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Interview croisé
Assurer ses vignes coûtera jusqu'à +25 % chez Groupama et Pacifica en 2022

Le vignoble français faisant face à une récolte historiquement basse en 2021, les déclarations de sinistres affluent auprès des assureurs, qui révisent à la hausse leurs tarifs pour 2022. Le point avec Delphine Létendart, la directrice Marché Assurances de Groupama, et Jean Michel Geeraert, le directeur du marché de l'agriculture et de la prévention de Pacifica (filiale du Crédit Agricole, avec 5 260 assurés dans le vignoble : 3 100 en multirisque climatique et 2 150 assurés en grêle seulement).
Par Alexandre Abellan Le 24 novembre 2021
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Assurer ses vignes coûtera jusqu'à +25 % chez Groupama et Pacifica en 2022
Delphine Létendart et Jean Michel Geeraert ont été interviewés séparément avec des questions identiques. - crédit photo : Groupama (Marot Fayol) et Pacifica
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En termes d’activation d’assurance récolte, quel est le bilan de l’année 2021 pour Groupama et Pacifica dans le vignoble ? S’agit-il de chiffres historiques ?

Delphine Létendart : A ce stade, 2021 a été marqué principalement par un épisode de gel survenu en avril. À la suite de cet épisode de gel : plus de 80 % de nos sociétaires en viticulture ont déclaré un sinistre, représentant plus 100 000 hectares de surfaces agricoles sinistrées. Les pertes subies par nos viticulteurs dépassent les 220 millions € et sont plus que doublées par rapport à 2017. Toutes les régions ont été touchées. La récupération des vignes en cours de cycle a été moindre qu'en 20217 et à date nous pouvons d'ores et déjà affirmer que ce gel est historique, nettement plus pénalisant que celui de 2017 et a fortiori que ceux de 2019 et 2020. Le rapport sinistre à prime du portefeuille sur toutes cultures sera supérieur à 170 % pour 2021.

Jean Michel Geeraert : Compte tenu de la fréquence des événements climatiques survenus en 2021 (gel, grêle, excès d’eau, fraîcheur et manque de luminosité), mais aussi de leur intensité, plus de 90 % de nos assurés nous ont adressé une déclaration de sinistres. Dans ces conditions le rapport sinistres sur cotisations sera une nouvelle fois très déficitaire.
 

Quelles sont les conséquences de cette année 2021 sur les contrats 2022 ? Notamment en termes d’augmentation globale des prix et des possibilités de modulation des contrats (rachats de prix, de franchise, de rendement…) ?

Delphine Létendart : Groupama prévoit "au global" une hausse de primes sur les contrats MRC (MultiRisques Climatiques) pouvant approcher 25 % pour la viticulture, avec une approche segmentée selon les régions. Groupama a fait le choix d’arrêter la diffusion de deux options : le rachat de franchises inférieures à 20 % et la garantie complément de rendement. Ces deux options non subventionnées amènent une sinistralité très élevée et sont coûteuses à financer.

Jean Michel Geeraert : La fréquence de survenance des aléas juxtaposée au modèle de fonctionnement de la moyenne olympique incite nos assurés à diminuer le niveau de franchise choisi. Ce rachat de franchise permet aux viticulteurs de compenser la baisse mécanique des rendements historiques.

Pour maintenir les bons niveaux de garanties offerts à nos assurés, et ce malgré les mauvais rapports sinistres sur cotisations enregistrés depuis 2016, le coût de l’assurance à l’hectare, net de subvention, augmentera d’environ 20 €/ha en 2022 avec quelques disparités selon les régions. C’est à dire passer de 80 € net de subvention en 2021 à 101 €/ha en 2022.

 

2022 étant une année de tuilage avant le nouveau système assurantiel prévu pour 2023, comment assurer un maintien, voire un développement, des vignobles assurés l’an prochain ? La baisse de de la moyenne olympique et les hausses de prix risquent-ils de causer un repli des surfaces assurées ?

Delphine Létendart : Groupama va continuer de soutenir et d’accompagner la filière viticole, face à l'ensemble de ses enjeux, notamment l'assurance des vignobles.

La plupart des assurés envisagent de maintenir leur assurance multirisque climatique pour l’année prochaine, quitte à revoir le niveau de leurs garanties. Quelques-uns éventuellement pourraient revenir vers de l’assurance grêle mais cela reste une minorité.

Jean Michel Geeraert : S’agissant de la baisse de la moyenne olympique et comme évoqué précédemment nos assurés conservent le choix de diminuer leur franchise ou racheter du rendement afin de conserver un rendement garanti cohérent avec le potentiel de rendement attendu.

L’augmentation des cotisations est nécessaire pour assoir la pérennité de cette offre dans la durée.

 

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