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L’indice de régénération des sols vous donne votre score dans l'agroécologie
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Outil d’autodiagnostic
L’indice de régénération des sols vous donne votre score dans l'agroécologie

L’association Pour une agriculture du vivant (PADV) met à disposition des viticulteurs un nouvel outil d’évaluation de leurs pratiques agroécologiques. Les premiers à l’avoir testé l’ont adopté.
Par Michèle Trévoux Le 17 février 2022
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 L’indice de régénération des sols vous donne votre score dans l'agroécologie
Gaël Dupont, vigneron sur 5,5 ha à Reuves, en Champagne, fait partie des vignerons qui ont participé à la mise au point de l'indice de régénération des sols viticoles. - crédit photo : DR
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ictor Moreaud dirige avec sa sœur les Domaines Cormeil-Figeac-Magnan, 25 ha à Saint-Émilion (Gironde). Dès 2017, il a mis en place des couverts végétaux. Deux ans plus tard, alors qu’il démarre sa conversion bio, il découvre l’indice de régénération des sols (IR) qui est alors en construction pour d’autres cultures. « Avec cet indice tout est devenu hyperlimpide, explique-t-il. J’ai réalisé à quel point le travail du sol perturbait la vie dans les sols. Il y a une logique très claire qui oriente vers les bonnes pratiques agroécologiques. »

Cap sur l’agriculture bio de conservation

Créé par l’association Pour une agriculture du vivant, cet indice valorise l’agriculture bio de conservation, c’est-à-dire sans travail du sol, et la préservation de la biodiversité. Grâce à l’indice, Victor Moreaud a pu comparer les pratiques conventionnelles mises en œuvre par son père avec celles qu’il déployait pour sa conversion bio. Le résultat lui a ouvert les yeux : « J’ai été très étonné de voir qu’avec mes pratiques en bio, j’avais une moins bonne note que mon père, qui ne travaillait pas ses sols. J’ai alors fait une simulation avec l’enherbement total de mon vignoble, et mon score a explosé », raconte-t-il.

Dès lors, il a développé puis généralisé le semis de couverts végétaux dans l’interrang. Depuis trois ans, il fait des essais de semis de plantes naines sur le cavaillon comme alternative au travail du sol : 25 % de son vignoble est déjà en enherbement intégral. Enfin, il a développé la biodiversité en plantant 500 m de haies et 600 arbres l’an dernier. Ce printemps, il accélère. Il va encore planter 1 200 arbres en bosquets et inaugurer la vitiforesterie sur 5 ha en plantant une ligne d’arbres tous les 15 rangs dans des vignes en place.

« En 20 minutes, on peut avoir son score »

« La biodiversité, on l’apprécie tous les jours. Il y a de la vie dans nos vignes. On entend le bourdonnement des insectes à plus de 100 m », s’enthousiasme-t-il. Autre changement dans ses pratiques déclenché par cet outil : Victor Moreaud a remplacé les apports de compost par des broyats de déchets verts, fournis par l’intercommunalité. « C’est hypervertueux, car cela favorise le stockage de carbone dans les sols et l’économie circulaire puisqu’on recycle des déchets. » L’été dernier, il affichait un indice de régénération de 71 %, qui devrait encore progresser avec les plantations prévues cette année. « C’est un outil très facile à utiliser. En 20 minutes, on peut avoir son score », précise-t-il.

Gaël Dupont, vigneron sur 5,5 ha à Reuves, en Champagne, fait également partie des pionniers qui ont participé à la mise au point de l’IR. Il y a cinq ans, il était en conventionnel. Il est désormais certifié bio et HVE. « Avec cet outil, j’ai pris conscience de l’intérêt des couverts végétaux, explique-t-il. Je laisse une bande enherbée à l’année dans tout mon vignoble. J’ai également planté 300 m de haies en bordure de nos parcelles. Aujourd’hui, j’ai un score de 68 %. Le but n’est pas d’atteindre la note maximale, mais d’identifier les leviers de progression. Contrairement au label bio qui valide des moyens, l’indice de régénération tient compte de nos résultats. »

En bio depuis 2011, à la tête Domaine des Maels, 15 ha à Argens-Minervois, dans l’Aude, Frédéric Schwertz s’est intéressé à l’indice de régénération car un de ses acheteurs cherchait des cuvées exemplaires en matière de transition agroécologique. Cet indice lui a paru un bon moyen d’en témoigner. « Je me suis rapproché de l’association Pour une agriculture du vivant afin d’être audité », rapporte Frédéric Schwertz.

Les bonnes pratiques mesurées

La démarche lui a plu pour plusieurs raisons : « Ce diagnostic permet de nous situer et de simuler l’impact de changements de pratiques. C’est également un moyen de montrer que la transition agroécologique est possible. »

Lors de l’audit réalisé à la mi-janvier par PADV, Frédéric Schwertz a décroché un indice de 63 %. « J’ai un bon score pour les IFT. Les couverts végétaux que je sème juste avant les vendanges et que je détruis en fin de printemps sont un autre atout. Enfin, je suis passé du fumier de vache aux engrais verts (20 t/ha), grâce à quoi mon taux de matière organique a progressé de 1 à 1,7 %. Mes marges de progression sont désormais limitées : je pourrais m’améliorer avec des couverts végétaux à l’année, mais sous notre climat c’est risqué. Le développement de l’agroforesterie est une autre piste de progrès. En tout cas, c’est un outil qui nous conforte dans nos orientations. »

 

Le sol, un critère de poids

« L’indice de régénération a pour objectif d’évaluer de manière simple, rapide et robuste la santé des sols, la vitalité des écosystèmes agricoles et la diversité des paysages », explique Pour une agriculture du vivant (PADV). Il est calculé à partir d’une série de données, celles relatives au sol représentant 60 % de la note finale. Pour calculer cet indice, les viticulteurs doivent décrire et quantifier leurs pratiques, classifiées en cinq items :

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