Accueil / Commerce/Gestion / Dans la "tempête" de la crise logistique des vins aux Etats-Unis
Dans la "tempête" de la crise logistique des vins aux Etats-Unis
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin

Importation compliquée
Dans la "tempête" de la crise logistique des vins aux Etats-Unis

Depuis l'arrivée de la pandémie de Covid, tous les maillons de la chaîne logistique américaine ont contribué à un allongement des délais et une augmentation des prix de toutes les étapes de la distribution des vins. L'anticipation est le maître-mot pour éviter des ruptures d'approvisionnement pour les producteurs exportant leurs vins au x Etats-Unis.
Par Olivier Bazalge Le 16 mai 2022
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin
Dans la
MaryAnn Pisani et Steve Melchiskey insistent sur l'anticipation des délais et la dynamique de la consommation américaine - crédit photo : O. Bazalge pour Vitisphere
A

l’occasion du salon Prowein, MaryAnn Pisani, consultante de la société MHW Ltd, et Steve Melchiskey et de la société d’importation USA Wine West LLC, ont présenté les difficultés rencontrées par les opérateurs américains pour importer des vins aux Etats-Unis. « Je tiens tout d’abord à rappeler que si nous rencontrons de telles difficultés, c’est surtout car la demande n’a pas faibli, bien au contraire, car les ventes de vins sont en hausse aux Etats-Unis », précise MaryAnn Pisani.

Toutefois, c’est bien une « véritable tempête » dans la logistique de transport américaine qu’a amorcée la crise du Covid. « Arrêt de fabrication des containers, employés confinés, quarantaines, blocage du canal de Suez par un cargo… il y a eu un effet boule de neige du à différents facteurs interconnectés. Chaque maillon de la chaîne a ralenti, provoquant cette crise d’ampleur », reprend MaryAnn Pisani.

Normalisation des hausses de prix

Pour la consultante, une des répercussions immédiates de cette crise logistique a été l’augmentation générale des prix des prestations de services liées au transport de fret. « A cela se sont ajoutées des augmentations complémentaires liées aux besoins urgents d’importateurs, qui ont été contraints de payer plus cher pour voir leur livraison traitée en priorité », détaille-t-elle. Depuis, ces augmentations exceptionnelles se sont même normalisées. Sans compter les allongements de délais de mise à disposition des marchandises.

« Alors que tous les ports de la côté ouest se sont retrouvés rapidement saturés, accusant des retards de plusieurs semaines, certains opérateurs ont envoyé leurs bateaux vers les ports de la côte est. Conséquence : les mêmes effets de saturation y ont été reportés», poursuit la consultante. Le PDG de Maersk a même fait valoir que 12 % des retards de transport sont directement imputables aux retards des ports eux-mêmes.

L’augmentation des prix de prestations a également été affectée par la saturation des entrepôts de stockage. Dans le contexte pandémique, les consommateurs américains ont grandement fait appel à la livraison à domicile. « Les grands opérateurs ont réagi en augmentant leurs stocks en entrepôts pour éviter les ruptures, ce qui a fortement impacté les capacités de stockage globales, impactant fortement les prix de ces frais intermédiaires », déroule MaryAnn Pisani.

Augmentation de 25 % pour le consommateur

Dans le même temps, toutes les matières sèches nécessaires à la production de vin se sont également retrouvées dans le même schéma de pénurie et de rallonge des délais de fabrication et de livraison, « avec là encore des augmentations de prix liés à ces tensions », prolonge la consultante.

En conséquence, c’est le prix moyen de la bouteille de vin vendue sur le sol américain qui a pâti de ce concours de difficultés. « Avant la pandémie, une bouteille de vin livrée dans un port américain pour 10$ frais de douanes inclus, était ensuite vendue 12$ au consommateur. L’augmentation de l’ensemble des charges de logistique et d’entreposage nous oblige, en sortie de pandémie, à vendre cette bouteille 15$. Cette augmentation de 25% pour le consommateur est un obstacle majeur aux affaires », précise encore Steve Melchiskey.

Mais MaryAnn Pisani préfère marteler encore que ces difficultés sont avant tout liées au fait que la demande pour les vins reste forte sur la marché américain. Elle encourage donc les producteurs de vins à travailler « en anticipation de ces délais rallongés ». Elle souligne ainsi combien il peut être décisif de « faire appel à un importateur d’expérience, capable de faire face aux difficultés logistiques et en mesure d’entreposer les vins pour faire face aux besoins d’approvisionnement des différents points de vente ».

 

Partage Twitter facebook linkedin
Tous les commentaires (0)

Pas encore de commentaire à cet article.
© Vitisphere 2023 - Tout droit réservé