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Pas d'accord européen sur le sort du mancozèbe

Jeudi 30 juillet 2020 par Marion Bazireau
Article mis à jour le 31/07/2020 15:48:39

Les représentants des Etats membres ont voté au sein du Comité permanent des végétaux, des animaux, des denrées alimentaires et de l’alimentation animale (Scopaff).
Les représentants des Etats membres ont voté au sein du Comité permanent des végétaux, des animaux, des denrées alimentaires et de l’alimentation animale (Scopaff). - crédit photo : Pixabay
Parmi les Etats membres, aucune majorité qualifiée n’a été dégagée sur le sort du fongicide le 17 juillet. Un vote est reprogrammé au sein de la Commission européenne à la rentrée.

Sur proposition de la Commission Européenne, les représentants des différents Etats membres de l’Union européenne ont voté sur le renouvellement ou non du fongicide mancozèbe à la mi-juillet.  Le verdict était attendu au plus tard pour le 22 juillet.

Sans nouvelles depuis, Vitisphere a sollicité le service presse de la Commission européenne. « Le vote n’a pas été effectif » a-t-on appris ce 29 juillet. Aucune majorité qualifiée n’a donc été dégagée par le Comité chargé du vote. Le suspens reste entier.

D'après la "Task Force Mancozèbe", qui réunit UPL Europe et Indofil Industrie, un nouveau vote est prévu au Scopaff (comité permanent des végétaux, des animaux, des denrées alimentaires et des aliments pour animaux) en octobre. 

Pour rappel, le mancozèbe fait partie des ingrédients de plus de 30 anti-mildiou. La substance active est également utilisée pour lutter contre le black-rot.

"Pas de difficultés tant qu’il reste le folpel et le métirame "

Pour Eric Chantelot, directeur du pôle Rhône-Méditerranée de l’Institut Français de la Vigne et du Vin, l’interdiction du mancozèbe ne poserait pas de difficultés, « tant que les viticulteurs peuvent se procurer des produits à base de folpel ou de métirame, qui ont aussi un mode d’action multisite et ne génèrent pas de résistance au mildiou ou au black-rot. »

Or, le folpel et le métirame sont tous deux en cours de réévaluation par l’Anses. « Le premier pourrait être classé CMR et le second perturbateur endocrinien » rappelle Eric Chantelot. « Si ces trois molécules étaient interdites, et sans nouveau produit, nous serions dans une impasse du point de vue de la gestion des résistances » déclare-t-il.

« Beaucoup de sociétés tentent de trouver de nouvelles associations contre le mildiou à base de cuivre, d’azoxystrobine, ou de deux molécules à mode d’action unisite. Elles n’ont pour l’heure pas trouver de solution aussi efficace. » Contre le black-rot, le mancozèbe est souvent utilisé seul, tout comme le folpel et le métirame. « S’ils disparaissent, les vignerons devront se tourner vers les strobilurines (Qol) ou les IDM, avec un risque de résistance élevé à l’oïdium et au mildiou. »

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