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Nouveau souffle

L’AOC Bordeaux investit 4 millions € pour relancer son site touristique

Mercredi 20 janvier 2021 par Alexandre Abellan

Siège du syndicat des Bordeaux et Bordeaux Supérieur, le site de Planète Bordeaux a été inauguré en 1998. Il avait connu une première réhabilitation en 2005.
Siège du syndicat des Bordeaux et Bordeaux Supérieur, le site de Planète Bordeaux a été inauguré en 1998. Il avait connu une première réhabilitation en 2005. - crédit photo : Planète Bordeaux
Un vaste projet de réhabilitation vient d’être acté par le syndicat de la première appellation girondine, qui souhaite appuyer la relance de sa commercialisation sur cette offre plus expériencielle et proche des consommateurs.

A mi-chemin la Cité du Vin au centre de Bordeaux et le vignoble classé UNESCO de Saint-Émilion, le site touristique de Planète Bordeaux compte bien attirer les visiteurs du vignoble à Beychac-et-Caillau (Gironde). Mais « plus de vingt ans après sa création, une réelle métamorphose était devenue indispensable » indique un communiqué du syndicat des Bordeaux et Bordeaux Supérieur.

Présidé par Stéphane Gabard, le conseil d’administration de la première AOC bordelaise (55 % du vignoble girondin) valide ce 15 décembre 2020 un projet de réhabilitation et de refonte s’élevant à 4 millions d’euros pour les trois prochaines années. Un projet que connaît bien le nouveau président du syndicat, qui a piloté ces dernières années le groupe de travail dédié à la question au sein de l'Organisme de Défense et de Gestion (ODG).

Pas de hausse des CVO

« La conjoncture pousse certains viticulteurs à ne pas investir, nous faisons partie d'une autre frange qui dit que c'est quand cela va mal qu'il faut engager des fonds pour donner de la visibilité » indique Stéphane Gabard, prônant une démarche résolument proactive. Le vigneron précise qu’il n’y aura pas de hausse des Cotisations Volontaires Obligatoires (CVO), mais la mise à profit des réserves du syndicat (« l'ODG a fait des économies ces dernièrs années grâce à la gestion des précédentes équipes »), d'aides (subventions et plan de relance) et des revenus générés par l'activité touristique (qui doit être rapidement à l'équilibre).

Maintenant son accueil d’activités professionnelles*, le projet retenu par le syndicat veut créer un « lieu expérientiel » pour le grand public. Un communiqué annonce quatre offres touristiques : la montée à l'étage et en gamme de « la Cave des 1 001 Châteaux » proposant des vins à l'achat et à la dégustation (ainsi qu’un restaurant), un film projeté à 360° pour une immersion dans le vignoble (et le quotidien de ses opérateurs), un jeu reposant sur des énigmes gustatives (pour toute la famille) et des ateliers de dégustation (« vins et fromages, vins et chocolats, vins et gastronomie… »).

"Redonner de la noblesse "

Cherchant à donner une meilleure visibilité aux vins de Bordeaux et à leurs producteurs, Stéphane Gabard souligne que le syndicat régional doit penser à la sortie de la crise sanitaire : « nous ne pouvons pas seulement réduire le potentiel de production, il faut redonner une noblesse à notre AOC. Ce n'est pas sur ce site que l'on va rétablir la commercialisation, mais il faut une vitrine qui redonne de la visibilité et de l'envie aux visiteurs et prescripteurs. »

Misant sur la reprise touristique, le futur site « sera résolument différencié par rapport aux nombreuses structures oenotouristiques qui existent déjà sur le territoire girondin » précise le communiqué, ajoutant que « le positionnement des AOC Bordeaux et Bordeaux Supérieur se veut volontairement complémentaire de la Cité du Vin en se focalisant davantage sur le métier de vigneron et de ses vins ». Confirmant qu'il n'y a pas de concurrence, mais des synergies entre les deux sites, Stéphane Gabard se réjouit des projets touristiques qui germent actuellement dans le vignoble bordelais, de Sauternes à Libourne. « S'il y a une émulation et une multiplication, Bordeaux pourra prétendre au titre de capitale oenotouristique. Une bonne rue commerçante ne se limite pas à un magasin qui marche bien, mais à plusieurs » conclut le vigneron girondin.

 

 

* : Planète Bordeaux accueille les équipes du syndicat viticole, ainsi que le Groupement de Défense contre les Organismes Nuisibles de la vigne des Bordeaux (GDON Bordeaux) et l’Association Départementale d'Étude et de Lutte contre les Fléaux Atmosphériques de la Gironde (ADELFA 33). Des dégustations d’agrément et de concours, ainsi que des assemblées générales ont également lieu dans ces locaux.

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