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Séverine Frerson, chef d'une nouvelle belle époque

En 2020, Séverine Frerson est devenue la 8ème chef de caves de la maison Perrier-Jouët . C'est la deuxième femme après Rose Adélaide Jouët, fondatrice avec son époux Nicolas Perrier de la maison éponyme en 1811 à accéder à un poste clef longtemps occupé par des hommes. Signe d'une nouvelle ère qui s'amorce et d'un dialogue ininterrompu avec ses homologues masculins.
Par Laurie Andrès Le 27 novembre 2021
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Séverine Frerson, chef d'une nouvelle belle époque
En 2021, Séverine Frerson fait partie des rares femmes à occuper la fonction de chef de caves en Champagne. - crédit photo : MMPJ
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vant Séverine Frerson, il y a eu Hervé Deschamps. Entré chez Perrier-Jouët en tant qu’oenologue en 1983, il a remplacé André Baveret en 1993, un autre homme qui a tenu la cave pendant près de 30 ans avant lui.

Ces « indéboulonnables » ambassadeurs reflètent une réalité connue dans la filière sur l’accès des femmes à des postes à responsabilité.

Si l’on compte aujourd’hui par poignée des femmes promues chefs de cave au sein des maisons de champagne, pour Séverine Frerson, il s’agit surtout d’une longue phase de transmission et de renouvellement.

Transmission

Originaire de Sillery (village niché au coeur de la Montagne de Reims),  Séverine Frerson est « une fille du cru » qui a rapidement trouvé sa voie. « Dès l’âge de 12 ans, je voulais absolument travailler au contact des vins, j’aidais les voisins de mes parents en faisant quelques travaux viticoles », explique Séverine Frerson.

Diplômée d’un Diplôme National d’Œnologue (DNŒ), celle qui est désormais « addict » aux moûts en fermentation rejoint au début des années 2000 la maison Piper-Heidsieck et accède au très convoité poste de chef de caves en 2018, « une nomination historique » selon le site d’information britannique Harpers, puisqu’elle est la seule parmi les 10 premières maisons de champagne à occuper ce poste avant d’entamer une période de transmission avec Hervé Deschamps chez Perrier-Jouët jusqu’en 2020.

Comme abonné aux relais (Séverine Frerson a passé 3 ans avec Régis Camus chez Piper-Heidsieck avant de prendre la relève), et aux temps longs, Séverine Frerson considère ces passages de flambeau comme un bagage indispensable à sa prise de poste : « Quand je suis arrivée chez Perrier-Jouët, Hervé {Deschamps} m’a transmis une richesse au niveau du patrimoine de la maison, c’est un féru d’histoire et d’art nouveau, cette maison, il la connaissait pas cœur ».

Je n’ai jamais eu à me battre pour obtenir la place que j’ai aujourd’hui

Pour Séverine Frerson, ce travail en duo, nécessaire pour comprendre les rouages et les us et coutumes d’une maison, appuie la complémentarité existante avec ses homologues masculins.

« Aujourd’hui, il y a beaucoup plus de femmes chefs de caves, c’est aussi le cas dans les comités de dégustation, on ne déguste pas de la même façon. Il y a une strate émotionnelle et imagée dans la dégustation chez les femmes qui est davantage technique chez les hommes, ce qui est intéressant c’est ce qu’apporte chacun, son ressenti », affirme Séverine Frerson.

Bien dans ses baskets, fonceuse, celle qui se reconnait dans la détermination de Rose Adelaïde Jouët, n’a jamais souffert du manque de représentation féminine dans les fonctions qu’elle occupe.

« Je n’ai jamais eu à me battre pour obtenir la place que j’ai aujourd’hui, j’ai aussi trouvé ma place assez facilement au sein des comités de dégustations. On venait me chercher donc je me suis dit que ce que j’avais à dire comptait », affirme Séverine Frerson.

Consciente de ses atouts et d’apporter une nouvelle dimension au sein de ses fonctions, Séverine Frerson sait que les défis qui l’attendent entendent dépasser les éternels questionnements de genres.

« Nous faisons face à des challenges inédits, climatiques et environnementaux, ma touche personnelle est certainement celle de la nature, je souhaite mobiliser mes équipes autour du langage des fleurs et de la texture dans l’approche de dégustation des vins »

 

 

 


 

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