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Pour survivre au covid

Les vignerons indépendants veulent plus de trésorerie et moins de dettes à court-terme

Vendredi 04 décembre 2020 par Alexandre Abellan

Jean-Marie Fabre demande l’accès immédiat du vignoble au fonds de solidarité sur les mêmes critères que les secteurs dont il est le fournisseur.
Jean-Marie Fabre demande l’accès immédiat du vignoble au fonds de solidarité sur les mêmes critères que les secteurs dont il est le fournisseur. - crédit photo : Vignerons Indépendants, Luc Jennepin
En tant que fournisseur pleinement touché par la mise à l’arrêt de la restauration, la Fédération nationale des caves particulières demande au gouvernement le même soutien financier. Tout en anticipant les enjeux.

Toujours reconfinées, « les entreprises du vignoble ne bénéficient pas d’aides suffisantes à la trésorerie, pour l’instant » résume Jean-Marie Fabre, le président des Vignerons Indépendants. Faisant le bilan des nouvelles aides annoncées pour ce mois de décembre par le gouvernement, le compte n’y est pas pour la fédération des caves particulières. Se penchant sur le fonds de solidarité, les vignerons indépendants mettent en balance les aides ouvertes aux entreprises fermées administrativement cette fin d’année et celles de la liste S1 bis, où se trouvent le vignoble et les fournisseurs du réseau CHR.

Selon leurs baisses de chiffre d’affaires, les entreprises fermées administrativement peuvent bénéficier d’« une aide allant jusqu’à 10 000 € ou une indemnisation de 20 % du chiffre d’affaires 2019 dans la limite de 200 000 € par mois » rapporte Bercy. Mais pour les domaines viticoles, le dispositif se limite à une « aide de 1 500 € par mois s’ils ont plus de 50 % de pertes de chiffre d’affaires, ou qu’une aide pouvant aller jusqu’à 10 000 € par mois dans la limite de 80 % de la perte de chiffre d’affaires si, en plus des pertes actuelles de 50 %, ils ont aussi subi plus de 80% de pertes pendant le premier confinement » explique un communiqué des Vignerons Indépendants.

"Aide à court terme"

Complexe, cette double clé d’entrée au fond de solidarité pénalise le vignoble pour Jean-Marie Fabre. Faute de visibilité de reprise commerciale sur les prochains mois (qu’il s’agisse de la restauration, des salons, de l’activité touristique), « il nous faut une aide à court terme en accédant au dispositif de soutien de trésorerie sur les mêmes critères que nos clients. La liste S1 bis doit pouvoir bénéficier du même accès au fonds de solidarité » explique le vigneron de Fitou, qui « pointe du doigt le fait que la seconde période de confinement aggrave fortement les difficultés des vignerons indépendants. 80 % de nos réseaux commerciaux sont fermés. Même si l’ingéniosité permet de vendre (comme le clique et collecte), c’est très loin de rattraper le manque à gagner… »

Si les exonérations de charges patronales sur les salariés sont votées, elles ne seront pas appliquées avant 2021 ajoute Jean-Marie Fabre, qui souhaite d’autres dispositifs de soutien au vignoble. A commencer par les modalités de remboursement du Prêt Garanti par l’État (PGE). « Même s’il y a maintenant un différé de deux ans, le remboursement est court, sous 6 ans » point le président des vignerons indépendants, soulignant qu’actuellement, « la mécanique du PGE n’est pas utilisée pour développer son réseau commercial et générer du chiffre d’affaires à terme. [Le PGE permet] de répondre aux charges actuelles des salaires, des prélèvements sociaux et fiscaux. Nous nous endettons en ce moment où notre réseau commercial est fermé pour assurer nos charges. »

Pour donner aux vignerons la capacité de relancer leur activité, Jean-Marie Fabre porte une demande de blocage des intérêts du PGE dans le temps et un remboursement le plus étalé possible, à 10 ou 20 ans.

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