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Trois domaines par jour ont disparu sur la décennie

Par Marion Sepeau Ivaldi Le 17 décembre 2021
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Trois domaines par jour ont disparu sur la décennie
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recensement agricole est toujours un moment où l’on prend la mesure des changements. 11 000 domaines viticoles ont disparu en 10 ans. Ainsi, 3 domaines par jour pendant une décennie ont été rayés de la carte. Ce rythme plus que soutenu donne à voir la mutation qui se déroule sous nos yeux. Sans bruit.

Dans le même temps, la surface moyenne d’une exploitation viticole est désormais de 19 hectares. La quête de rentabilité, de consolidation de la marge, la faiblesse du nombre de repreneurs concourent à cet agrandissement.

Quelle gouvernance de la filière dans ce contexte d’érosion ? C’est un sujet qui sera sans nul doute dans l’actualité des dix prochaines années. Car de nombreux autres départs à la retraite se profilent. Les adhérents en plus petits nombres seront-ils toujours enclins à financer la mosaïque syndicale vitivinicole ? D’autant que la perte de confiance dans les institutions perdure, que l’investissement des nouvelles générations dans le syndicalisme est plus faible, que le pouvoir d’influence de ces organisations s’est atténué. Si les exploitations disparaissent sans bruit, les organisations professionnelles devraient tendre l’oreille. La gouvernance a elle aussi besoin de mutation.

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Tous les commentaires (8)
MG Le 20 décembre 2021 à 17:08:55
Parlons-en du syndicalisme viticole. C'est pas que de la faute des jeunes car les anciens si on bouscule un peu leurs habitudes, ils vous disent "si c'est comme cela je m'en vais" ou "je vous laissent vous débrouiller tous seuls" alors que s'est juste vouloir évoluer ou se réorganiser pour justement soulager les anciens (je parle pas du budget ou de politique). Pour conclure, je ferais un a-peu-près de Visconti : tous est fais pour que rien ne bouge. @ pg, le PCF existe toujours et a son propre candidat pour 2022.
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J.Henry DAVENCE Le 20 décembre 2021 à 08:28:47
Votre édito reflète à merveille une réalité qui me dérange : le syndicalisme a muté en même temps que le nombre et la taille des domaines viticoles. Quelques individualités syndicales imposent leur vision et leurs orientations à la multitude sous couvert de règles anciennes et dépassées de représentativité. On voit le résultat, concentration des exploitations, des coopératives et des négoces avec une opposition entre 2 modèles, domaines artisanaux et production semi industrielle voulant utiliser l'image d'Epinal du vigneron. A quand, comme en boulangerie, la création d'un label vigneron artisan?
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JP Le 17 décembre 2021 à 21:07:27
A Marmotte Canadienne. Venez dans le Beaujolais rien de plus facile pour s'installer! Tout dépend de la région!
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Guillaume Le 17 décembre 2021 à 20:32:14
Il faut que ça continue, trop de merde baisse le prix de tout de le monde, la GD fait son bizz et tue le vignoble. Tuer les gens pour vendre pas cher va avoir une limite. La nouvelle génération ne travaille pas avec la GD, ok c'est pas grave, mais le modèle change vite, on le dit pas mais chez carouf c'est sauve qui peut.....
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pg Le 17 décembre 2021 à 19:03:10
Je constate que, les mêmes personnes qui, lorsqu'elles étaient jeunes criaient au loup après les vieux qui vendaient au plus offrant, sont souvent ceux qui , aujourd'hui, ont la même attitude arrivé à l' heure de la retraite. On appelle ça la cupidité. C' est un des moteurs de la réussite du capitalisme.... Qui vend les terrains à bâtir qui grignotent l' espace viticole ? Les agriculteurs. Aux orties les bons sentiment du temps de leur jeunesse . Une fois que l' on a réussit à faire son nid , finis les bons sentiments. C' est à ce demander s'il ne serait pas plus simple de collectiviser toutes les terres agricoles.... Nous n' aurions plus qu' à les louer et payer le fermage à l' état. Les jeunes pourraient ainsi faire la demande de location à un organisme agréé. France Agrimer ? je plaisante ... Encore que , la collectivisation terres ça éviterait les drames à n' en plus finir lors des successions. Ca ramènerait du sang nouveau dans la profession . On aurait plus à racheter toutes les 3 générations nos propriétés. Je me demande si je ne vais pas voter Communiste aux présidentielles ? J' oubliais , ce parti n' existe plus .
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Viti Le 17 décembre 2021 à 14:58:22
Être agriculteur aujourd'hui, c'est être capable d'exploiter et de valoriser son produit, dans un monde globalisé où les produits arrivent de partout, gérer ses coûts, et les demandes des clients exigeants car la concurrence existe! Il faut être polyvalent, multi-tâche, quand dans une grande entreprise il y a des commerciaux, du personnel administratif, un responsable des ressources humaines, un responsable marketing, un comptable, etc On a longtemps fait croire aux agriculteurs que le volume suffit à vendre, ce qui était vrai avant, sauf que nous sommes maintenant en surproduction! Face au volume, le petit agriculteur doit miser sur la qualité de ses produits, avoir des clients qui comprennent et achètent cette qualité à un prix raisonnable plutôt qu'un produit standardisé ou de la malbouffe. Le consommateur doit être éduqué, mais on ne doit pas non plus le prendre pour un p***** Enfin, l'agriculture demande beaucoup d'investissements en temps et en énergie. Les anciennes générations y consacraient leur vie, comme les professionnels de santé dont le métier était une vocation. Le monde a changé.
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Reg Le 17 décembre 2021 à 13:52:34
Les terres agricoles ne sont pas des puits sans fin, les mairies accaparent sans scrupules,tous les jours des hectares, pour leur soi disant développement, qui n'est pourtant que du béton et goudron anarchique. Tout cela manque aux installations, et de plus, les meilleures terres ont toujours été à proximité des villes et des villages. Ensuite, les plus puissants s'accaparent en agrandissement, le peu de parcelles qui se vend.
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Marmotte canadienne Le 17 décembre 2021 à 13:15:33
Bonjour, je ne réagis pas souvent aux articles, mais celui-ci m?interpelle particulièrement. Cela fait 21 ans que je travaille dans le secteur viti vinicole. Au début en tant qu?ouvrier viticole , ensuite 10 ans de tractoriste et maintenant responsable de production. J?ai essayé par 4 fois avec ma femme ?nologue de reprendre une exploitation viticole, dont une dans sa famille. Mais par 4 fois nous avons laissé tomber car le montant de la reprise est exorbitant. Nous avions à chaque fois d?après le plan d?affaires, à peine un smic pour survivre. Autant dire que c?est décourageant. Sur les 4 cas nous avons été face à des vignerons qui surévalue la valeur de leur bien. Donc pour moi personnellement, je ne vois pas comment c?est possible à l?heure d?aujourd?hui de reprendre une exploitation viticole et d?être capable d?en vivre si on n?a pas un apport personnel de plus d?un million d?euros. Je ne demande que la preuve du contraire. Je comprends très bien le désarroi de la filière, mais faut-il que les cédants fassent un effort financier pour les repreneurs si on ne veut pas que la taille moyenne d?une exploitation fasse 100 ha dans 10 ans. Sinon il n?y aura plus que des mégas fabricants-marques de vins. Je sais très bien que mon avis pourra offenser certains vignerons qui ont passé toute leur vie à se démener sur leur exploitation, mais je tenais à faire part de mon expérience personnelle qui n?est pas une généralité.
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