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L’offre en biocontrôle pour lutter contre les ravageurs des vignes s’étoffe
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Innovations
L’offre en biocontrôle pour lutter contre les ravageurs des vignes s’étoffe

Des solutions de biocontrôle innovantes pour lutter contre les tordeuses et les cicadelles sont attendues cette année. Les maladies ne sont pas en reste
Par Clément L Hote Le 10 février 2022
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 L’offre en biocontrôle pour lutter contre les ravageurs des vignes s’étoffe
Application de phéromones par spot pour lutter contre les vers de la grappe par confusion sexuelle, technique développée par Corteva - crédit photo : Corteva
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umi-Agro : la confusion avec 200 diffuseurs/ha

L’offre en biocontrôle pour lutter contre les vers de la grappe va s’étoffer. Sumi Agro lance cette année Celada LB 400, un nouveau diffuseur de phéromones pour lutter contre eudémis qui s’utilise à 200 unités/ha seulement. « Il s’agit de diffuseurs passifs à réservoir, qui diffusent tout au long de la saison, détaille Aude Colette, responsable marketing de la société. Nous le conseillerons pour faire de la confusion sur des parcelles un petit peu plus grandes que d’habitude : des blocs d’environ 10 ha, avec un renforcement des bordures dans lesquelles il faudra mettre 10 % de diffuseurs supplémentaires. »

 

Corteva : une cire pour égarer les tordeuses

Plus innovant encore, Corteva attend l’homologation prochaine d’une nouvelle solution de confusion sexuelle contre l’eudémis pour laquelle il n’y a plus besoin de diffuseurs. La phéromone est contenue dans une matrice cireuse et s’applique directement sur le cep à l’aide d’un pistolet. Une solution « biodégradable, sans solvant et sans microplastique, annonce Geoffrey Hamain, de Corteva. Très adhésive, elle sera à positionner sur ceps de manière régulière, une fois par campagne, avant le début de la première génération, à raison de 500 spots/ha. L’efficacité est comparable aux standards du marché. » Pour le responsable technique, le produit présente plusieurs avantages. « Le poseur n’est pas en contact direct avec le produit, et celui-ci met quelques heures avant de s’activer. L’applicateur n’est donc pas incommodé. En fin de saison, le gel se dégrade au fil du temps : il n’y a pas de nécessité de dépose. » La solution sera autorisée en bio.

 

De Sangosse : la confusion en pulvé

De son côté, De Sangosse travaille avec Suterra sur une formulation liquide de phéromones micro-encapsulée qui pourra se pulvériser sur les vignes comme un insecticide classique. Cette solution permettra de cibler la deuxième et la troisième génération de l’eudémis. Sa persistance d’action sera de trois à quatre semaines selon la dose utilisée. « On attend l’AMM pour 2022 pour une utilisation en 2023 », espère Johanna Sigel, chef marché vigne chez De Sangosse.

 

Phyteurop : un applicateur de trichogrammes

Toujours contre les tordeuses, Phyteurop-Bioline travaille sur un nouveau mode d’application des trichogrammes, avec le T-Protect. Cet étui rectangulaire, dans lequel se trouvent les parasitoïdes, se place au sol. La firme travaille à la mécanisation de la pose de ces étuis et a développé pour cela une machine spécifique T-Protect Booster. Si les tests sont concluants, T-Protect pourra être disponible en 2023.

 

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Le T-Protect (photo Bioline/Phyteurop)

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Machine T-Protect Booster (Photo Bioline/Phyteurop)

 

Ascenza : un nouveau BT

Plus classique, Ascenza complète sa gamme en lançant Doctrin, un produit à base de Bacillus thuringiensis.

 

Koppert : une huile de paraffine contre les cicadelles 

Pour lutter contre les cicadelles, Koppert espère cette année une extension d’homologation de son produit Lumiere, une huile de paraffine. « Pour l’instant, le produit dispose seulement d’une AMM pour un usage d’hiver sur tous ravageurs, dont les cochenilles, à la dose maximale d’emploi de 10,8 l/ha  », explique Damien Facci, de Koppert. Mais la firme aimerait obtenir prochainement une AMM pour un usage insecticide sur les vignes en végétation. « Différents essais, menés sur deux ou trois années consécutives, démontrent son efficacité sur les cicadelles, au sens large. Sur celle de la flavescence dorée, plusieurs essais nous mettent dans une position très favorable pour être éligibles aux traitements de lutte obligatoire », affirme-t-il.

 

Koppert : nématodes et insectes utiles

Koppert a aussi à sa gamme des solutions à base de macro-organismes. La firme va les mettre en avant cette campagne pour une utilisation en viticulture. Le premier produit, Capirel, est à base de nématodes entomophages, qui parasitent les larves de vers de la grappe, de Cryptoblabes et de cicadelles lorsqu’ils sont pulvérisés sur la vigne à la dose de 2,5 milliards de nématodes/ha. Le produit est conditionné en sachets, contenant 250 millions de nématodes chacun, et se présente sous forme d’un « gel miscible à l’eau à appliquer avec des adjuvants », indique Damien Facci. « Cet insecticide biologique permet de couvrir des spectres larges. Il ne subit aucune interaction avec d’autres produits, si ce n’est les insecticides. »

Koppert travaille aussi sur « des solutions à base de macro-organismes à 100 % efficaces sur pucerons, cochenilles et ravageurs émergents, comme Cryptoblabes. L’idée sera de réensemencer les vignes en auxiliaires, sur plusieurs années avec des solutions comme Chrysopa (composé de chrysopes), Citripar (hyménoptères parasitoïdes Anagyrus vladimiri contre la cochenille farineuse), Cryptobug (Cryptolaemus montrouzieri, coccinelles prédatrices des cochenilles farineuses) et Aphytis melinus (un parasite de cochenilles). Ces produits indépendants pourront s’utiliser dans des programmes ou en stratégies isolées. » Il s’agit en fait d’auxiliaires qui sont utilisés en serre depuis une cinquantaine d’années. 

 

Des solutions contre les maladies

Mildiou : Adama lance le phosphonate de potassium Tenrok. Nufarm attend l’AMM du sien. De Sangosse, firme référence sur ce créneau, commercialisera cette année deux nouvelles associations du biostimulant LBG, LBG Care et LBG Duo. Mildiou et oïdium : Après Messager, Cérience prévoit le lancement d’un autre d’un autre SDP pour 2023. Oïdium et botrytis : Certis attend toujours l’AMM de son produit à base de Blad, une protéine extraite de graines de lupin en germination. Botrytis : Andermatt attend l’extension de l’AMM de Vitisan sur pourriture grise. BASF espère la commercialisation prochaine de Serifel, un anti-botrytis déjà homologué pour la vigne, et attend pour cela la levée de restrictions de stockage. Nufarm arrête la commercialisation de Botector.

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