LE FIL

Retour sur investissement

Vinexpo 2017 veut se poser en salon d’affaires

Vendredi 24 juin 2016 par Alexandre Abellan

Champenois de coeur, Guillaume Deglise a pris depuis trois ans la direction du salon Vinexpo (émanant de la Chambre du Commerce et de l'Industrie de Bordeaux).Champenois de coeur, Guillaume Deglise a pris depuis trois ans la direction du salon Vinexpo (émanant de la Chambre du Commerce et de l'Industrie de Bordeaux). - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Résolument business, le prochain salon bordelais invite 200 acheteurs internationaux, ouvre un stade à 200 vignerons bio et commercialise une nouvelle offre de stand (6 m2 pour 2 000 €).

« Les annonces de l’édition 2017 sont peut-être moins spectaculaires que les nouveautés de l’édition 2015, mais elles sont plus importantes que l’ouverture de restaurants » pose Guillaume Deglise, le directeur général du salon Vinexpo. A 360 jours de son prochain salon bordelais, l’organisateur martèle son idée de ne pas seulement louer des emplacements, mais d’animer un évènement majeur dans le calendrier de la filière. Après une édition 2015 rénovée dans la forme, il s’attaque à un problème de fond. « Notre axe business doit être renforcé. Après avoir, il est vrai, été mis à mal ces derniers temps » reconnaît sans ambages Guillaume Deglise.

Au-delà du changement de format (avec quatre jours de salon, et plus cinq*), Vinexpo tente d'adapter son évènement à une demande pressante de ses exposants : attirer plus d’acheteurs. Et améliorer le retour sur investissement.

200 acheteurs internationaux, tous frais payés

Pour la première fois, le salon invitera des distributeurs et importateurs, qu’il s’agisse de grands comptes établis, ou de nouveaux opérateurs (issus de la vente-en-ligne, de marchés émergents...). « Nous identifions 200 acheteurs internationaux représentatifs de marchés ou de réseaux porteurs » précise Guillaume Deglise. « L’idée est d’apporter du business additionnel. Et il n’est pas exclu que l’on aille chercher des distributeurs qui ne vont plus à Vinexpo, notamment en Europe du Nord et en Europe de l’Est. » Ces 200 invités devront répondre à une exigence : participer à des rendez-vous quotidiens "One to Wine" (entre quatre et six meetings par jour). Il s’agit du service de prise de rendez-vous entre visiteurs et acheteurs, testé en 2015 et ouvert à tous les exposants en 2017 (sans frais supplémentaires).

Le vol et l’hébergement de ces invités étant pris en charge par Vinexpo, l’organisateur va allouer 200 000 euros à ce programme "Hosted Buyers".

200 vignerons bio, et affiliés, réunis au nouveau stade bordelais

Pour séduire des cavistes et sommeliers désertant progressivement Vinexpo, le salon va installer au stade Matmut Atlantique une sélection internationale de vins bio et avoisinants. « Nous ne prenons pas de parti entre les vins bio, en biodynamie, nature, organic ou ecologico. Nous montrons une tendance du marché » prend soin de préciser Guillaume Deglise. En fédérant sous une bannière les vins non-conventionnels, Vinexpo espère attirer à terme d’autres démarches collectives. Comme le salon off de Renaissance des Appellations.

Des navettes relieront le stade au parc des expositions, afin de garder l’unité du salon.

Offre de stand élargie aux petits exposants

« Vinexpo a parfois la réputation d’être trop cher » rapporte, du bout des lèvres, Guillaume Deglise. « Nous proposons désormais une offre de stand équipé à partir de 6 mètres carrés, pour environ 2 000 euros » précise-t-il. Ne pouvant pas être partagés par plusieurs exposants, ces stands sont calibrés pour les petits propriétaires, n’ayant jamais envisagé d’exposer à Vinexpo. Ce qui pourrait étoffer l’offre de Vinexpo à destination des cavistes et distributeurs.

Précédemment, la plus petite formule de stand-équipé était de 5 000 € pour 16 m2. A noter que pour les autres stands, les prix ont été gelés par rapport à 2015.

 

La dix-neuvième édition du salon Vinexpo se tiendra à Bordeaux du 18 au 21 juin 2017. A noter que le pays invité d’honneur sera l’Espagne (après les Etats-Unis en 2015).

 

* : « On aura quatre jours pleins, du dimanche au mercredi. Le jeudi avait mauvaise réputation. On disait qu’il n’y avait personne, que les exposants partaient tôt, que des badges étaient échangés… » énumère Guillaume Deglise.

Concurrence à fleurets mouchetés

Avant son prochain salon à Bordeaux, Vinexpo passe une année 2016 asiatique : à Tokyo les 15 et 16 novembre prochains, après Hong-Kong en mai dernier. Dévoilée la veille de l’inauguration de ce dernier salon, l’annonce de Prowein d’ouvrir une antenne Prowine Hong Kong est restée en travers de la gorge de Guillaume Deglise. « C’est une pratique agressive qui ne me serait jamais venu à l’idée » glisse-t-il.

S’il juge qu’actuellement il y a de nombreux salons, n’allez pas lui dire qu’il trouve l’inspiration du Vinexpo nouveau dans la simplicité d’un Millésime Bio ou l’axe pro-business d'un Prowein. « Si nous proposons des initiatives, ce n’est pas contre un salon, mais pour aider les exposants et visiteurs en montrant les tendances du marché. Comme en nous focalisant sur les rosés et effervescents en 2015 » se défend-il.

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