LE FIL

Protection du vignoble

Les premiers dégâts de mildiou se généralisent dans les vignobles du Sud

Jeudi 07 mai 2020 par Marion Bazireau

Seule la région PACA reste épargnée par le mildiou.
Seule la région PACA reste épargnée par le mildiou. - crédit photo : Christelle Stef
Suite aux derniers épisodes de pluie subis par Bordeaux, Cognac et le Languedoc, les conseillers viticoles font état d’un risque élevé de développement du champignon. Le black rot est également à surveiller.

A Bordeaux, Cognac, et dans le Languedoc Roussillon, les bulletins de santé du végétal (BSV) du 5 mai tirent tous la sonnette d’alarme : la pression mildiou est très élevée.

De nouvelles tâches sont observées depuis le début de semaine dans l'ensemble du vignoble bordelais. « Suite aux pluies des 17 et 22 avril, les symptômes se sont déclarés à la fois sur les feuilles et les inflorescences. Leur fréquence reste pour l’heure généralement inférieure à 1% » indique le BSV. De gros dégâts ont toutefois été constatés dans une parcelle de l’Entre-Deux-Mers, avec 45% de ceps dotés d’au moins une tâche.

"Nouvelle dégradation pluvieuse ce weekend "

La partie est loin d’être terminée. « Les sorties de symptômes issues des pluies contaminatrices enregistrées le 25 avril et du 28 avril au 2 mai devraient s’exprimer sur feuilles dans les prochains jours. » Les vignerons sont invités à surveiller l’ensemble de leur parcellaire, d’autant plus qu’une dégradation pluvieuse est de nouveau annoncée pour le weekend.

Le vignoble est pour l’heure épargné par le black-rot, mais le modèle de l’IFV annonce des contaminations épidémiques « sous toutes pluies à venir ».

A noter que la vigne entre également dans une période de sensibilité à l’oïdium, au niveau des inflorescences. Pour ne rien arranger, les conditions climatiques actuelles, « ciel couvert ou orageux », sont favorables au développement du champignon.

Contaminations généralisées à Cognac

Dans le cognaçais, les précipitations ont atteint 68 mm sur avril, alors que les températures dépassent de 2°C la moyenne décennale. « Ces derniers jours les contaminations épidémiques se sont généralisées, et le risque potentiel mildiou est devenu fort à très fort sur la majorité du vignoble. » De nouvelles précipitations sont attendues jusqu’au 8 mai et « le risque potentiel pourrait devenir majoritairement très fort si le cumul atteint les 15 mm. »

Ces conditions climatiques sont aussi favorables au développement du black-rot, pour lequel « les contaminations épidémiques vont se poursuivre. » Le BSV alerte en outre les viticulteurs de l’ouest du département d’un risque de développement de l’oïdium.

Gros dégâts dans les Pyrénées Orientales

Tous les départements du Languedoc sont concernés par la découverte de nombreux foyers primaires de mildiou. Les Pyrénées Orientales sont sévèrement touchées, les conseillers viticoles y signalant des symptômes sur feuilles et inflorescences issus de repiquages.

Dans la région, d’après la modélisation Potentiel Système arrêtée au 4 mai, « des contaminations épidémiques virulentes sont annoncées sur les pluies annoncées les 10 et 11 mai sur Cabardès, les Corbières Occidentales, les Hautes Corbières, les Littoral, et le Minervois pour l’Aude, sur la Basse Vallée Hérault, le Biterrois, les Hauts Coteaux, la Vallée de l’Orb-Lodévois pour l’Hérault ; les Sables pour Gard, et partout dans les Pyrénées Orientales. »

Les Pyrénées Orientales sont en plus frappées par le black-rot. Des symptômes sur feuilles y sont déjà visibles dans les secteurs de la Plaine Sud Tech sur les communes de Montesquieu des Albères, Sorède, la zone littorale de la Plaine Nord Tech, et sur Canet en Roussillon. « D’autres symptômes vont apparaitre sur d’autres communes des Albères et du Vallespir. »

"L’oïdium doit aussi être surveillé"

Partout dans le Languedoc, l’oïdium doit être surveillé, « même si les cépages non sensibles ne sont pas encore touchés. »

PACA indemne

Seule la région PACA est épargnée. Aucun symptôme de mildiou ou de black-rot n’y a pour l’heure été observé.

Les conseillers préconisent toutefois la recherche de foyers primaires issus des contaminations des 21, 27 et 28 avril pour le mildiou, et des 19 et 20 avril pour le black-rot. Pour ce faire, « il faut mettre la feuille suspecte dans un sac plastique, avec un coton imbibé d’eau. » Après quelques heures (une nuit à 20 °C), les fructifications blanches caractéristiques sur la face inférieure confirment qu’il s’agit bien de symptômes de mildiou. Dans le cas du black-rot, le temps d’incubation est allongé à 4-5 jours pour voir apparaître des pycnides, des fructifications sous forme de petites ponctuations noires, sur la tâche suspecte.

Un climat plus clément dans les vignobles septentrionaux

Dans le Maine et Loire, où il fait très sec, les techniciens n’ont pas encore vu de symptômes de mildiou lors de leurs tournées. En Côte d’Or, les premières contaminations viennent tout juste d’avoir lieu et les premières tâches sont attendues vers le 11 mai. Les viticulteurs entament seulement leur premier traitement antimildiou. En Champagne, la pression est pour l’heure modérée.

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