LE FIL

Verdissement de la qualité

Vers une intégration de l’agro-écologie dans les signes de qualité

Mercredi 06 janvier 2016 par Marion Sepeau Ivaldi

Jean-Charles Arnaud, président de l'INAO, adresse ses voeux en présence de Jacques Graveageal, président du Comité des IGP viticoles et de Stéphane le Foll, ministre de l'agriculture
Jean-Charles Arnaud, président de l'INAO, adresse ses voeux en présence de Jacques Graveageal, président du Comité des IGP viticoles et de Stéphane le Foll, ministre de l'agriculture - crédit photo : INAO
A l’occasion de ces vœux à l’INAO, le 5 janvier, le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll a annoncé la mise en place d’un groupe de travail destiné à étudier les modalités de l’intégration des principes de l’agro-écologie dans les cahiers des charges.

L’intégration de pratiques environnementales dans les cahiers des charges des indications géographiques est un véritable serpent de mer. Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture, semble résolu à en finir avec la doctrine qui voulait qu’un signe de qualité ne régisse uniquement les facteurs de qualité, sans se préoccuper de ses effets sur l’environnement. Il a répondu favorablement à la demande de Jean-Charles Arnaud, président du Conseil Permanent de l’INAO, d’offrir la « possibilité d’appliquer dans nos procédures, la politique [du ministre de l’agriculture] en faveur de l’agro-écologie ».

Des propositions pour le salon de l'agriculture

Le ministre a ainsi indiqué qu’il demandait la formation d’un groupe de travail chargé de trouver un accord sur la stratégie de l’agro-écologie et celle des indications géographiques. « Ce groupe de travail devra me remettre ses conclusions d’ici le salon de l’agriculture » a indiqué Stéphane Le Foll. Quatre axes de travail ont été définis : le lien au territoire, l'environnement, l'organisation sociale et collective et la répartition de la valeur ajoutée.

L’annonce a été saluée par Christian Paly, président du Comité national des Appellations d’Origines viticoles l’INAO : « l’impossibilité pour les AOP d’opposer à des tiers la mise en place de mesures agro-environnementales est une source de frustration ». Les appellations qui n’avaient que des Chartes pour assouvir leur envie de verdissement vont-elles demain pouvoir rendre obligatoires certaines mesures environnementales ? En coulisse, les observateurs restaient sceptiques.

 

 

 

 

 

 

Coexistence avec les marques régionales
En 2015, l’INAO a expérimenté avec l’Aquitaine et Midi-Pyrénées, un dispositif permettant d’assurer la cohérence entre la marque régionale Sud-Ouest et les indications géographiques. Le président de l’INAO, Jean-Charles Arnaud, a annoncé, lors des vœux 2016, que l’Institut allé « très prochainement adresser, en concertation avec les DRAAF, une proposition de méthode susceptible d’être appliquée pour rendre cohérent le développement d’une identité régionale et même complémentaire, de nos indications géographiques ».

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Paul Barre Le 23 janvier 2016 à 16:01:00
Même si je ne partage pas toute la politique agricole de notre époque et particulièrement du CIVB, il faut leur reconnaître que face aux pratiques d’utilisation d’engrais chimiques et de pesticides, il y a une volonté d’améliorer les pratiques environnementales de notre agriculture qui depuis un siècle n’a pas peut-être été si sage et si savante malgré la masse qu’elle représente. Est-elle sure qu’en restant dans une approche purement et uniquement matérialiste elle sera capable de résoudre la problématique des maladies ? La connaissance du monde paysan étroitement lié à une connaissance du Cosmos a traversé les millénaires et après une éclipse d’un siècle doit être repris en considération car personne peut affirmer qu’au-delà du monde des sens il n’y a rien. (Dans Faust Goethe pose cette interrogation « Dans ton Néant j’espère trouver le Tout ») Le Ministère, l’INAO, le CIVB prennent en considération l’agro-écologie, il ne faut pas bouder. Les Systèmes de Management Environnemental voient le jour. C’est bien ensemble que NOUS pouvons progresser. En regroupant au sein de même SME des viticulteurs représentant aussi bien l’agriculture raisonnée, l’agriculture biologique et l’agriculture biodynamique, l’interprofession saisie bien l’importance du NOUS. Au Grand Palais, mercredi 20 janvier à l’occasion du 8eme forum environnemental l’enthousiasme des cadres qui portent le SME était manifeste et le NOUS des groupes existants invite à s’insérer dans leur dispositif. Bien sûr le prix de la prestation est à mes yeux démesuré et aurait mérité d’être abordé mais le temps manqué. L’idée de ses groupes je l’espère est bien de mettre dans une même base de donnée nos expériences sans avoir peur de l’autre. Un SME prendrait encore plus de poids si nous ne restions pas fermer dans la catégorie « Viticulture » mais de pouvoir retrouver également des éleveurs et des céréaliers. A partir d’une MINUSCULE graine apparaîtra de belles plantes. Mon analyse doit être médiocre car Il existe peut-être dans l’anonymat d’un pseudo des êtres d’exception qui savent qui ne doit pas faire partie du NOUS, du TOUT.
craoux Le 22 janvier 2016 à 22:08:50
Message au dénommé "ROL" ! ... je note que la plupart de vos prises de position sont celles d'un olibrius qui ne sait raison garder. Je me demande bien pourquoi le modérateur de Vitisphère ne censure pas la plupart de vos élucubrations !
rol Le 18 janvier 2016 à 09:55:40
Comment osez vous employer le NOUS...agriculteurs ..paysans...??? Vous n'etes qu'une bande d'illuminés religieux , sectaires , intégristes( comme les Djihadistes) qui proclamaient ,comme eux ,détenir la lumiere céleste (foures)... qui n'etes qu'une poignée miniscule par rapport aux vrais paysans qui eux savent.... Alors la prochaine charrette, qui convient parfaitement à des ménestrels , en partance pour Mars , Orion ,ou Andromède va passer...par pitié ..Prenez la et laissez nous nous occuper de la nourriture des pauvres Terriens.......
Paul Barre Le 16 janvier 2016 à 14:21:37
C’est avec bonheur que je prends connaissance de la demande de Jean-Charles Arnaud, président du Conseil Permanent de l’INAO de vouloir tenir compte de l’agro-écologie. Même tardivement, cette demande exprime l’engagement pris à la base par un nombre grandissant de paysans face à la faillite de l’agriculture industrielle. N’oublions pas que l’agriculteur ne pollue par philosophie. Il le fait car l’intelligence qu’a développée l’homme est allée beaucoup plus vite que sa capacité à développer sa moralité. Monsieur Christian Paly, président du Comité national des Appellations d’Origines viticoles l’INAO constate « l’impossibilité pour les AOP d’opposer à des tiers la mise en place de mesures agro-environnementales est une source de frustration ». Monsieur le ministre Stéphane Le Foll a demandé la formation d’un groupe de travail chargé de trouver un accord sur la stratégie de l’agro-écologie et celle des indications géographiques. Dans son Commentaire Albert touche du doigt un point crucial, la capacité de l’UE d’aller soutenir cette démarche. Les lois et règlementations décidées par l’UE sont-elles une expression de la démocratie ou des intérêts de quelques grands lobbies présents dans les couloirs de ses parlements ? C’est à la base que nous devons nous organiser car il n’y a que l’individu qui peut poser un acte libre. Nous pouvons commencer par préciser les termes du document qui nous lie à l’ODG pour y être accrédité. Au lieu de dire «Engagement de l’Opérateur» vous pouvez mettre «Engagement du Vigneron» Nous pouvons nous engager à respecter des conditions de productions mais en précisant que celle qui sont respectueuses du terroir. Ce ne sont peut-être que des mots mais ils ont un sens qui représente l’identité du vigneron et ne mettent absolument pas en cause la pratique de votre voisin et qui est peut-être bien aussi un ami. Les règles définies doivent permettre de rassembler la diversité des vignerons au sein d’un bien commun qu’est notre terroir mais en respectant les choix culturels et économiques de chacun sans que nos actions extérieures ne puissent perturber nos semblables. Il serait beaucoup plus avantageux d’abroger ce système punitif, car pour que cela fonctionne il faudrait demander à cette oligarchie décisionnaire d’être exemplaire et non pas se réfugier derrière des textes de lois dictés par une puissance économique ou idéologique. N’oublions pas qu’en face de toute loi qui nous est seulement imposée, nous nous sentons non libres et inefficaces. Nous pourrons retrouver une agriculture qui remplit véritablement son rôle de nourrir et non pas empoisonner, de maintenir un territoire fertile et non pas stérile, en partageant l’expérience de son voisin par des échanges et non pas par des contraintes. Nous les paysans, agriculteurs, cultivateurs, vignerons nous avons de vraies compétences, prenons le temps de les partager ensemble et prenons quelques distances vis-à-vis des techniciens, mais laissons nos cœurs se remplir des chants des ménestrels qui eux, ne cherchent en rien à nous convaincre. Avec le terme d’Agro-Ecologie, veillons à ne pas tomber dans la même illusion que le terme d’agriculture raisonnée. Changer la couleur de l’emballage, ne veut pas dire que le produit a changé
albert Le 06 janvier 2016 à 14:19:09
Chiche ! ... on ne peut qu'approuver l'idée ... question : est-ce que l'UE acceptera que les EM valident l'intégration de contraintes agroenvironnementales dans les CDC d'IG ? ... Remarque: si c'est Ok pour l'UE et que les CDC intègrent ces contraintes, les Plans de contrôle seront modifiés et prévoiront nécessairement les contrôles "terrain" ad hoc ... j'imagine que ça aura un coût si c'est BIEN FAIT (taux de contrôle ?) ... pourvu que ce "verdissement" des CDC ne soit pas qu'un effet d'affichage car on sait d'avance qu'il y aurait des débats filandreux et des contorsions politico-administratives pour limiter la portée contraignante - et le coût - du contrôle externe (je vise en effet ce contrôle que je trouve le seul pertinent) sur ce point ...
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