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Tocsin de glace

Par Alexandre Abellan Le 13 mai 2022
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Tocsin de glace
S

oupir de soulagement dans le vignoble ce vendredi 13 mai : avec la saint Servais passée, les risques de gel semblent désormais réduits à néant. Si les météorologues soupirent d’incompréhension devant ce qu’ils considèrent être l’incompréhensible survivance d’une croyance populaire, le trio des Saints de glace (avec saint Mamert le 11 mai et saint Pancrace le 12) permet aux vignerons de se dire que pour les gelées, c’est passé ! Après un début avril marqué par des alertes rappelant l’épreuve du millésime 2021, il y aura globalement eu plus de peur que de mal (même si les vignobles qui ne sont pas passés entre les mailles du filet sont bien amochés).

Un risque en chassant un autre, c’est désormais la peur du manque d’eau qui pèse sur nombre d’esprits vignerons. Si certains vignobles sont épargnés par ce déficit hydrique (notamment dans le Languedoc), la sécheresse inquiète depuis longtemps déjà les vignerons (notamment de Provence, mais pas que). Les faibles précipitations de cette saison ne font pas regretter les trop fortes pluies de l’an passé (marqué par une pression mildiou historique). Si les nuages de pluie sont attendus avec impatience, ceux orageux sont toujours craints.

Avec « cette bourrasque, ces roulements dans le ciel, ces lourdes gouttes glacées. Elles claquaient sur les tuiles au point que j’ai eu peur de la grêle ; j’ai cru que mon cœur s’arrêtait » écrit François Mauriac dans le Nœud de vipères (publié en 1932). Lui-même propriétaire d’un domaine viticole à Bordeaux (le domaine Malagar), l’écrivain pose avec virtuosité les risques inhérents à un vignoble soumis aux aléas climatiques. « À peine la vigne a-t-elle "passé fleur" ; la future récolte couvre le coteau ; mais il semble qu’elle soit là comme ces jeunes bêtes que le chasseur attache et abandonne dans les ténèbres pour attirer les fauves ; des nuées grondantes tournent autour des vignes offertes. » 90 ans après, les menaces persistent, mais des outils de protection permettent au moins aux vignerons de tenter de lutter contre les éléments. Ce qui résume tout le défi de mener un millésime à bien.

 

 

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