Accueil / Viticulture / Six rouleaux de destruction des couverts mis à l'épreuve dans les vignes

Démonstration
Six rouleaux de destruction des couverts mis à l'épreuve dans les vignes

Ce printemps, la Chambre d'Agriculture du Gard a testé six rouleaux de destruction des couverts très différents. Plusieurs semaines après, le travail de deux d'entre eux sort du lot.
Par Vincent Gobert Le 09 mai 2022
article payant Article réservé aux abonnés
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin
Six rouleaux de destruction des couverts mis à l'épreuve dans les vignes
Le rouleau Orbis de Roll'n'sem au travail. Cet outil a produit le résultat le plus probant, deux semaines et un mois après le roulage du couvert. - crédit photo : Vincent Gobert
I

ls ont englouti la même ration d’herbe, mais pas pareillement. Ce 30 mars, la chambre d’agriculture du Gard a convié six rouleaux de destruction de couverts à dévorer un mélange semé de féverole, vesce et seigle : Faca d’Agromet, Ecorouleau de Bonnel, Matador de Güttler, Roll Krop d’Actisol, Rolls et Orbis de Roll’n’Sem. La démonstration a lieu sur une parcelle du Château de Nages, à Caissargues, plantée à 2,25 m, avec des restes de sarments au sol. « Le couvert est à maturité optimale, très beau », introduit Raymond Llorens, président des FDCuma du Gard et de l’Hérault, avant de donner une consigne à tous les participants : rouler à 8 km/h.

Agromet ouvre le bal

L’espagnol Agromet ouvre le bal avec son rouleau Faca aux lames crénelées et alternées. Il s’agit d’un modèle simple, d’un bloc, de 1,5 m de largeur de travail et de 550 mm de diamètre, pesant 700 kg avec son lest d’eau. Étant fixe, il ne suit pas bien le sol de cette parcelle en Costières de Nîmes, irrégulier, argileux et parsemé de beaucoup de galets. Il couche bien le couvert, mais le pince irrégulièrement.

Deuxième à passer, l’Ecorouleau de Bonnel se compose, lui, de deux rouleaux successifs de 500 mm de diamètre et de 1,3 m de large. Tous deux sont hérissés de fers plats biseautés et boulonnés avec un pas hélicoïdal. Lesté de 300 kg, cet Ecorouleau affiche un poids total de 560 kg. Derrière lui, le couvert est couché. On observe un bon équilibre entre les tiges pincées et coupées, sauf pour la féverole dont les tiges sont surtout tranchées.

 

_MG_9796.JPG

L'Ecorouleau de Bonnel à l’œuvre. Pour Renaud Cavalier de la chambre d'agriculture du Gard : Il ne faut pas occulter son potentiel. Crédit photo Vincent Gobert

Le Matador, un rouleau hérissé de dents

Au tour du Matador de Güttler. À la différence des autres, il est hérissé de dents et non de lames. Ce rouleau est constitué de disques dentés – on dirait d’énormes capsules-couronnes – enfilés par paires le long d’un axe horizontal. Un disque mesure 330 mm de diamètre, l’autre 380 mm. Le premier est fixe, le second libre sur un moyeu pour suivre le relief. C’est un rouleau de type « piétinement de mouton », explique le fabricant. Résultat : en début de rang, à faible vitesse, le couvert est peu couché. Plus loin et à bonne vitesse, la féverole et la vesce sont piquées dans le sol, mais pas le seigle.

Quatrième au banc d’essai, le Roll Krop d’Actisol est un rouleau double, dont chacun des éléments est composé de quatre segments, deux équipés de lames montées en spirale dans un sens, les deux autres avec les lames dans le sens opposé. Le Roll Krop laisse ainsi une empreinte en X au sol. Ce 30 mars, Actisol a amené un modèle de 1,3 m de large pesant 500 kg. Celui-ci plaque le couvert au sol. Il coupe plus qu’il ne pince. Il lacère les légumineuses, moins le seigle.

 

_MG_9755.JPG

Au premier plan, le rouleau Roll'krop d'Actisol, puis les Roll et Orbis de Roll'n'sem. Crédit photo Vincent Gobert

 

Dernier en lice, Comin Industrie présente deux Roll’n’Sem. Le premier, Rolls, est composé de petits éléments indépendants, chacun disposant d’un dégagement de 7 cm pour suivre le relief. Ce rouleau de 1,5 m de long, de 300 mm de diamètre et qui pèse 750 kg couche et pince bien la végétation sans trop la couper. Suit l’Orbis en 1,2 m de largeur de travail. C’est un outil constitué deux rangées de petits disques obliques par rapport à l’avancement pour dévitaliser l’herbe par ripage. Roll’n’Sem l’a pensé pour l’arc méditerranéen, sur de l’enherbement naturel. Presque aussi lourd que le Rolls, l’Orbis ne laisse rien ou presque derrière lui : feuilles et tiges sont pincées, lacérées, déchirées, voire parfois arrachées.

Avantage aux Roll'n'Sem

S’il était difficile de départager ces outils juste après leur passage, la suite des événements a donné l’avantage aux Roll’n’Sem. Deux semaines après le passage des outils, nous arpentons à nouveau la vigne et constatons que l’effet de pinçage du Rolls et de ripage de l’Orbis a entraîné une bonne destruction du couvert tout en formant un tapis protecteur. L’Orbis se distingue en procurant un nettoyage presque intégral. Seuls quelques chardons percent le tapis d’herbes séchées. Dans le même temps, on constate une reprise de la végétation naturelle et de la vesce après le passage des quatre autres rouleaux. Derniers de la course, les roulages d’Agromet et de Güttler ne sont pas convaincants. La vesce a repris du poil de la bête et a bien fleuri. Des chardons se sont développés. Les interrangs sont bien verts. Dans les deux cas, on a peine à croire qu’un rouleau est passé quinze jours auparavant. En revanche, le couvert roulé par le Roll Krop d’Actisol a moins repris. Idem avec l’Ecorouleau de Bonnel. Il s’en faut de peu pour que ces deux-là fournissent un résultat correct.

« Il a plu 40 à 50 mm, décrit Renaud Cavalier, conseiller machinisme à la chambre d’agriculture du Gard, fin avril. Et les premières observations se sont confirmées. Les deux modèles de Roll’n’Sem sont une agréable surprise. Mais il ne faut pas occulter le potentiel de l’Ecorouleau de Bonnel, qui vient après car, un mois après le roulage, on voit où il est passé. Le couvert ayant moins repris, il se différencie des trois autres rouleaux. » Dans tous les cas, il faudra repasser pour maîtriser la végétation, mais peut-être moins souvent après le passage des deux Roll’n’Sem.

 

Semer des espèces à vocation de roulage

« Avec les couverts, on veut protéger le sol, indique Isabelle Gassier, fille de Michel Gassier, le propriétaire du château de Nages qui a accueilli la démonstration. À cet égard, après avoir observé les résultats, nous penchons plutôt pour le Rolls de Roll’n’Sem, qui fournit l’effet de pincement et la destruction que l’on recherche. Et comme on ne veut pas de perte de rendement ou de vigueur, nous choisissons des espèces réputées faciles à détruire par un roulage rapide. » Pour son père, l’objectif « est de changer le réservoir de graines du sol. Je veux aussi enrichir le sol en matière organique. Mais quand on débute les semis de couverts, il y a un effet sur la vigueur de la vigne les deux premières années puis cela se régule. C’est pourquoi j’en fais d’abord sur des parcelles irriguées. Les engrais verts pompent quand même pas mal de réserves. »

Partage Twitter facebook linkedin
Tous les commentaires (1)
Gilles Le 11 mai 2022 à 14:27:05
Destruction... Quel jolie terme d'agriculture.
Signaler ce contenu comme inapproprié
vitijob.com, emploi vigne et vin
Charente - Alternance/Apprentissage
Seine-Saint-Denis - CDI
Ardèche / Drôme / Isère ... - CDI
© Vitisphere 2022 - Tout droit réservé