

Portées par la bonne image du millésime et le souvenir de trois précédentes campagnes difficiles, les premiers grands crus classés ne se sont donc pas privés d’afficher fiérement de fortes hausses. Des augmentations à la fois déconnectées du reste de la campagne (la plupart des propriétés oscillant entre +5 et +30 %) et des appels à la raison de nouveau répétés par les négociants (comme à chaque campagne critique-t-on dans les châteaux).

Sur la place de Bordeaux, le constat d’un nouveau rendez-vous manqué est amèrement partagé. Si la semaine des primeurs a fait la preuve de sa pertinence, du moins sur un millésime attendu, les grandes propriétés n’ont pas joué le jeu du collectif en fixant de telles hausses, estime le négoce. Et il se murmure que les plus grandes étiquettes sont loin d’avoir réussies leur mise en marché.

"Les augmentations n’ont cessé d’augmenter avec l’avancée de la campagne"

A l’étranger, on trouve autant de surprise que d’incrédulité face à ces hausses, aussi généralisées que marquées. D’après un sondage du site d’analyse Liv-Ex, réalisé auprès de ses 440 utilisateurs en avril, tous les acheteurs en primeur s’attendaient à des hausses*, mais pas à un tel niveau. Les augmentations étaient anticipées aux alentours de +18 % sur une sélection de crus, alors qu’elles ont atteint 46 %. « Une hausse significativement supérieure à ce qui été attendu. Et les augmentations n’ont cessé d’augmenter avec l’avancée de la campagne » résume le site.

 

* : Il faut rappeler que dès le début de la semaine des primeurs 2015, du 4 au 8 avril 2016, les propriétés ne cachaient pas leur volonté d’une montée en prix.

L’effet surprise du Brexit

Inattendu, le résultat du référendum britannique sur la sortie de l’Union Européenne a immédiatement causé une chute de la livre sterling. Ce qui a entraîné un arrêt net de la campagne des primeurs à Londres rapporte le site Decanter. Si l’effet de change a mis un point final aux achats anglais (augmentant les prix de 10 %), ils étaient cependant quasiment achevés notent les experts de Liv-Ex.

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