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VCI vin rouge : Bordeaux tire le bilan de son expérimentation et propose des améliorations
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La mise en réserve d'une demi-récolte est au cœur de la pérennisation du VCI rouge...
VCI vin rouge : Bordeaux tire le bilan de son expérimentation et propose des améliorations

Par Alexandre Abellan Le 13 février 2015
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VCI vin rouge : Bordeaux tire le bilan de son expérimentation et propose des améliorations
A

près cinq ans d'expérimentation dans 17 AOC bordelaises rouges*, les derniers résultats du Volume Complémentaire Individuel (VCI) étaient présentés ce 10 février au groupe de travail chargé du dossier par l'Institut National de l'Origine et de la Qualité (INAO). La commission d'enquête n'ayant pas écrit son rapport d'orientation (qui doit être rendu au Comité National Vins AOP pour délibération le 25 mars prochain), les opérateurs bordelais montrent un optimisme aussi prudent que revendicatif quant à la pérennisation, et la généralisation, du VCI rouge.

« L'expérience a prouvé tout l'intérêt du dispositif » souligne Yann Le Goaster (directeur de la Fédération des Grands Vins de Bordeaux), « il aura fallu pour ça la petite récolte 2013, pour démontrer à la fois ses intérêts microéconomique (l'exploitation évitant un coup dur) et macroéconomique (effet stabilisateur sur les cours et les marchés) ». Sur les volumes de vins mis en réserve de 2010 à 2013 (150 000 hectolitres), 80 % ont en effet été utilisés pour compléter la très petite récolte 2013. Et en 2014, la reconstitution s'élèverait à 68 000 hl (estimations arrêtées au 10 février).

« On sent que les opérateurs initialement récalcitrants, par rapport aux complications administratives, se disent que la traçabilité rigoureuse des vins est un effort qui en vaut la chandelle » estime Hervé Grandeau, le président du syndicat des Bordeaux et Bordeaux supérieurs, qui sent également « l'attente très forte des autres régions viticoles pour le système ». De la vallée du Rhône à Bergerac, dire que l'impatience monte est un euphémisme. Ne siégeant pas à l'INAO, Joël Castany (président du Val d'Orbieu) ne mâche pas ses mots sur le sujet. Le président de la cave coopérative Val d'Orbieu juge « scandaleux que certaines régions aient bénéficié du VCI expérimental et d'autres non. Pour Fitoux, je peux dire que cela aurait été salutaire de mettre en réserve des dépassements exceptionnels (comme le millésime 2011) pour réguler le marché. »

Au-delà de la pérennisation du système (et son élargissement aux AOC en faisant la demande), sa mise en œuvre suscite les revendications bordelaises. « Fixé à 15 hl/ha dans le cadre d'une expérimentation quinquennale, il ne serait pas aberrant que le plafond cumulable soit monté à 30 hl/ha » argumente Yann Le Goaster. Donner la possibilité de mettre en réserve une demi-récolte serait le complément idéal des assurances grêles explique-t-il. L'augmentation du plafond annuel de 5 à 6 hl/ha est également réclamé par la production. « Une hausse raisonnable, on évolue en AOC et il faut rester raisonnable et maîtriser notre production » ajoute Hervé Grandeau. Des revendications qui devraient être tranchées en mars prochain.

 

 

* : Mis en place par décret en 2010, cet essai VCI concernait tous les vins rouges AOC de Gironde, à l'exception de Canon-Fronsac, Fronsac, Margaux, Moulis, Pessac-Léognan, Pauillac, Pomerol, Saint-Emilion Grand Cru, Saint-Estèphe et Saint-Julien.

 

 

[Illustration : détail d'une gravure sur les vinifications portugaises]

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