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Solidarité

En Corse, les caves coopératives au secours des caves particulières

Lundi 01 juin 2020 par Juliette Cassagnes/Juliette Cassagnes
Article mis à jour le 05/06/2020 11:39:11

Eric Poli préside le Conseil interprofessionnel des vins de Corse
Eric Poli préside le Conseil interprofessionnel des vins de Corse - crédit photo : CIVCORSE
L’interprofession des vins corses a proposé aux caves coopératives d’acheter les surstocks de vins rosés invendus par les caves particulières en raison de la crise sanitaire. Explications.

Comme ailleurs, la filière vin corse a subi de plein fouet les effets de la crise sanitaire liée au Covid-19. La centaine de caves particulières a connu de fortes baisses des ventes de vins, habituées à les écouler auprès du circuit CHR et dans les points de vente locaux. « Les touristes ne sont toujours pas autorisés à venir. Habituellement, la saison commence dès avril mais elle ne démarre pas. Les caves sont en grande difficulté, avec aucun chiffre d’affaires depuis 2 mois », déplore Eric Poli, président du Conseil interprofessionnel des vins de Corse (CIVC). Ce dernier craint également pour l’avenir : « Nous n’avons aucune lisibilité pour la suite de la saison, qui est déjà bien entamée », poursuit-il.  

Mais pas question pour autant de céder à la distillation de crise, le prix proposé étant trop faible. Les élus professionnels ont réfléchi et décidé depuis plusieurs semaines de faire jouer la solidarité entre opérateurs : « Le secteur coopératif a bien fonctionné, grâce aux marchés MDD continentaux, explique Eric Poli.

"Satisfaire la demande en rosé"
 Nous leur avons donc demandé de racheter une partie des volumes de vins des caves particulières qu’elles n’arrivaient pas à vendre ». Quatre caves coopératives et le Domaine Terra Vecchia, qui vinifie environ 25000 hl, sont concernés. L’objectif de la mesure : « Absorber un maximum de volumes » des caves particulières.

Au total, environ 85 domaines sur 120 ont ou vont leur vendre du vin, pour un volume total compris entre 15000 et 20000 hl, principalement du rosé, couleur qui correspond le plus aux besoins actuels. Concernant le prix d’achat, un montant intermédiaire entre le prix du marché et le prix payé à la distillation a été proposé : entre 170 et 180€/hl pour les AOC et 130€/hl pour les IGP. Ce prix comprend une aide versée par l’Office de développement agricole et rural de la Corse (Odarc). « Il ne s’agissait pas que la solidarité se fasse au détriment des coopératives non plus, en leur coûtant trop cher », précise Eric Poli.

Autre solution mise en place par l’interprofession pour aider les caves particulières: l'instauration d'une subvention comprise entre 40 et 60%, provenant de l’Odarc, permettant d’aider les vignerons à acheter de la cuverie. « Cela servira à rentrer la prochaine vendange qui s’annonce bonne », commente l’élu. Une trentaine d’entreprises se sont montrées intéressées.

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craoux Le 01 juin 2020 à 15:22:09
Sous quelles confitions l'achat de vins par les coopératives aux caves particulières a été accordé ! .. statut de négociant ou pas ? .. quelle transparence sera préservée entre les vins produits à partir des apports des coopérateurs et ces vins probablement "usés" (on peut penser que le deal porte sur du millésime 2018) ! .. Je ne comprends pas les intentions de E. Poli ..
bourvil Le 01 juin 2020 à 14:25:33
Encore une très belle leçon de solidarité de la part de nos amis corses( du moins en ce qui me concerne), toujours mieux que la distillation qui n'est en définitive une déclaration de banqueroute de la part de la profession viticole et l'incapacité de nos gouvernants à maitrisée cette crise qui dure en réalité depuis des décennies.
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