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Un coup de chaud qui appelle à l'eau pour le vignoble du Sud-Ouest
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Jusqu'à plus soif
Un coup de chaud qui appelle à l'eau pour le vignoble du Sud-Ouest

Après l’année 2022 qui a battu les records de chaleur de 2003, l’IFV et l’interprofession des vins du Sud-Ouest portent leur attention sur la gestion de l’eau et la viticulture, mêlant inquiétudes et solutions d'avenir.
Par Amélie Bimont Le 17 janvier 2023
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Un coup de chaud qui appelle à l'eau pour le vignoble du Sud-Ouest
Les assises du sud-ouest ont mis en lumière les adaptations de gestion de l'eau pour le vignoble du Sud-Ouest - crédit photo : A. Bimont
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lors que 2022 est l’année la plus chaude jamais enregistrée, devant 2003, quoi de plus normal que débuter la nouvelle année en abordant le sujet de l’eau, précieuse ressource régulièrement surnommée l’or bleu ? Environ 200 personnes étaient ainsi réunies vendredi 13 janvier 2023 à l’hôtel de Région de Toulouse autour du thème 'l’eau, le territoire et la viticulture' pour les 7èmes assises du sud-ouest organisées par l’IFV (institut français de la vigne et du vin) et l’Interprofession des vins du Sud-Ouest.

« 2022, c’est un tiers de précipitations en moins sur le bassin Adour-Garonne et des nappes phréatiques qui peinent à se remplir actuellement », relève Guillaume Choisy, directeur général de l’Agence de l’Eau Adour-Garonne. Dans ce contexte, l’accès à l’eau pour l’irrigation devient un sujet brûlant comme le prouve une enquête menée en 2021 dans le cadre du projet Interreg TripleC. Sur 294 agriculteurs, environ un tiers estime que l’eau demeure le premier besoin au sein des exploitations pour s’adapter au changement climatique.

Utiliser les eaux usées traitées

Pour Jean-François Berthoumieu de l’Association Climatologique de la Moyenne Garonne (ACMG), il est urgent d’appliquer des solutions de bon sens, locales et durables, et d’adapter la loi sur l’eau au contexte climatique. « L’eau évapotranspirée par la vigne a l’avantage de climatiser naturellement les parcelles et la zone aval. Ainsi, l’eau stockée dans les sols, les zones humides, les nappes, ou les lacs de nouvelle génération, pourrait être utilisée les jours de canicule pour irriguer des plantes qui nous rafraîchiraient tout en produisant de la biomasse dans des conditions de température plus favorables. »

Une autre solution envisagée pour irriguer davantage sans épuiser la ressource en eau est la réutilisation des Eaux Usées Traitées (REUT). Denis Caboulet, ingénieur agronome à l’IFV, et Jean-Michel Axes, directeur du service Cycle de l’Eau de l'agglomération du Grand Narbonne, se succèdent à la tribune pour présenter les deux sites pilotes pour l’irrigation de la vigne dans l’Aude : le pilote de Roquefort des Corbières irrigue 15 ha de vignes et le démonstrateur Irri-Alt’Eau 2.0 irrigue 80ha de vignes sur la commune de Gruissan. D’autres projets sont à l’étude mais Jean-Michel Axes précise néanmoins que le déploiement de la démarche REUT demeure à ce jour dépendante de l’évolution de la réglementation ainsi que des coûts importants d’investissements pour une utilisation restreinte à deux mois pour la viticulture.

Situation comparable au sud de l’Espagne

« Pour 2022, ce sont 24 jours en moyenne qui ont dépassé une température maximale supérieure à 35°C dans le sud-ouest. Cette situation est comparable au sud de l’Espagne ! », complète Thierry Dufourcq, ingénieur et expert en agronomie à l’IFV, en reprenant le bilan de l’année écoulée. Ces températures affectent la photosynthèse, peuvent entraîner des dégâts de brûlures sur les feuilles et les grappes, et augmentent l’évaporation de l’eau du sol et l’évapotranspiration. Si l’irrigation a souvent été abordée lors de ses 7èmes assises du Sud-Ouest, d’autres solutions ont néanmoins été rappelées au fil des interventions pour lutter contre le réchauffement climatique : planter des variétés et des porte-greffes adaptés au changement climatique, réduire la densité de plantation, semer des couverts végétaux, ou encore, penser à l’ombrage.

 

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