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World Bulk Wine Exhibition
Retour réussi pour la grand-messe des vins en vrac

Premier salon international en Occident depuis 18 mois pour le secteur, le salon World Bulk Wine d'Amsterdam affiche un bilan satisfait. Même si la fréquentation était en baisse cette année, les retours sont globalement positifs.
Par Sharon Nagel Le 24 novembre 2021
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Retour réussi pour la grand-messe des vins en vrac
Les allées étaient moins remplies que d’habitude mais la qualité et le dynamisme du visitorat a été soulignée par tous - crédit photo : Sharon Nagel
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es 265 exposants de la World Bulk Wine Exhibition ont accueilli 4 000 visiteurs professionnels à Amsterdam ces 22 et 23 novembre. Les restrictions annoncées quelques jours avant l’événement par le gouvernement néerlandais, et les scènes de violence dans différentes villes diffusées par les médias, auront certes dissuadé quelques visiteurs. « Certains de nos clients ont annulé leur venue la semaine d’avant, de peur de ne pas pouvoir rentrer chez eux en cas de fermeture des frontières », confirme Eneas Riquelme de la coopérative argentine Fecovita, plus gros producteur de vins en Amérique du Sud.

Certains stands, aussi, sont vides, notamment ceux des Italiens qui se sont fait remarquer par leur absence. « Les médias se sont beaucoup focalisés sur les événements aux Pays-Bas », explique Viktoria Szovenyi, directrice export de la société italienne Cortecchia, basée en Emilie-Romagne. « L’Italie a été très marquée par le Covid et les Italiens ont eu peur d’attraper le virus, mais aussi de devoir fermer leurs entreprises en cas d’infections ». A contrario, des exposants venus de pays moins en vue comme la Macédoine, l’Ukraine, la Hongrie et la Roumanie sont bien présents et ont visiblement attiré des acheteurs cherchant à basculer leurs approvisionnements du fait des pénuries ailleurs.

 Les acheteurs sont vraiment venus pour signer des contrats

D’autres exposants pointent encore le manque de convivialité qui donne une plus-value aux salons professionnels : « nos acheteurs africains et d’autres se sont déplacés à Amsterdam, mais les affaires se font souvent en dehors du salon », insiste Luis Miguel Borras, directeur export de la cave Cherubino Valsangiacomo dans la région de Valence, évoquant le problème du couvre-feu à 20 heures. Un avis partagé par Quentin Fischer, directeur de la cave Terre d’Expression à Fabrezan dans les Corbières, qui participe pour la première fois sur le stand collectif des coopératives régionales. « Nous sommes un peu déçus par le manque de soirées, parce que sans elles, la relation se limite au côté purement pratique. Il n’y a pas de vrais échanges », regrette-t-il, tout en notant que « les acheteurs sont vraiment venus pour signer des contrats, surtout en blancs et en rosés ».

Malgré ces quelques déceptions, l’envie de renouer les liens en présentiel est particulièrement palpable cette année. « Après dix-huit mois d’absence, ça a fait beaucoup de bien de se retrouver », confirme Nikola Ljubotenski, directeur de la société macédoine Imako Vino. Pour d’autres, il s’agissait de réaffirmer sa présence sur le marché des vins en vrac, en dépit des difficultés conjoncturelles. C’est le cas des Celliers Jean d’Alibert dans le Minervois : « En 2022, nous aurons des vins à vendre, donc nous participons cette année – c’est notre 7ème participation – pour maintenir notre présence », note Pierrick Harang, consultant auprès de la société.

Une campagne difficile à déchiffrer et à anticiper

Quelles que soient les motivations, cette treizième édition de la WBWE aura indéniablement confirmé une nouvelle fois son rôle incontournable pour les acteurs du vrac. « S’il fallait choisir entre Prowein et la WBWE, ce serait sans hésitation la Bulk », affirme Andrew Porton, directeur de la société britannique Wine Fusion et intervenant lors d’un cycle de conférences particulièrement étoffé et en phase avec les problématiques actuelles de la filière. Packagings novateurs, développement durable, difficultés logistiques, la montée en puissance du e-commerce et les opportunités offertes par les "private labels" sont autant de thèmes qui ont attiré une assistance nombreuse, toutes proportions gardées vu la baisse de fréquentation globale. La plateforme de mise en relation, VMarket, qui reste en ligne jusqu’au 29 novembre, a également été saluée : « la plateforme fonctionne très bien, nous avons même envoyé nos premiers échantillons en Australie avant le salon », se félicite Thys Loubser de la coopérative sud-africaine Robertson.

Avec en toile de fond une campagne 2021-2022 particulièrement difficile à interpréter, du fait notamment de la faible récolte européenne, d’un marché mondial encore menacé par les suites du Covid-19 et d’un casse-tête logistique qui risque de durer jusqu’en 2023, la WBWE a pleinement joué son rôle de baromètre d’un secteur qui pèse tout de même pour un tiers des échanges mondiaux de vins.   

 

L’Italie et l’Argentine décrochent des grandes médailles d’or

Seul concours au monde dédié aux vins en vrac, l’International Bulk Wine Competition a réuni 140 échantillons issus de 12 pays producteurs. La veille du salon, un jury composé de vingt acheteurs et journalistes de premier plan a décerné deux grandes médailles d’or, l’une à la Compagnia Medit. Del Vino dans les Pouilles en Italie pour son primitivo, et l’autre au merlot de la société argentine Juviar. Au total, 21 médailles d’or ont été décernées, et 17 médailles d’argent. Aucun vin français ne figure parmi les médaillés.

 

 

 

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