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Du jamais vu ?
Forte pression des tordeuses dans le vignoble d'Alsace

Le vignoble alsacien subit une pression exceptionnelle de la première génération d'eudémis, avec de nombreuses pontes constatées ce printemps.
Par Marion Coisne Le 13 mai 2022
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Forte pression des tordeuses dans le vignoble d'Alsace
C’est surtout eudémis qui est présente, dans une région où la première génération de tordeuses est habituelle.ment discrète - crédit photo : Ephytia/Inrae
«

Il y a de la pression partout, avec de fortes populations de première génération d’eudémis, constate Aymé Dumas, responsable conseils et services chez AB2F Conseil. Je ne pense pas déjà avoir vu cela ». Depuis quinze jours, de nombreuses pontes sont observées dans les vignes alsaciennes, depuis le stade 2-3 feuilles.

« Globalement, il y a beaucoup plus de pontes sur l’ensemble du vignoble, confirme Marie-Noëlle Lauer, conseillère spécialisée en viticulture à la chambre d’agriculture d’Alsace. On a déjà eu de telles populations, mais il y a une vingtaine d’années ».

Si cochylis est visible sur les secteurs à historique, c’est surtout eudémis qui est présente, dans une région où la première génération de tordeuses est habituellement discrète. La conseillère évoque entre 20 à 30 % des inflorescences avec des pontes. « Sur certaines zones, on est à 75 % des inflorescences avec présence d’au moins une ponte », fait part Aymé Dumas. Quant au Bulletin de Santé du Végétal (BSV), le 11 mai il mentionnait une fréquence d’observation « largement supérieure aux années précédentes », avec « environ 20 pontes pour 100 inflorescences et parfois plusieurs pontes sur une même inflorescence ».

Une année à insectes 

Pour Aymé Dumas, cette forte pression pourrait s’expliquer par les conditions météos plutôt chaudes et sèches. « Après, il y a eu du vent, qui est censé être défavorable aux lépidoptères. C’est difficile à expliquer. En tout cas, c’est une année à insectes : on a eu pas de mal des mange-bourgeons, et des acariens sur plantiers. J’ai même déjà vu quelques cicadelles des grillures. »

Pour autant, sur la première génération de tordeuses, les viticulteurs ne devraient pas forcément traiter. « C’est à l’appréciation de chaque viticulteur, mais je pense que beaucoup vont faire l’impasse, sauf peut-être sur les secteurs à risque », estime le conseiller indépendant. Un avis que partage Marie-Noëlle Lauer, rappelant que la nuisibilité de la G1 est indirecte, avec un risque de départ de botrytis à cause de résidus de glomérules.

Une forte G1 laisse-t-elle présager une deuxième génération du même acabit ? « Pas forcément, répond Aymé Dumas, mais il va falloir surveiller ». Pour Marie-Noëlle Lauer, « il n’y a pas de lien ». La conseillère prévoit en revanche de nouvelles pontes en G1 la semaine prochaine, « car aucun épisode de froid n’est annoncé ».

 

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