LE FIL

Sabi Agri

Le tracteur électrique français testé et approuvé

Vendredi 22 janvier 2021 par Marion Bazireau
Article mis à jour le 26/01/2021 08:51:51

Les viticulteurs ont apprécié voir leurs outils sans tourner la tête en arrière.
Les viticulteurs ont apprécié voir leurs outils sans tourner la tête en arrière. - crédit photo : Sabi Agri
A Bordeaux et Bergerac, deux viticulteurs ont testé les modèles Alpo. Ils ont apprécié leur silence et leur maniabilité. Leur poids plume n’a pas compacté les sols. Grâce au poste de conduite reculé de l’enjambeur, ils ont pu surveiller leurs interceps tout en gardant un œil sur le bout du rang.

On s’habitue vite au confort. « J’ai toujours conduit de vieux tracteurs sans cabine. Ne plus entendre que le bruit de mes outils, ça m’a d’abord fait bizarre. Puis, au bout d’une demi-journée, rien que le bruit de la centrale hydraulique me dérangeait » se souvient Nicolas Caussan, à Blaignan, dans le Médoc.

Le viticulteur sera certifié bio cette année. « Comme je ne voulais pas que le travail du sol augmente mon bilan carbone, j’ai demandé à Sabi Agri de me louer un interligne électrique Alpo ».

En avril dernier, Nicolas Caussan a réceptionné un tracteur d’1 mètre de largeur de voie et de 850 kgs, deux fois plus léger que les autres modèles du marché, doté de deux zones de relevage, à l’avant et à l’arrière, de 4 roues motrices, dont 2 directrices, avec une puissance de 50 ch électriques.

« Hormis sa taille, et la présence d’un panneau solaire sur la cabine, il ressemble à un tracteur classique. Le poste de pilotage est similaire à celui d’un modèle à transmission hydrostatique. La butée haute et la butée basse se règlent sur un écran tactile. C’est très facile. Pour tout le reste, on utilise le joystick ».

"J'ai vite pris mes repères"

Le viticulteur a travaillé ses rangs avec des disques émotteurs non animés et une paire de lames interceps dotées de gros vérins très gourmands en énergie. Dans son inter-rang de 2 mètres, au sol argilo-calcaire collant, il a aussi tiré sans difficulté des outils à dents Actisol pour décompacter sur 10 cm maximum de profondeur.

« J’ai vite pris mes repères. Grâce à son centre de gravité bas, l’interligne est très stable et il épouse bien le terrain ». Nicolas Caussan le rechargeait lors de sa pause déjeuner. « En 45 minutes c’était réglé, et je pouvais ensuite l’utiliser jusqu’à la fin de la journée. Pour l’entretien, il y a trois photos à la fin de la notice et 6 points de graissage, c’est tout ».

Moins de tassement

L’interligne tournera au Château Le Tertre de Caussan jusqu’au printemps. « Ensuite, je recevrai un enjambeur électrique. Il me tarde de l’avoir. En roulant sur les bandes enherbées, je tasserai encore moins mes sols ».

A entendre son confrère Thierry Daulhiac, viticulteur en bio et biodynamie au Château Le Payral, en appellation Bergerac, Nicolas Caussan ne devrait pas être déçu. « J’ai pu le tester avec mes interceps Braun lors d’une demi-journée de démonstration organisée par Sabi Agri l’année dernière » relate Thierry Daulhiac. Sa pneumatique large basse pression a bien limité le tassement du sol. « Je n’ai pas vu de traces après son passage. Je pense qu’on pourrait même prétailler ou écimer sans tasser » 

L’enjambeur a progressé sans peine à 5 kms/h. « Avec des disques émotteurs, nous aurions pu monter à 9 ou 10 kms/h ». Le viticulteur avait décompacté un rang sur deux à l’automne avec des engrais verts. « Et la terre était butée et déjà un peu prise, il n’y avait pas besoin d’une puissance énorme ».

"On voit super bien ce qu’on fait "

Ce que Thierry Daulhiac a le plus apprécié, c’est la visibilité. « Dans un enjambeur classique, on est toujours trop haut. Et la cabine est sur le nez de l’engin, devant l’outil. Il faut sans arrêt pencher la tête vers le bas et d’un quart de tour vers l’arrière, c’est très inconfortable, et on ne visualise pas le bout de son rang ».

Sabi Agri a trouvé la solution en positionnant le siège plus bas et à l’arrière de son enjambeur. « Quand le porte-outil est installé au centre, on voit super bien ce qu’on fait. Et on n’est plus gêné par le moteur, caché dans les roues. On peut travailler de manière très précise de chaque côté du pied ».

Marche avant, marche arrière, vitesse, progression, guidage des roues... Sur les premiers modèles Alpo, toutes les opérations de conduite étaient commandées à l’aide d’un joystick. « J’avais essayé un interligne chez un voisin et je trouvais que c’était trop complexe. Si on se laissait divertir par quelque chose ou que l’on écoutait la radio, il fallait se mettre à cogiter en bout de rang » témoigne Thierry Daulhiac. Sabi Agri en a tenu compte. Ses nouveaux tracteurs disposent d’un volant de direction.

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