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Valoriser les sarments en les brûlant en chaudière

Jeudi 28 janvier 2010 par Ingrid Proust, Ligérienne de presse

Des expérimentations menées en Gironde et en Saône-et-Loire sur la valorisation des sarments de vigne comme combustible ont démontré leur pouvoir calorifique intéressant.

Les sarments de vigne constituent une source de combustible écologique et renouvelable chaque année. Leur pouvoir calorifique serait supérieur à celui des plaquettes de bois. Une étude de la chambre d’agriculture de Gironde menée dans trois châteaux l’estime entre 3,8 et 4,2 kWh/kg à 15% d’humidité sur brut.


Le coût des sarments broyés a été évalué à 0,027 euros Ttc par kWh contre 0,076 euros pour le fioul à l’époque de l’étude, début 2008. Économie estimée : 4 900 euros/ha par rapport au fioul pour une consommation annuelle de 107 MWh. Avec un temps de retour brut sur investissement de 10 ans au moins, si l’on ne bénéficie pas de subventions.
(© Viti-net)
Une autre expérimentation réalisée au lycée viticole de Mâcon-Davayé (Saône-et-Loire) sur des parcelles de chardonnay établit un pouvoir énergétique de 3,5 kWh/kg. Selon Jean-Philippe Cognard et Patrick Lenadan, enseignants au lycée viticole de Davayé, une récolte annuelle de sarments sur 3,5 ha peut suffire à chauffer une maison de 125 m2, sur la base d’un rendement moyen de 1,4 tonne/ha et en comparant avec le rendement d’un chauffage au fioul.

Le Comité interprofessionnel de Champagne indique de son côté que 6 m3 de bois de taille broyés permettent de chauffer une habitation de 100m2 pendant un mois. Jean-Michel Maron, de la chambre d’agriculture de Gironde (aujourd’hui décédé) avait estimé la production moyenne de sarments entre 2 et 4 tonnes/ha, en fonction des cépages, de la densité de pied, du type de taille. Pour le château Poupille en Côtes de Castillon (25 ha), 22 à 32 tonnes de sarments à 15% d’humidité sur brut, soit la quantité de sarments récoltée sur 11 à 16 ha, étaient nécessaires pour chauffer pendant un an le chai, des bureaux, la maison d’habitation et des chambres d’hôtes.

Le lycée viticole de Davayé a analysé les fumées issues de la combustion de sarments de vigne dans un chaudière à bois déchiqueté . Une “combustion correcte” a été constatée et ne “pose pas plus de problèmes ou de contraintes qu'un simple feu de bois”. “Le rapport CO/CO2 reste très faible et montre que ces fumées ne sont pas toxiques”. Les fumées de combustion de sarments de trois parcelles différentes, dont l’une est conduite en viticulture biologique, ont été comparées. Leurs compositions sont similaires, “même si une infime présence de particules nocives a pu être mise en évidence et provient certainement des traitements que la vigne a reçus”.

Un coût au kWh bien inférieur à celui du fioul

La faisabilité d’une valorisation énergétique des sarments de vigne nécessite d’investir dans plusieurs types d’équipements. En premier lieu, un broyeur récupérateur de sarments (10 000 à 15 000 euros HT selon le CIVC) et un compacteur (12 000 euros HT). Une chaudière automatique à plaquettes peut coûter jusqu’à 25 000 euros et même au-delà. Pour le château Poupille, Jean-Michel Maron de la chambre d’agriculture de Gironde et le cabinet spécialisé Solagro avaient calculé l’investissement total à plus de 115 000 euros ((broyeur, presse à ballots de sarments, construction d’un silo, chaudière automatique, équipements périphériques, réseau de chaleur…).

Le coût des sarments broyés a été évalué à 0,027 euros Ttc par kWh contre 0,076 euros pour le fioul à l’époque de l’étude, début 2008. Économie estimée : 4 900 euros/ha par rapport au fioul pour une consommation annuelle de 107 MWh. Avec un temps de retour brut sur investissement de 10 ans au moins, si l’on ne bénéficie pas de subventions.


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