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Attention à la marge

Par Alexandre Abellan Le 18 mars 2022
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Attention à la marge
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éjà bien établi pendant la crise covid, le constat des interconnexions de la mondialisation est criant avec les conséquences de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Véritable illustration de l’effet papillon, la décision unilatéralement prise au Kremlin se répercute directement à la pompe dans le vignoble. Mais le prix de l’essence n’est que la partie immédiatement visible des conséquences de ce brutal conflit. Au-delà de la révolte citoyenne et de l’urgence humanitaire de cette guerre, la filière vin va être touchée à tous les niveaux de son activité par la hausse renforcée du prix des matières premières : le tarif des fournitures va augmenter pour la énième fois pour les engrais, les piquets de vigne, les bouteilles, les capsules… Sans oublier les frais logistiques pour les expéditions.

C’est à se demander s’il existe un produit qui n’augmente pas ses prix actuellement (des vignerons répondront que leurs cours du vin en vrac ne se bonifient pas assez au vu de la petite récolte du millésime 2021). De quoi faire craindre une déconsommation accrue en 2022, avec des marchés faisant attention à leurs dépenses et réduisant les achats alors que les trésoreries sont déjà mises à mal par une succession continue de difficultés. La filière vin pourrait aussi maintenir son chiffre d’affaires en 2022. Grâce à l’augmentation mécanique, pour ne pas dire artificielle, d’une spirale inflationniste. Tout l’enjeu des prochains mois sera de préserver les marges pour assurer la pérennité des exploitations. L’équilibre s’annonce délicat : la filière vin se trouvant entre les coups de marteau des hausses des coûts de production et l’enclume de la masse des marchés refusant les augmentations de tarif.

Souhaitons que la lumière au bout du tunnel soit une belle récolte 2022, aussi quantitative que qualitative. Mais également apaisée, sans violent évènement climatique. Le dicton est connu : pour être serein, un domaine viticole doit avoir une récolte sur pied, une récolte en stock et une récolte à la banque. Commençons par la première pour alimenter la seconde et la troisième.

 

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Tous les commentaires (1)
J.Henry DAVENCE Le 18 mars 2022 à 19:23:28
Le problème de votre dicton c'est que maintenant en France dès qu'il y a plus d'une récolte d'avance il faut demander de l'argent à l'Europe pour distiller car cela déstabilise le marché. Puis nous gelons, alors il faut demander de l'argent ou des "outils de gestion" à l'état français pour surmonter les difficultés. Alors souhaitons juste pour "calculer la bonne marge" que le vignoble français soit cultivé par des vignerons passionnés de leur métier et qui gèrent en bon père de famille et en bon paysan (au sens premier du terme)!
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