Accueil / Gens du vin / La vigne, "super support" de retour à l’emploi

Intermédiaire de réinsertion
La vigne, "super support" de retour à l’emploi

Agissant concrètement sur la réinsertion professionnelle et le soutien social, une association bergeracoise donne une nouvelle dimension aux valeurs de partage inhérentes aux métiers viticoles.
Par Alexandre Abellan Le 19 mai 2022
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin
La vigne,
Avec l’association BASE, le vignoble devient une fenêtre d’insertion qui ne demande qu’à être ouverte. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
L

’équation peut sembler aussi simple qu’insoluble : comment lever les barrières empêchant la recherche de main d’œuvre viticole de trouver la demande d’emploi qui existe dans son plus immédiate proximité ? Sans avoir résolu un problème de plus en plus épineux, l’association Bergerac Action Solidarité et Emploi (BASE) a développé un pôle viticole de formation (avec une parcelle pédagogique) et de prestation de services (auprès d’une vingtaine de domaines du bergeracois). Cet outil sert de passerelle vers l’emploi à une dizaine de personnes chaque année explique Antoine Gounou, le responsable du pôle viticole de l’association BASE, ce 18 mai, lors d’une visite d’élus de la région Nouvelle-Aquitaine et du département de la Dordogne.

Les co-financeurs du projet ont pu parcourir la parcelle d’entraînement ouvert par le château Puypezat-Rosette à l’association BASE. Soit 1,8 hectare en AOC Rosette mis à disposition depuis 2020 par le vigneron bio Frédéric Francioli de Monner pour permettre aux apprentis d’acquérir techniques et confiance dans leurs capacités. « Le principe de l’insertion économique par le travail, c’est que personne n’est inemployable » souligne Jean-Pierre Ditsch, le directeur de l’association (78 salariés accueillis par an et 11 permanents, à 60 % des femmes), pour qui l’objectif est tout autant de former que de lever les multiples freins à l’emploi (manque de formation, absence de logement, manque de permis de conduire, poids d’addictions…). En s’appuyant sur les expériences de travail proposées, la possibilité de formations et un accompagnement socio-professionnel, l’objectif de l’association est d’amener chacun de ses apprentis à un emploi et une situation stable au bout de 24 mois. « Notre travail, c’est de remettre les personnes en selle. De leur donner envie avec nos supports d’inclusion » ajoute le directeur de BASE.

Directement employables

Avec 8 à 10 personnes formées chaque année aux métiers de la vigne, ce sont autant d’apprentis qualifiés pour le vignoble local explique Frédéric Francioli de Monner (13 ha de vignes en bio). « C’est un véritable tremplin. On peut dire que 5 à 10 personnes par an peuvent être directement employables » avance le vigneron, précisant que tous les apprentis ne sont pas intéressés par un travail au vignoble. Les principaux intéressés le confirment. Sur cinq travailleurs présents par cette chaude après-midi, un seul prévoit de travailler à l’année dans le vignoble, en tant que tractoriste. Une autre apprentie estime que le travail est trop physique et envisage plutôt un travail en cave.

S’il n’y pas de solution miracle à l’attractivité des métiers de la vigne, l’association BASE a l’originalité de proposer une nouvelle approche. Car dans le vignoble, « il y a un besoin de main d’œuvre [et sur le territoir] il y a un vivier de demandeurs. Il faut se faire rencontrer les bonnes personnes » rapporte Frédéric Francioli de Monner. « L’idée est simple : comment créer des conditions favorables pour que les gens se rencontrent, que certains trouvent un métier… une passion » renchérit Jean-Pierre Ditsch. « Le plus dur pour moi est de trouver des gens qui ont envie d’avoir un projet de vie » poursuit Antoine Gounou, pour qui « on essaie de donner goûts aux gens pour les métiers de la vigne »

Créer des vocations

Depuis son lancement fin 2017, le pôle viticole de BASE a formé une trentaine de personnes. Certaines ont rejoint la filière (via une entreprise d’insertion : "la Parcelle"), d’autres se sont orientées vers d’autres projets. « On reste un support d’insertion. La vigne est un super support » rappelle Antoine Gounou. « Pour certains il y a une vocation à travailler dans la vigne, pour l’ensemble cela aura permis de trouver une solution » ajoute Jean-Pierre Ditsch. L’association organise également des visites pédagogiques pour faire découvrir à des personnes en réinsertion les métiers de la vigne, et espérer créer de l’intérêt, voire des vocations. Il est déjà acquis que cette démarche innovante permet de transmettre les savoirs et le partage inhérents aux métiers de la vigne et du vin.

 

 

 

Partage Twitter facebook linkedin
Tous les commentaires (1)
Jackouly Le 20 mai 2022 à 20:21:30
Bonsoir, je m'adresse à vous Mr Ditsch ou Mr Gounou, je suis ravie de lire vos commentaires. Toutefois, si il pouvait avoir des solutions pour tout le monde, on vivrait dans un monde avec moins de chômage. Et malgré des idées ou des propositions nouvelles que je cherche à apporter, je ne suis pas écouté. Le système français me fait ressentir et même vivre une situation inemployable, 4 ans que je me bats pour obtenir un vrai contrat de travail! À l'heure d'aujourd'hui j'essaie de sortir de la région du Nord par le biais d'Internet en envoyant CV, pièces jointes de mon identité etc... À des agences intérim dans une autre région, 5 jusqu'à maintenant, une seule m'a demandé d'envoyer mes documents personnels ( CV, CI, C.vitale.... ) Bref, j'attends! Mes démarches ont débuté mi-février pour cette région, je tente le coup ailleurs! Et je ne travaille toujours pas! Toutefois des employeurs s'intéressent à mon CV mais ils ne proposent pas de logement... Qu'est ce qu'il faut faire? Je me pose toujours la question! Les employeurs n'envoient pas de contrat si on est pas de la région, trouver un logement les bailleurs veulent un contrat, vous passez par le biais de l'UTPAS de ma région avec le soutien de mon assistante sociale ainsi que le SIAO pour un hébergement d'urgence dans la région où je souhaite me rapprocher pour répondre aux offres d'emploi d'ouvriers viticoles et la commission refuse ma demande pour l'hébergement d'urgence, parce que je n'étais pas présente dans leur département! Lol! J'essaie par tout les moyens de trouver des solutions et je n'obtiens aucune aide, pour reconquérir mon travail!!! Ce n'est plus acceptable de vivre de la précarité sachant qu'il y a du travail pour tout le monde en France, c'est insupportable! Si le système, pouvait penser à des gens qui aiment l'agriculture sous toutes ses formes qui sont près à se déplacer pour aider et soutenir les agriculteurs et si il pouvait prévoir des logements sociaux spécial saisonnier dans toutes les régions viticoles les plus populaires de la France (Bordeaux, côte d'Or, Champagne Ardennes, la Loire....) il pourrait sauver des milliers de famille! Pourtant j'ai le permis, je suis mobile géographiquement, j'ai plus de 6 ans d'expériences en maraîchage c'est une passion pour moi ce métier et j'en ai besoin! J'ai commencé par les vendanges mon premier métier, fût une époque! J'ai obtenu une attestation de conduite d'engins agricoles mais je souhaite développer surtout en pratique... J'ai un SST. J'ai obtenu un certificat BEP, CAP en topographie, je suis très assidue, très minutieuse, je prends le temps de rendre un travail bien fait... Mais voilà ça n'empêche pas, que je je suis inemployable, malgré tous les efforts que je peux faire je n'obtiens aucun retour positif! Je ne cherche pas votre pitié mais de l'écoute! Il faut bouger les choses très très vite pour ceux qui veulent et qui demande de travailler, quelques que soit son âge, sa forme, sa couleur, sa différence... Personne ne devrait être mis à l'écart surtout quand celui-ci cherche à travailler! Avec tout mon respect! Cordialement Melle Spriet.
Signaler ce contenu comme inapproprié
© Vitisphere 2022 - Tout droit réservé