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La vallée du Rhône a plutôt bien résisté à la crise

Lors de la conférence de presse économique d'Inter Rhône qui a eu lieu le 29 avril, Philippe Pellaton, son président, a dressé un bilan relativement rassurant de la situation économique du vignoble. Selon lui, la vallée du Rhône a relativement bien résisté dans un contexte de contraintes multiples.
Par Chantal Sarrazin Le 03 mai 2021
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La vallée du Rhône a plutôt bien résisté à la crise
Avec la prochaine réouverture des restaurants, des commerces et de la saison estivale, la consommation des ménages va repartir à la hausse » estime Philippe Pellaton. - crédit photo : Inter Rhône
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« Notre situation économique n’est pas si mauvaise, compte tenu des difficultés auxquelles notre filière a été confrontée au cours de ces derniers mois, la crise sanitaire, les taxes américaines, le Brexit…», a déclaré Philippe Pellaton, président d’Inter Rhône au cours d’une conférence de presse économique organisée le 29 avril dans les locaux de la Maison des Vins à Avignon (84). Pour autant, il n’occulte pas les « situations individuelles compliquées de certains vignerons. »

Les AOC de la vallée du Rhône ont ainsi limité à -8 % le repli des sorties de chais, au cours de la campagne 2019/2020. Soit un volume commercialisé de 2,4 millions d’hl par rapport à la campagne précédente. « L’export a plutôt bien résisté, - 1 %, grâce aux pays européens, Belgique, Allemagne, Grande-Bretagne, commente Philippe Pellaton. En France, la grande distribution est à l’étal. En revanche, les ventes en CHR ont souffert de manière importante. » À l’export, certains marchés sont toutefois inquiétants. C’est le cas de la Chine où le volume exporté a été divisé par deux pour s’établir à 46 000 hl.

+10 % des stocks

Globalement, ce recul des sorties a eu pour conséquence une augmentation du stock à la production de + 10 % représentant 2,4 millions d’hl, au 31 juillet 2020, ce qui équivaut à 17 mois de réserve. « Après le gel que nous avons subi les 7 et 8 avril dernier, ce stock constitue une opportunité, observe Philippe Pellaton. D’autant que n’avons eu que faiblement recours à la distillation de crise, - de 4 % de notre production. Nous allons pouvoir honorer nos marchés. » Il prédit un stock équivalent à 12 mois de commercialisation au 31 juillet prochain et de 7 mois à l’orée 2022. Le président d’Inter Rhône en est persuadé : « Avec la prochaine réouverture des restaurants, des commerces et de la saison estivale, la consommation des ménages va repartir à la hausse », explique-t-il.

Dans ce contexte, Inter Rhône qui n’a pas consommé toute l’enveloppe budgétaire dédiée à la promotion du vignoble, à cause de l’annulation de nombreux événements tels que les salons, dispose d’une manne supplémentaire dont elle va se servir pour relancer la machine. « L’an passé, nous avions revu nos attributions en allouant 50 % de notre budget en France, contre 30 % jusque-là, et 50 % à l’export versus 70 % auparavant, expose Philippe Pellaton. Nous allons conserver ces ratios. Comme l’an passé, nous tablons sur une hausse de la fréquentation touristique dans notre région. Il est peu probable que nos compatriotes voyagent hors de nos frontières. Dans cette perspective, nous disposons d’une force de frappe supplémentaire pour accompagner le développement de nos ventes. »

 

Retour sur le gel des 7 et 8 avril

Selon Inter Rhône le gel qui a impacté le vignoble de la vallée du Rhône dans la nuit du 7 au 8 avril dernier, devrait impacter 30 à 40 % de la récolte à venir. « Tout le vignoble a gelé, mais avec des disparités suivant les secteurs, indique Philippe Pellaton. Le Vaucluse est très impacté avec des dégâts colossaux sur des vignes qui avait déjà poussé. Les vignobles de Condrieu et de Côte-Rôtie ont également subi des dégâts importants. La zone autour de Tain l’Hermitage a été relativement épargné. Même chose dans le Gard à Tavel, Lirac, Laudun Chusclan. Les costières-de-nîmes en revanche ont été largement touchés. »


 

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