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Saint-Émilion
Ce cru classé remporté pour 75 millions € par Joséphine Duffau-Lagarrosse et la famille Courtin (cosmétique Clarins)

La SAFER espère clore la polémique naissante avec la sélection d'une jeune agricultrice issue d'une branche minoritaire des propriétaires du château Beauséjour héritiers Duffau-Lagarrosse.
Par Alexandre Abellan Le 08 avril 2021
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Ce cru classé remporté pour 75 millions € par Joséphine Duffau-Lagarrosse et la famille Courtin (cosmétique Clarins)
« Un appel de candidatures, a permis l’émergence, en toute transparence, de différents projets de reprise qui ont été examinés dans des conditions et avec un traitement identiques » indique la SAFER. - crédit photo : Château Beauséjour Héritiers Duffau-Lagarrosse
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ouveau rebondissement dans la série des grands crus clashés à Saint-Émilion. Réuni ce 7 avril, le conseil d’administration aquitain de la Société d'Aménagement Foncier et d'Établissement Rural (SAFER) acte la vente du disputé château Beauséjour héritiers Duffau-Lagarrosse (6,75 hectares de premier grand cru classé B). La candidature qui remporte la mise est finalement celle de l’ingénieure agronome et œnologue Joséphine Duffau-Lagarrosse (30 ans, la fille de l’actuel co-gérant*, Vincent Duffau Lagarosse), soutenue financièrement par la famille Courtin (à la tête des cosmétiques Clarins, dont c’est le premier projet viticole). « Nous prenons acte du choix fait par la SAFER et nous allons poursuivre le processus engagé » indique à Vitisphere Christophe Redaud, co-gérant du château.

Dans un communiqué inhabituel (mais répondant à une polémique naissante), la SAFER défend une décision « qui favorise à la fois l’installation d’une jeune agricultrice et la pérennité d’une exploitation viticole ». Jouant la transparence, la SAFER indique que son appel d’offre pour racheter la propriété à 75 millions € a recueilli quatre candidatures. Si celle de Stéphanie de Boüard-Rivoal (co-propriétaire et PDG du château Angélus, 27 ha de premier grand cru classé A) avait l’avantage lors du comité technique du 18 mars, la réunion du 7 avril a privilégié celle de Joséphine Duffau-Lagarrosse et de la famille Courtin. La SAFER indiquant « soutenir un projet d’agriculture durable respectueux de la biodiversité » et « maintenir le lien historique entre cette exploitation viticole et l’un des membres de la famille Duffau-Lagarrosse ».

Huitième génération
Joséphine Duffau-Lagarrosse sera en effet la représentante de la huitième génération familiale à piloter le domaine (la propriété appartenant à la famille depuis 1847). N’ayant pas présenté de projet de reprise lorsque les 32 actionnaires familiaux ont décidé de vendre la propriété, l’ingénieure agronome et œnologue de Bordeaux a réussi à trouver un investisseur lui permettant de monter un dossier d’installation. De quoi faire grincer des dents pour un autre dossier candidat : celui de la famille Cuvelier (propriétaire du clos Fourtet, 20 ha de premier grand cru classé B).

Initialement choisi le 7 novembre 2020 par 92 % des propriétaires du château Beauséjour héritiers Duffau-Lagarrosse, le projet de la famille Cuvelier était d’installer un Jeune Agriculteur, Grégoire Pernot du Breuil. La famille Cuvelier n’a pu être contactée pour réagir, mais ne cachait pas son incompréhension cette fin mars face au processus d’appel d’offres de la SAFER, remettant en cause leur « victoire à la loyale » pour la reprise du domaine.

5 contentieux annuels

Semblant prévenir toute velléité de poursuite judiciaire, la SAFER précise dans son communiqué qu’elle « analyse en moyenne 3 500 candidatures par an pour retenir finalement 1 800 projets. Ces arbitrages parfois difficiles ne génèrent en moyenne que 5 contentieux annuels dont la très grande majorité se solde à l’avantage de la Safer. »

Contactées, Joséphine Duffau-Lagarrosse et Stéphanie de Boüard-Rivoal ne souhaitent pas commenter.

 

* : Joséphine Duffau-Lagarrosse ne travaille pas pour le domaine familial, mais est la directrice technique du château les Grands Chênes (Haut-Médoc, groupe Bernard Magrez).

Mise à jour du 9 avril

Dans un communiqué du 9 avril, les candidats ayant remporté la vente font état de leur satisfaction. « Ce projet d’investissement [...] est cohérent avec nos valeurs de recherche de l’excellence, de maintien d’une identité et d’une marque familiale, mais aussi de préservation de l’environnement. Nous allons réaliser les investissements nécessaires à une meilleure valorisation encore de ce terroir exceptionnel. Notre projet est un projet durable, responsable, porté par une vision de long terme » indique Prisca Courtin-Clarins, en charge de la diversification au sein de la holding famille C.

« Je n’ai désormais qu’une hâte : m’installer sur l’exploitation en qualité de jeune agricultrice, commencer à travailler au plus vite, pour mettre en oeuvre dès cette année une agriculture de précision et produire des vins toujours plus exigeants » ajoute Joséphine Duffau-Lagarrosse.

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Tous les commentaires (1)
J.Henry DAVENCE Le 08 avril 2021 à 15:26:55
Il est également bon de rappeler que dans ces dossiers la SAFER se prend une com de 8% environ et que les "richissimes"repreneurs ( terme plus juste que jeunes agriculteurs) bénéficient des nombreux avantages fiscaux et administratifs que le passage du dossier par la SAFER procure. Quant à l'impartialité des commissions...dans le doute on va dire que l'on a pas de raison de douter...( mais à titre personnel je n'ai pas de doute : les commissions sont douteuses ). c'est le compte en banque de la SAFER qui gonfle, que dis-je qui enfle. Et arrêtons de dire que la SAFER sert des projets qui permettent de vraies nouvelles installations!!! La SAFER est une invention bolchévique au service de la FNSEA dans de nombreuses régions. Elle contribue même à l'augmentation du prix des vignes. SAFER à supprimer vite...
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