n dogme la densité minimale de 4 000 pieds/hectare à la plantation d’un vignoble AOC ? Non, une « directive globale nationale » recadre Christian Paly, le président du Comité national des AOC vins et eaux-de-vie de l'Institut National de l’Origine et de la Qualité (INAO). Et une « directive globale nationale » qui pourrait désormais évoluer : « on ne s’interdit rien » pose Christian Paly après le comité national du jeudi 12 février dernier, qui note que l’« on se met en situation éventuellement, j'utilise à dessein ce mot d’éventuellement, de faire bouger les lignes sur cette directive ». Dans le cadre d’un travail global sur les stratégies d’adaptation au changement climatique (qui a déjà fait changer l’approche des délimitations AOC), l’INAO ouvre la possibilité d’une évolution de sa directive sur la densité de plantation en vignes d’appellation. Car « compte tenu du réchauffement climatique, il y a de plus en plus d’interrogations et de demandes d’évolutions sur des orientations prises ces 15 à 20 dernières années qui ne sont plus tout à fait adaptées aux réalités agronomiques et au réchauffement climatiques » rapporte Christian Paly.
Venant de Bordeaux, de la vallée du Rhône, du Midi, de nombreuses demandes d’expérimentations locales de plantations à plus faible densité (dans le cadre du Dispositif d'Évaluation des Innovations, DEI) poussent le comité national à lancer un groupe de travail pour encadrer une possible évolution national plutôt que de multiplier les initiatives régionales. Composé de membres du comité national vin AOP et de techniciens (IFV et INRAE), « un groupe de travail va étudier d’éventuelles modifications de l’ancienne directive pour nous éclairer sur les conséquences d'une éventuelle évolution du seuil de densité de plantation » ajoute Christian Paly, précisant que d’autres impacts que l’adaptation au changement climatique seront étudiés : « qualité et typicité du produit, lien au terroir, mais aussi des aspects d'ordre économique, particulièrement en matière de coûts de production ».
Imposant une réfaction des rendements en dessous de 4 000 pieds/ha, la densité de plantation minimale impose également l'écartement entre les rangs et entre les pieds de vigne. Toucher à ce plancher aurait de nombreuse conséquences. Y compris sur le rapport entre surface foliaire et hauteur du feuillage par rapport au volume de fruits indique Christian Paly. Qui précise que ces travaux sur les densités de plantation sont liés à l’adaptation au changement climatique et pas aux travaux sur la simplification des cahiers des charges. Pas de suppression du critère à l’ordre du jour, « les densités de plantation restent quand même un cœur de chaudière » pointe le président du comité national des vins AOC. « Ce n'est pas écrit dans le marbre qu'on bougera ce seuil-là, mais voilà, on ne s'interdit pas de le réétudier dans le cadre de ce groupe de travail » conclut Christian Paly.




