Accueil / Oenologie / Les vignerons plébiscitent les robinets dégustateurs de D-Innovation

Équipement
Les vignerons plébiscitent les robinets dégustateurs de D-Innovation

Les robinets dégustateurs de D-Innovation se répandent dans les chais. Les utilisateurs apprécient leur facilité d'emploi et de nettoyage, ainsi que la sécurité qu'ils apportent. Attention toutefois avec les anciennes cuves béton.
Par Claire Furet-Gavallet Le 07 décembre 2021
article payant Article réservé aux abonnés
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin
 Les vignerons plébiscitent les robinets dégustateurs de D-Innovation
Pierre-Henri Chabot, maître de chai à Château Latour a installé cinq robinets Heclipse sur de nouvelles cuves en inox en 2018. - crédit photo : DR
P

ratiques et hygiéniques. « Nos robinets n'ont aucune zone de rétention », explique Benjamin Thurin, cofondateur de l’entreprise D-Innovation, située à Beychac-et-Cailleau, en Gironde, parlant d'Heclipse et d'Hekinox, ses deux inventions.

À la suite d'un défi que lui a lancé son père œnologue, celui-ci s'est penché sur le sujet pendant son travail de fin d’études en école d’ingénieurs, en 2015. « Les robinets dégustateurs à piston étaient une vraie peste pour lui et restent un problème dans tous les chais. Ils se bouchent pendant les vinifications rendant difficile la prise d’échantillon et ils sont impossibles à nettoyer correctement », rappelle Benjamin Thurin.

Canule amovible

Ses efforts aboutissent rapidement. En 2017, avec deux associés, il lance Heclipse et, deux ans plus tard, Hekinox. Point commun entre ces deux robinets : la canule par laquelle le vin s'écoule est amovible. « Le premier s’adapte sur des cuves neuves. Pour prélever un échantillon, on pose la canule, puis on tourne une petite manivelle. À l’intérieur, une guillotine déchiquète les particules qui pourraient bloquer l'écoulement. Le second modèle s’installe sur des cuves existantes, inox, béton ou bois. Pour l'ouvrir, il faut tourner la canule après l'avoir posée. Si l'ouverture est obstruée, on se sert de la canule pour la déboucher », précise-t-il.

Pierre-Henri Chabot, maître de chai du Château Latour, à Pauillac (33), fait partie des premiers à s'être équipé d’Heclipse, en 2018, lorsqu'il a acquis cinq nouvelles cuves en inox de 30 hl. « Nous avions entendu parler de D-Innovation. Nous souhaitions tester leurs robinets », se souvient-il.

Nettoyage facile

Après trois ans, il est convaincu. Le débit de ces robinets est nettement supérieur à ses attentes. «Le nettoyage quotidien est également beaucoup plus facile, ajoute-t-il. Une fois l’échantillon prélevé, on retire la canule, on la rince, ainsi que l’embout du robinet. Pour un nettoyage intégral, nous démontons ces robinets deux fois par an, comme les autres. Le seul inconvénient, c’était qu'au début on ne savait pas bien quand ils étaient ouverts ou fermés. D-Innovation a tout de suite trouvé la solution en installant un cran de sécurité avec des flèches. Aujourd'hui, nous réfléchissons à en installer sur davantage de cuves.»

Toujours à Pauillac, Alexandre Canciani, maître de chai du Château Duhart-Milon, a aussi été séduit par ces nouveaux robinets. Depuis les vendanges 2020, il vinifie une partie de ses 3000hl dans un nouveau chai. Là, 53 cuves de 25 à 150 hl et quelques garde-vins sont équipés d'Heclipse. « Outre l’hygiène parfaite, j’apprécie la sécurité de ce robinet. Sans la canule, personne ne peut l’ouvrir, ce qui est rassurant. Tout fonctionne parfaitement. Notre échantillonnage est meilleur. Parfois, avec les robinets à piston, il arrivait que le vin ne soit pas représentatif de la cuve car la purge n’avait pas été faite. Là, pas besoin de purge. »

Alexandre Canciani est également satisfait des Hekinox installés sur 26 cuves en béton qu'il a conservées dans son ancien bâtiment. Ici, un tuyau en inox part du centre de la cuve pour alimenter le robinet dégustateur : l'assurance de prélever un échantillon représentatif. « L'entrée du tuyau est protégée par boule percée qui empêche des particules solides de se faufiler dans le conduit », précise-t-il.

Petit bémol : le prix

Au Château Vieux Paquillon, à Mérignas, Lucie Brun est moins convaincue. La référente de cette propriété a fait installer trois Hekinox sur des cuves en béton de 135 à 160 hl. « Je souhaitais avoir davantage de flux. Mais le résultat n’est pas là. Et les robinets se bouchent toujours, malgré leur guillotine. C'est lié à nos cuves béton », relativise Lucie Brun. En effet, celles-ci sont si épaisses que le conduit qui alimente le robinet dépasse 42 mm de long. « Dans ce cas, notre guillotine ne peut pas déloger les particules solides. Sur certaines anciennes cuves béton, il faut placer nos robinets à un endroit mince », commente Benjamin Thurin.

Autre ombre au tableau : le prix. Ces robinets sont bien plus chers que ceux à piston. « Nous vendons Heclipse entre 200 et 250 €, installation comprise sur nos cuves neuves, contre 50 € pour un robinet classique », indique Didier Salin, cadre technique chez Serap Industries. Hekinox est vendu environ 120 € par Frédéric Dantin, distributeur en Gironde. « J'en ai installé dans une cinquantaine de domaines. C’est un robinet révolutionnaire », observe le distributeur. Un choix cornélien pour certaines propriétés.

Une hygiène prouvée

L'Institut des sciences de la vigne et du vin de Bordeaux (ISVV) a mesuré l’hygiène des robinets D-innovation en dénombrant les populations de levures et de bactéries dans des échantillons de vin rouge selon qu'ils étaient prélevés par un robinet classique, un Heclipse ou un Hekinox. Pour ce faire, les expérimentateurs ont réparti un bordeaux rouge non sulfité dans trois cuves de 15 litres, chacune équipée de ces trois robinets. Durant sept mois, les expérimentateurs ont fait six prélèvements. Ils ont comparé les échantillons tirés avec les différents robinets dégustateurs à l'échantillon de référence prélevé de façon stérile par le haut de la cuve. Résultat : 89 % des échantillons Heclipse et 83 % des Hekinox étaient équivalents à l’échantillon de référence, affichant un écart de population inférieur à 10UFC/ml. Dans le même temps, seulement 22 % des échantillons tirés avec le robinet classique présentaient un écart inférieur à 10UFC/ml par rapport à la référence. 30% renfermaient 10 à 100UFC/ml de microorganismes en plus et 31% entre 100 et 1 000UFC/ml.

Partage Twitter facebook linkedin
Tous les commentaires (0)

Pas encore de commentaire à cet article.
© Vitisphere 2022 - Tout droit réservé