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Deux-en-un
Le broyeur de couvert SDS Kuhn paille en même temps le rang de vigne

Une double utilité de l'herbe ! Cet broie le couvert interligne et paille les rangs simultanément. Focus sur cet équipement utilisé par des viticulteurs qui diminue leur désherbage.
Par Vincent Gobert Le 17 mai 2021
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Le broyeur de couvert SDS Kuhn paille en même temps le rang de vigne
Le broyeur SDS de Kuhn permet de détruire le couvert interligne et de pailler les rangs à l'aide de l'herbe coupée - crédit photo : Vincent Gobert
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n ne soupçonne pas tous les bienfaits de l’herbe. Depuis quelques années, des viticulteurs se mettent à pailler leurs rangs en se servant de l’herbe broyée en interligne. Une opération « 2 en 1 » permise par exemple par l’outil SDS – pour Slide Delivery System – de Khun dont les exploitants tirent satisfaction. « Le but est de diviser le désherbage par deux ». D’emblée, l’intention de Damien Certain est très claire. Viticulteur sur 47 hectares à Camiran, en Gironde, il change de stratégie pour lutter contre les adventices du rang en 2020. Il achète alors un SDS 180 neuf pour ses vignes plantées en 2,5 m. « Je me suis dit qu’au lieu de tondre le couvert interligne, je pouvais très bien le broyer et l’utiliser pour pailler le rang, décrit-il. Je suis certifié en HVE et mon but est de diminuer les intrants. Paris tenu dès la saison dernière grâce à cette machine ! Mon IFT herbicides passe de 1 à 0,4 ! L’outil complet m’a coûté dans les 7500 € HT et a été éligible à une aide. Je ne trouve pas que c’est cher ».

A Monbazillac, Mathieu Gros a déjà fait 2 saisons avec un SDS 150 sur ses 10 ha. Il a acheté ce modèle à double dépose aux environs de 7 000 € HT. « Ça broie très bien mon enherbement spontané, dit-il satisfait. J’arrive à faire deux coupes par campagne. Il est arrivé que j’ai peu d’herbe sur certaines parcelles, où je ne fais que tondre. Avec le SDS, le paillage est plus fourni dans mes vignes larges de 3,80 m où je passe deux fois pour faire la largeur que dans mes vignes à 2 mètres. Je fais encore un glypho au printemps, à 1 l/ha pour que le cavaillon soit d’emblée propre, idem en début d’été. Je les diminuerai à l’avenir quand je sèmerai sur l’enherbement spontané ».

Se servir de l’herbe pour en même temps pailler le rang

Même satisfaction chez Bastien et Cyril Martinez, à Espondeilhan, dans l’Hérault. Les deux frères vignerons exploitent avec leur père une quarantaine d’ha plantés en 2,50 m. « Nous avons découvert le broyeur SDS avec dépôt latéral en regardant des vidéos sur internet, décrit Bastien Martinez. Comme cela fait trois ans que nous faisons des couverts, nous nous sommes dit que c’était une bonne idée de se servir de l’herbe pour en même temps pailler le rang. Nous avons donc acheté un SDS 180 d’un peu moins de 1,80 m de largeur de travail cet hiver. On a déjà fait une première coupe il y a un mois alors que le couvert avait atteint la hauteur des baguettes. Cette fin avril, on commence la deuxième. Le SDS projette l’herbe des deux côtés simultanément. Il paille très bien le rang. Ça marche super bien ! »

Cyril et Bastien Martinez expérimentent les couverts depuis 3 ans. Petite démo une fin d'après-midi d'avril dans une vigne prochainement arrachée.

Polyvalent, le SDS est aussi capable de broyer les sarments

Concrètement, la dépose latérale est assurée par une vis sans fin à pas simple ou à pas double entraînée par un moteur hydraulique directement connecté au distributeur du tracteur. Il est possible de régler le régime de rotation de la vis afin d’adapter l’outil aux conditions de travail : quantité de végétaux et vitesse d'avancement. La vis est également démontable pour assurer le broyage de sarments ou bois de taille. Ce qui intéresse Damien Certain. « C’est l’un des arguments qui m’a convaincu d’acheter le SDS ».

Pour son usage, il choisit de ne faire la dépose d’herbe coupée que d’un seul côté de l’interligne. « Je paille un rang sur deux, décrit-il. C’est au passage suivant, après la repousse, que je paille l’autre rang. La maîtrise de l’enherbement du rang est bonne car je maintien le désherbage chimique de printemps. Je veux partir dans la saison avec des rangs propres. C’est celui de l’été que je supprime grâce au paillage. » Résultat des paillages de 2020 : « l’herbe se tasse vite sur le rang, elle se décompose mais elle tient bon d’avril à juin. En-dessous, quelques graminées se développe un petit peu. La pousse est freinée par la décomposition du paillage. Le niveau d’enherbement est très acceptable. Puis l’été, le peu qui a poussé est brûlé au soleil. »

Réglages de hauteur et vitesse

« Les réglages sont très simples, précise de son côté Bastien Martinez. Il n’y a que la hauteur de coupe et la vitesse d’éjection de l’herbe par la vis sans fin qui sont à fixer. Nous choisissons la hauteur la plus faible ». La vitesse de la vis se règle grâce à un robinet placé sur le circuit hydraulique qui alimente la vis, selon un indicateur qui va de 0 à 9. « C’est fonction de la quantité de couvert qui est coupée et qu’il faut distribuer sur les rangs, ajoute Bastien. Et c’est aussi fonction de la vitesse d’avancement. En deuxième coupe avec une fourniture d’herbe en quantité moyenne et avec une vitesse d’avancement d’environ 4,5 km/h, on règle l’outil sur la position 4. Le but est aussi de ne pas faire tourner trop vite la vis pour que l’éjection se fasse sur la ligne de souches. Bien réparti, nous espérons que ce paillage maintiendra l’humidité offerte par notre goutte-à-goutte ».

Mathieu Gros a de son côté tendance à travailler avec une vitesse de vis élevée. « Je suis presque au maximum, détaille-t-il, et j’avance à une vitesse faible, dans les 2,5 km/h. De cette manière, je m’assure de ne pas bourrer la vis. Car il m’est arrivé de devoir en sortir l’herbe accumulée et c’est l’enfer ! ».

Focus sur la vis

Des améliorations possibles, chez soi comme sur l’outil

Les viticulteurs qui se positionnent sur ce SDS travaillent dans l’optique d’utiliser moins d’herbicides. Ce printemps 2021, Damien Certain fait par exemple passer un outil de travail du sol intercep appartenant à ses voisins avant de pailler ses rangs. « Je voudrais tenter de passer une lame Pellenc ou des disques émotteurs plus des lames. Mon oncle a un Herbanet, ce serait parfait de l’essayer au printemps sur sol humide ». Du côté de Mathieu Gros, l’évolution concernera le semis. « Je vais compléter l’enherbement spontané dans lequel il y a déjà de la moutarde, de la vesce et des graminées en semant du seigle et du pois fourrager pour obtenir un couvert très épais. Le paillage sera plus conséquent. Je passe en HVE, je pourrai encore diminuer le désherbant ».

Pour Bastien et Cyril Martinez, la hauteur de coupe minimale pourrait être encore plus basse pour valoriser un peu plus d’herbe en paillage. « Car on n’arrive pas à être plus bas avec les bras de relevage du T4, on est au max ». Un problème que Mathieu Gros ne semble pas rencontrer sur son Fendt 209 P : « je règle la position du rouleau et les bras du tracteur pour broyer à ras du sol, décrit-il, je pourrais même baisser encore, mais je vais travailler le sol ! »

Attelé à l'arrière du tracteur

« Un autre petit inconvénient est que le SDS ne s’attèle qu’à l’arrière du tracteur ajoute Bastien Martinez. Ça pourrait être mieux positionné à l’avant. En conséquence, le couvert est écrasé par les roues de notre New Holland T4F. Le passage de roues reste assez couché et n’est pas bien coupé. On en fait notre affaire. En fonction de la météo du printemps, cela favorisera le passage du pulvé s’il pleut. Si le temps est sec, on passera un coup de disques ou de rotavator ». L’herbe doit rester utile et ne pas former une contrainte, pas de pitié pour elle !

 

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