LE FIL

Tout le monde l'attend

Le premier capteur de rendement viticole arrive

Mardi 01 décembre 2020 par Marion Bazireau
Article mis à jour le 02/12/2020 09:31:50

Le capteur s’installe sur un quad, un tracteur ou un enjambeur. Des leds et deux caméras flashent la vigne 14 fois par mètre.
Le capteur s’installe sur un quad, un tracteur ou un enjambeur. Des leds et deux caméras flashent la vigne 14 fois par mètre. - crédit photo : Vivelys
Vivelys apporte les dernières touches à son capteur de rendement dédié au vignoble. Fixé sur un tracteur ou un enjambeur, il flashe les grappes 14 fois par mètre à n'importe quelle vitesse pour en déduire le volume de la vendange à venir.

En 2022, les viticulteurs n’auront plus besoin d’arpenter les vignes à l’approche des vendanges pour estimer leur rendement. Le capteur développé par Vivelys le fera pour eux.

« Il est doté de plusieurs leds et de deux caméras. La première évalue la distance des grappes pour en déterminer la taille, et la seconde prend des photos de très haute qualité, détaille Benjamin Boissier, responsable R&D de l’entreprise. Il s’installe facilement sur un tracteur, un quad ou un enjambeur et fonctionne tout seul pendant que le viticulteur travaille le sol ou rogne ses vignes ».

Une roue encodeuse placée sur l’axe de rotation de l’engin lui permet de s’adapter à toutes les vitesses de travail. « Le capteur prend toujours 14 photos par mètre. Si l’enjambeur accélère, l’appareil photo se déclenche plus souvent » poursuit le responsable R&D.

"97,5% des baies détectées"

En début d’année, Vivelys a éprouvé son capteur au Chili. Cet été, l’entreprise l’a fixé sur un quad pour flasher les grappes de ses parcelles expérimentales à Villeneuve-Lès-Maguelone, dans l’Hérault. Elle a aussi fait des essais à Bordeaux.

Quand la marge d’erreur d’une estimation de rendement manuelle tourne autour de 20 %, le capteur a détecté sans se tromper 97,5 % des baies. « Et nous sommes très contents de sa répétabilité. A deux jours d’intervalles, nous avons obtenu moins de 3 % de "pixels raisins" d’écart » assure Benjamin Boissier.

Seul bémol, il faut encore indiquer au capteur le ratio de baies cachées par la végétation en effeuillant manuellement 30 à 60 ceps avant de démarrer. « Nous allons faire tourner le capteur chez plusieurs viticulteurs l’été prochain pour acquérir davantage de données et automatiser ce calibrage » promet le responsable R&D.

Intelligence artificielle et deep learning

Vivelys a reçu l'aide d'une start-up spécialisée dans l'intelligence artificielle et le deep learning pour améliorer la précision de son capteur. « Puis nous avons développé un algorithme capable de convertir le poids total de raisin présent dans la parcelle à l'instant t en volume de récolte à venir en intégrant les trois millions d’analyses réalisées depuis 15 ans par notre outil Dyostem de suivi de l’évolution de la maturité » explique Benjamin Boissier.

Avant de mettre son capteur en vente à grande échelle, l’entreprise veut le confronter à un maximum de situations lors de la saison 2021. « Nous pourrions par exemple découvrir que les objectifs sont obstrués par de la poussière lors d’un travail du sol et leur rajouter des essuie-glaces » illustre le responsable R&D.

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